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Conseillers juridiques
La ruée vers les entreprises
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René Lewandowski, collaboration spéciale
La Presse
«J'ai toujours eu envie de pratiquer en entreprise», raconte l'avocate de 44 ans, qui a passé 10 ans à la Banque Nationale. Depuis trois ans, elle dirige le service juridique du Groupe Investors au Québec.
Comme elle, de plus en plus d'avocats délaissent les cabinets privés pour les départements juridiques d'entreprise. Ils seraient plus de 3000 au Québec à avoir fait ce choix sur quelque 23 000 avocats inscrits au Barreau. Tellement que certaines entreprises ont aujourd'hui d'immenses départements juridiques. Celui de la Banque Royale compte 165 avocats, l'équivalent d'un cabinet canadien de taille moyenne ou d'un très gros cabinet québécois. Une centaine travaille au Canada, dont près de dix au Québec, principalement en droit civil. Celui de Bell en compte environ 70.
Pour beaucoup de conseillers juridiques d'entreprise, la pratique privée ne convient tout simplement pas. Des heures éreintantes, la pression des clients et des heures facturables... tout cela finit par peser. Non pas qu'on travaille moins en entreprise, mais la pression ne vient pas de partout.
Question de stratégie
«J'aime l'idée de travailler pour un seul client», dit Johanne Blanchard, membre de l'ACC, qui regroupe 29 000 conseillers juridiques dans le monde. Effectivement, en cabinet, un avocat sert plusieurs clients; en entreprise, il n'en a qu'un, la direction de l'entreprise.
«On est au coeur de la stratégie», dit Nadia Jubinville, 37 ans, directrice principale, Affaires juridiques Contrats, à la Banque Nationale. Elle aussi membre de l'ACC, Me Jubinville a également débuté en cabinet privé chez Stikeman Elliott puis McCarthy Tétrault avant de passer à la Banque, en 2004. Depuis 2008, elle dirige le département de cinq personnes qui s'occupe de négocier et de rédiger les ententes avec les fournisseurs externes de la banque.
Ce qu'elle apprécie en entreprise, c'est le côté pratique et proactif des conseils qu'elle prodigue aux dirigeants. «Les dirigeants veulent arriver à leurs fins, il faut être créatif», dit l'avocate, qui apprécie aussi la possibilité de voir évoluer une transaction du début à la fin. En cabinet, dit-elle, les avocats sont appelés ponctuellement et n'ont pas souvent la chance de suivre une transaction de A à Z.
Gérer les cabinets
Un des aspects importants du travail d'un conseiller juridique est justement la gestion des avocats externes... et de leurs honoraires. C'est un sujet chaud depuis quelques années, au moment où les entreprises cherchent des moyens de réduire leurs coûts. Car même si les entreprises ont des avocats à l'interne, il leur faut, de temps en temps, recourir à des cabinets privés pour des mandats précis. Comment choisir les bons avocats?
«Selon le type de dossier, on choisit les avocats pour leur expertise», dit Nadia Jubinville. Les gros contrats d'impartition de la Banque Nationale, par exemple, sont confiés au cabinet McCarthy Tétrault, reconnu dans ce domaine.
Mais un point majeur, dit Me Jubinville, c'est la qualité de la relation qui s'est développée avec l'avocat externe.
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