Entrevue avec le maire de Saguenay

Beaucoup de projets sur la table

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Portrait 2010: Saguenay-Lac-Saint-Jean

Portrait 2010: Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait partie des régions ressources du Québec. Deux grands secteurs constituent l'épine dorsale de son économie : l'industrie forestière et la production d'aluminium. »

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay.... (Photo Rémi Lemée, archives La Presse)

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Photo Rémi Lemée, archives La Presse

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay.

(Montréal) Le maire de la ville fusionnée de Saguenay, Jean Tremblay, est reconnu pour son franc-parler. Et à l'écouter, on sent son enthousiasme envers les projets de développement présentement en cours à coups de millions, dans une volonté de diversifier et d'assurer l'avenir économique de la ville.

«On a de gros problèmes avec l'industrie forestière, des problèmes qui relèvent d'enjeux internationaux, dit-il. On a longtemps été gâtés en fabriquant des deux par quatre et en les vendant aux États-Unis, mais cette époque est révolue. De plus en plus, on s'aperçoit qu'on ne peut pas vivre en vase clos. Il faut s'ouvrir sur le monde. C'est pour ça que l'on a créé Promotion Saguenay, pour réfléchir et se donner des outils pour stimuler l'économie et mieux se positionner.»

L'organisme, dont il est le président, avait cerné trois lacunes sur le plan de l'accès et des transports qui décourageaient des entreprises de s'installer dans la région: une route désuète, un aéroport trop petit et des infrastructures portuaires insuffisamment exploitées.

La route, ils l'ont eue à force d'insister auprès du gouvernement, qui a refait l'autoroute 175 du Parc des Laurentides au cours des dernières années.

Du côté des ports, on a investi 33 millions dans l'aménagement d'un quai d'escale pour les bateaux de croisière dans l'arrondissement de La Baie, ainsi que la construction d'un pavillon d'accueil inauguré en septembre dernier. «Nous voulions attirer une clientèle touristique venue de l'extérieur du Québec, et pour cela, on en est venus à la conclusion qu'il nous fallait un outil d'accueil intéressant», dit le maire.

Depuis l'ouverture du quai d'escale, près de 26 000 passagers sont venus à Saguenay. Et ce n'est pas fini: on a aussi l'intention de construire un village d'accueil, en plus du premier pavillon. À terme, l'objectif est d'attirer jusqu'à 60 000 passagers annuellement, dont on sait qu'ils dépenseront en moyenne 118$ chacun.

Du côté du port en eaux profondes, on investira également 35 millions pour allonger le lien ferroviaire et permettre au train d'y avoir accès afin de faciliter le transport de marchandises.

Aéroport et aéronautique

L'aéroport trop petit a souvent été pointé du doigt par des entreprises y voyant une raison de ne pas venir s'installer à Saguenay. D'ici deux ans, on aura remédié à la situation en investissant 20 millions.

D'abord, une nouvelle route pour s'y rendre sera construite au printemps au coût de 8,5 millions. Ensuite, on procédera à l'agrandissement du tarmac pour en tripler la superficie. Et finalement, la superficie de l'aérogare sera doublée, ainsi que le stationnement, en 2011 et 2012.

On compte aussi attirer des entreprises de l'aéronautique en créant un nouveau parc industriel de trente hectares dédié à cette industrie. Plusieurs des terrains auront accès aux pistes d'atterrissage. Sans vouloir nommer les entreprises intéressées, le maire affirme que certaines ont été courtisées et que des dossiers risquent d'aboutir prochainement.

Grâce à l'ensemble de ces nouvelles infrastructures, le maire espère positionner Saguenay comme une plaque tournante dans le cadre du développement du nord québécois projeté par le gouvernement.

Par ailleurs, la Ville construit actuellement deux centrales hydro-électriques qui avaient été détruites lors du déluge et qu'Hydro-Québec ne voulait pas conserver, Chute-Garneau et Pont-Arnaud.

«Les turbines sont achetées et nous seront livrées au printemps, et nous avons négocié un tarif pour vendre l'électricité produite à Hydro-Québec, dit Jean Tremblay. Les profits serviront au développement industriel de la ville.» Il s'agit d'un investissement de 40 millions.

Nouvelle usine

Un autre gros dossier chemine discrètement dans les officines saguenéennes: convaincre la firme norvégienne Elkem Solar de choisir Saguenay pour construire sa prochaine usine de fabrication de composantes de panneau solaires.

Le maire s'est d'ailleurs rendu en personne à Oslo pour présenter tous les avantages de sa ville aux dirigeants de la compagnie. Ceux-ci connaissent déjà Saguenay, puisque l'entreprise y possède une usine de silicium. La ville s'est classée parmi plusieurs finalistes à travers le monde pour l'obtention de l'usine.

«Il m'est interdit de vous donner des chiffres sur les investissements ou de mentionner les autres villes finalistes, car Elkem Solar ne veut pas dévoiler de détails à sa concurrence, dit Jean Tremblay. Mais je peux vous dire que c'est très gros, et que ce sera l'un des plus gros chantiers du Québec si ça fonctionne.»

La décision d'Elkem ne sera pas rendue avant plusieurs mois, car l'entreprise vient de construire une autre usine à Kristiansand, en Norvège, et souhaite roder cette dernière avant d'aller de l'avant pour la prochaine.

 

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