Une région ressource qui cherche à se réinventer

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Portrait 2010: Saguenay-Lac-Saint-Jean

Portrait 2010: Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait partie des régions ressources du Québec. Deux grands secteurs constituent l'épine dorsale de son économie : l'industrie forestière et la production d'aluminium. »

La diversification de l'économie constitue l'un des défis... (Photo Françcois Roy, archives La Presse)

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Photo Françcois Roy, archives La Presse

La diversification de l'économie constitue l'un des défis les plus importants pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sur la photo, la ville de Chicoutimi.

(Montréal) Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait partie des régions ressources du Québec. Deux grands secteurs constituent l'épine dorsale de son économie: l'industrie forestière et la production d'aluminium.

Cette dernière s'est développée grâce à l'abondante énergie hydroélectrique disponible sur le territoire, extrêmement bien pourvu en cours d'eau.

On y trouve d'ailleurs un nombre très important de barrages et de centrales, dont la majorité est de propriété privée.

Ensemble, la forêt et l'aluminium constituent près des deux tiers du secteur manufacturier de la région. D'autres secteurs, comme l'agriculture et le tourisme, occupent aussi une part non négligeable dans l'économie, mais génèrent moins d'emplois.

Pour donner un aperçu de l'importance de l'industrie forestière dans la région, soulignons qu'environ 40% de son économie est basée sur cette dernière, selon Marc Dubé, directeur général de la Conférence régionale des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Elle fournit environ 10 000 emplois, et le quart du bois coupé au Québec l'est dans la région, ajoute Clément Desbiens, économiste à la direction régionale d'Emploi-Québec.

Manque de diversification

Mais bien que la forêt et l'énergie constituent de grandes richesses, il y a un envers à la médaille: le manque de diversification rend la région plus vulnérable.

Le taux de chômage au Saguenay-Lac-Saint-Jean est historiquement plus élevé que la moyenne québécoise. En 2009, il était de 10% en moyenne, alors que le taux de chômage moyen était de 8,5% pour l'ensemble du Québec.

«Plusieurs raisons expliquent ce phénomène, dit Clément Desbiens. Notre économie est moins diversifiée que la moyenne québécoise. La croissance de l'emploi est moins forte que dans d'autres régions. Et quand des secteurs sont frappés pas la mauvaise conjoncture, la région est frappée plus fortement qu'ailleurs.»

De plus, l'éloignement géographique constitue une difficulté de plus à surmonter pour les entreprises.

L'accès aux grands marchés est plus difficile, et engendre des coûts de transport plus élevés, ce qui nuit à la compétitivité, ajoute M. Desbiens.

La nature de l'industrie forestière fait en sorte que plusieurs emplois sont saisonniers, ce qui contribue à faire gonfler le taux de chômage.

Il va sans dire que la crise forestière, qui sévit surtout depuis 2006, a fait mal.

Environ 80% des droits d'exploitation appartenaient à Abitibi-Bowater, qui s'est mise sous la protection de la loi sur les faillites en 2009. Son usine de Dolbeau-Mistassini est fermée temporairement et pour une période indéfinie.

En ce qui concerne l'industrie de l'aluminium, les changements technologiques ont entraîné une diminution du nombre d'emplois avec les années.

Au début des années 1980, la région comptait 9000 emplois dans ce secteur. Aujourd'hui, on en dénombre environ 5500.

«C'est appelé à connaître encore une baisse dans l'avenir, indique Clément Desbiens. Il faut passer par là, parce que si on ne modernise pas nos industries, elles vont disparaître complètement.»

Deux chemins

L'avenir de l'emploi passe donc par deux chemins: le développement de nouveaux secteurs à valeur ajoutée reliés au bois et à l'aluminium, ainsi que par la diversification de l'économie. Plusieurs initiatives démontrent que c'est la direction que la région est en train de prendre, petit à petit, mais il reste encore du chemin à faire.

«Nous sommes dans une période charnière, dit Marc Dubé. Il y a une grande incertitude sur ce que sera le nouveau portrait de l'industrie forestière. Mais la ressource est là et il y aura toujours des gens brillants qui trouveront des façons de l'exploiter et de lui trouver de nouvelles utilisations.»

Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour développer une industrie qui exploite pleinement tout le potentiel du bois en créant des produits dérivés à valeur ajoutée.

«Il faut faire des efforts du côté de la seconde et de la troisième transformation, et développer des produits de niche, dit Clément Desbiens. Certaines entreprises ont déjà commencé, on fabrique par exemple des poutres pour la construction. À l'Université du Québec à Chicoutimi, un projet vise à aider les concepteurs, architectes et promoteurs à utiliser davantage le bois dans la construction au lieu de l'acier et du béton, et à leur donner les compétences pour le faire.»

Du côté de l'aluminium, l'industrie de la transformation se développe bien depuis 20 ans et on a mis en place des infrastructures pour soutenir ce secteur, qui est en croissance et crée des emplois bien rémunérés. Des institutions comme le Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium, situé à Chicoutimi, et la Société de la Vallée de l'aluminium, à Alma, sont là pour soutenir ce développement.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean doit aussi relever un autre défi important: contrer le déclin de sa population.

Entre 2001 et 2006, celle-ci a diminué de 2%, alors que l'ensemble du Québec connaissait une hausse démographie de 4% pendant la même période.

La tendance tend toutefois à se résorber depuis quelques années. «Notre bilan migratoire est de moins en moins négatif, et on voit plus de gens revenir habiter ici qu'auparavant», dit Marc Dubé.

 

EN UN COUP D'OEIL

Ville de Saguenay

> 143 564 habitants

> Septième ville en importance au Québec

> 53% de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean

> Regroupe les municipalités fusionnées de Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Canton Tremblay, Lac Kénogami, Shipshaw et Laterrière.

> Secteurs dominants: aluminium et services

MRC de Lac-Saint-Jean Est

> 51 760 habitants

> 18 municipalités, dont Alma, Desbiens et Métabetchouan-Lac-à-la-Croix

> Secteurs dominants: aluminium, agriculture

MRC de Maria-Chapdelaine

> 25 494 habitants

> Douze municipalités, dont Dolbeau-Mistassini, Péribonka et Normandin

> Secteurs dominants: industrie forestière, pâtes et papiers

MRC de Domaine-du-Roy

> 31 899 habitants

> Neuf municipalités, dont Roberval, Saint-Félicien, Chambord et La Doré

> Secteurs dominants: industrie forestière

MRC de Fjord du Saguenay

> 20 596 habitants

> 13 municipalités, dont L'Anse-Saint-Jean, Petit Saguenay et Ste-Rose-du-Nord

> Secteurs dominants: industrie forestière et agriculture

 

LE SAGUENAY LAC-SAINT-JEAN EN CHIFFRES

Nombre d'habitants : 273 264

Revenu disponible par habitant: 23 093$ (2008)

509 entreprises manufacturières

Taux de chômage 9,1% (janvier 2010)

Source: L'Institut de la statistique du Québec

 

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