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50 taxis électriques dans les rues de Montréal dès 2016

De son propre aveu, Alexandre Taillefer reconnaît être... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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De son propre aveu, Alexandre Taillefer reconnaît être engagé dans une course contre la montre. Il aimerait voir Montréal remporter cette course avant les villes de New York et Londres, qui ont, elles aussi, des projets de taxis électriques qu'elles souhaitent mener à terme d'ici à 2020.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

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Environnement: transport

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Une grande révolution frappera Montréal en 2016, alors que l'industrie du taxi amorcera l'électrification de ses véhicules. Ailleurs au Québec, plusieurs entreprises comptent aussi ne pas rater ce virage. »

Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

L'ambitieux projet de 250 millions visant à doter Montréal d'un parc de taxis 100% électriques progresse à très haute vitesse, à tel point que 50 véhicules commenceront à sillonner les rues de Montréal en 2016, a appris La Presse Affaires.

«Nous progressons rapidement», confirme Alexandre Taillefer, l'initiateur du projet et associé principal du fonds de capital-croissance XPND Capital, basé à Montréal.

«Nous voulons faire des tests sur ces véhicules, précise-t-il. Ces taxis prendront à leur bord des clients, et nous allons demander aux chauffeurs de nous formuler leurs commentaires.»

Le taxi vert montréalais qui sera mis à l'essai sera-t-il entièrement produit par un seul manufacturier québécois? Ou encore: utilisera-t-on la plateforme d'un véhicule électrique existant, par exemple la Tesla, produite en Californie, pour ensuite lui donner une personnalité québécoise?

«Il n'y a encore rien de déterminé, et le choix du véhicule n'est pas arrêté, répond Alexandre Taillefer. Cette décision se fera en fonction des besoins et des recommandations de l'industrie. Mais on pense qu'il y a un marché pour un manufacturier québécois aux reins solides.»

Il rappelle que Montréal pourrait servir de vitrine à l'international, avec son taxi 100% électrique. «Il s'agit de montrer comment nous sommes capables de mettre au point un véhicule technologique», fait valoir l'entrepreneur qui fait partie de l'équipe des «dragons» à la télé de Radio-Canada.

Taxelco aux commandes

Chose certaine, le projet est assis sur un solide châssis, assure-t-il.

«Nous avons créé notre propre compagnie de taxi - Taxelco (TaxiElectricCompany) - qui propose d'investir 250 millions dans une mutuelle du taxi à Montréal et ainsi de permettre à tous les acteurs de l'industrie de bénéficier des retombées économiques de ses investissements.»

Alexandre Taillefer maintient que ce projet «vert, écologique et social» contribuera à améliorer les conditions de travail et de vie des chauffeurs, qui seront au volant de véhicules «plus agréables à conduire, plus confortables pour eux et pour leurs clients».

«Les chauffeurs seront plus productifs, calcule-t-il, et ils verront leurs revenus augmenter de 20% grâce aux nouvelles technologies dont ils disposeront pour exercer leur travail.» Les taxis seront équipés, notamment, de GPS et de systèmes de télémétrie.

Tarifs hydroélectriques

De son propre aveu, Alexandre Taillefer reconnaît être engagé dans une course contre la montre. Il aimerait voir Montréal remporter cette course avant les villes de New York et Londres, qui ont, elles aussi, des projets de taxis électriques qu'elles souhaitent mener à terme d'ici à 2020. «Mais ces deux villes veulent électrifier le tiers de leur flotte, tandis que nous, c'est 100%», tient-il à préciser.

Au cours des derniers mois, il a rencontré «plus d'une cinquantaine» de partenaires et d'acteurs de premier plan. «Ce projet suscite énormément d'intérêt et d'enthousiasme», convient-il.

Il évite de donner trop de détails sur les ententes à venir avec ses partenaires, compte tenu, dit-il, des exigences de confidentialité posées par certains intervenants.

«Nous avons des éléments à valider avec la Ville de Montréal, le Bureau du taxi de Montréal, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec», ajoute-t-il. Il serait question, notamment, d'obtenir des réductions tarifaires auprès de la société d'État, compte tenu que les 4400 taxis seront de très gros consommateurs d'électricité.

À la mi-novembre, dans le cadre de l'événement «Je vois Montréal», Alexandre Taillefer croit être en mesure de dévoiler les grandes lignes de son projet, en présence du maire de Montréal, Denis Coderre, qui s'est déjà prononcé en faveur d'une industrie du taxi uniformisée, avec des véhicules aux couleurs uniques.

«On a fait nos devoirs, et tout va très vite, conclut-il. Notre modèle répond aux attentes du maire, et c'est totalement autofinancé.»

En chiffres

25 tonnes

Réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre (pour un taxi roulant à l'électricité)

120 000 de tonnes

Réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre (pour le parc de 4400 taxis à Montréal)

2000$

Consommation d'électricité annuelle (par taxi)

10 millions: consommation d'électricité annuelle (pour le parc de 4400 taxis)

Ce qu'ils en pensent...

«Mais nous sommes toujours ouverts quand il s'agit de trouver des partenaires stratégiques qui ont des projets porteurs à nous soumettre, qui créent de l'emploi et qui contribuent à la valeur de l'action.»

- Patrick McQuilken, porte-parole du Fonds de solidarité FTQ

«Selon moi, l'avenir du taxi passe par un nouveau modèle privilégiant l'électrification des véhicules, quand on voit le prix de l'essence qui ne cesse d'augmenter. Et on sait que les chauffeurs ne roulent pas sur l'or. Il faudra que le véhicule soit performant.»

- Dominique Roy, président de Taxi Diamond

«Un premier contact a été pris avec Alexandre Taillefer au cours de l'été, et les discussions vont se poursuivre au cours des prochains mois pour préciser le rôle que pourrait jouer Hydro-Québec.»

- Louis-Olivier Batty, porte-parole d'Hydro-Québec

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