Onzième texte d'une série de 13

Risque, corrélation et volatilité

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Éducation des investisseurs

Éducation des investisseurs

Si la gestion de votre portefeuille de placements vous intéresse, vous devez d'abord vous demander quel type d'investisseur vous êtes et, surtout, quelle approche de gestion vous devriez utiliser. Le débat n'est pas nouveau. Est-il préférable d'acheter des titres dans le but de les conserver longtemps, comme le font les investisseurs qualifiés de passifs ? Ou faut-il plutôt être pro-actif et modifier régulièrement la composition du portefeuille en fonction de l'évolution des conditions économiques? »

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Vous espériez obtenir un rendement de 10 % sur votre portefeuille cette année,... (Illustration Daniel Riopel La Presse)

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Illustration Daniel Riopel La Presse

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

Vous espériez obtenir un rendement de 10 % sur votre portefeuille cette année, mais il n'a été que de 5 %. Consolez-vous, car vous venez de découvrir la définition statistique du risque. C'est la possibilité que le rendement obtenu diffère du rendement espéré. Et plus cette différence est grande, c'est que plus le risque était grand.

On dit généralement que le risque et le rendement sont indissociables. Pour augmenter votre rendement, vous devez prendre plus de risque.

Où sont les risques ?

Quand vous investissez, vous faites face à des risques provenant de partout. Voici les principaux, tels que répertoriés par l'Institut canadien des valeurs mobilières :

- Le risque d'inflation qui réduit votre pouvoir d'achat et par conséquent le rendement effectif de vos placements;

- Le risque d'entreprise, c'est-à-dire l'incertitude quant au rendement de l'entreprise dont vous détenez les actions;

- Le risque politique associé à l'adoption par les gouvernements de politiques défavorables aux compagnies dans lesquelles vous avez investi;

- Le risque de liquidité que fera que vous ne pourrez peut-être pas revendre à un prix équitable le placement que vous avez fait;

- Le risque de taux d'intérêt à cause de la relation inverse entre le prix des obligations et le taux d'intérêt;

- Le risque de change qui vous occasionne une perte lorsque la devise dans laquelle vous détenez vos placements se déprécie;

- Le risque d'insolvabilité lorsqu'une compagnie dont vous détenez les obligations ou les débentures ne peut payer ses intérêts et rembourser le capital sur ses emprunts.

La corrélation

Pour gérer le risque, il faut diversifier son portefeuille, c'est-à-dire détenir plusieurs placements. Mais encore faut-il que ces différents placements ne fluctuent pas dans la même direction au même moment. Il importe donc de bien connaître la corrélation qui existe entre les différents titres qui composent le portefeuille.

Par exemple, si vous détenez les actions de deux banques, il y a fort à parier que vous être très peu diversifié. Il est probable que les deux titres fluctuent de façon assez similaire. Si c'est le cas, on dira qu'elles sont parfaitement corrélées positivement. Et l'investisseur n'aura pas beaucoup réduit son risque parce qu'il détient deux banques au lieu d'une.

Par contre, si l'investisseur détient les actions d'une banque et celle d'une compagnie aurifère, il jouit probablement d'une meilleure diversification. Les actions de la banque fluctueront en fonction d'un ensemble de facteurs économiques, alors les actions de la compagnie aurifère fluctueront surtout en fonction des variations du prix de l'or.

Lorsque deux titres fluctuent en direction opposée, on dit que la corrélation est négative. En combinant dans un portefeuille deux titres qui ont une parfaite corrélation négative, on élimine complètement le risque, c'est-à-dire que les pertes subies sur un titre seront compensées par les gains réalisés sur l'autre.

Évidemment, ce n'est pas ce que l'on souhaite, car une corrélation négative parfaite entre tous les titres du portefeuille fera en sorte que le rendement sera nul, excepté pour les revenus générés, soit les dividendes et les intérêts.

De même qu'on ne veut pas d'une parfaite corrélation positive, car le risque du portefeuille devient alors maximal.

Le bêta et l'alpha

Pour bien connaître le risque du portefeuille, il faut évaluer s'il est égal au risque à l'indice de référence. Si la composition de votre portefeuille fait que le risque est supérieur au marché, cela veut dire que vous réaliserez un rendement supérieur au marché lors des périodes de marchés haussiers. Mais aussi que vos pertes seront plus grandes lorsque les marchés baisseront.

C'est le coefficient bêta qui vous indiquera le niveau de risque de votre portefeuille. Il mesure sa volatilité comparativement à l'indice de référence. Par exemple, il vous indiquera de combien variera la valeur de votre portefeuille si l'indice de référence s'apprécie de 10 %. Votre portefeuille aura un bêta de 1 lorsque sa variation sera égale à celle de l'indice référence.

Le bêta se mesure pour chaque titre pris individuellement. Pour les titres cycliques, il sera généralement supérieur à 1, alors que pour les titres défensifs il sera inférieur à 1. Généralement, le bêta du portefeuille varie entre 0,75 et 1,40.

L'alpha est l'excédent du rendement de votre portefeuille sur celui de l'indice de référence.

La prochaine chronique: Gestion tactique vs gestion passive

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