Le Bas-du-Fleuve mis en bouteille

L'explosion du nombre de microdistilleries aux États-Unis a... (Photo fournie par la Distillerie du St. Laurent)

Agrandir

L'explosion du nombre de microdistilleries aux États-Unis a aidé en partie à l'essor de la Distillerie du St. Laurent.

Photo fournie par la Distillerie du St. Laurent

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Portrait 2017: Bas-Saint-Laurent

Portrait 2017: Bas-Saint-Laurent

La population vieillit rapidement dans le Bas-Saint-Laurent, mais les différents acteurs de la région se distinguent par leur esprit d'entrepreneuriat et leur capacité à travailler ensemble afin d'assurer la poursuite du développement économique local. De région ressource, ce coin du Québec connaît par ailleurs une diversification de son économie. »

Martin Primeau

Collaboration spéciale

La Presse

Deux amis, une passion pour les spiritueux et un sous-sol pour les déguster. Voilà les trois ingrédients qui ont conduit à la création de Distillerie du St. Laurent. Une histoire ancrée à Rimouski, en bordure du fleuve, et écrite par des entrepreneurs qui voient loin.

L'explosion du nombre de microdistilleries aux États-Unis a... - image 1.0

Agrandir

L'explosion du nombre de microdistilleries aux États-Unis a aidé en partie l'essor de la Distillerie du St. Laurent. Photo fournie par Distillerie du St. Laurent

Au bout du fil, Joël Pelletier. L'ancien caméraman de Radio-Canada s'affaire à commercialiser son gin à l'extérieur du Québec, moins de deux ans après avoir vendu ses premières bouteilles ici.

« Il n'y a pas de frontières, indique le cofondateur de Distillerie du St. Laurent. On envoie des bouteilles en Europe, aux États-Unis et même en Australie. »

Mais pour en arriver là, il aura d'abord fallu trimer dur.

Le duo qu'il forme avec Jean-François Cloutier, l'autre cofondateur, a premièrement franchi le mur de licences et de permis qui sépare quiconque veut distiller son alcool légalement. Une affaire impliquant trois paliers de gouvernement et dix longs mois.

Puis ce fut au tour du scepticisme des investisseurs d'entraver leur route. Après tout, Distillerie du St. Laurent n'avait qu'un client potentiel en vue : la SAQ, admet Joël Pelletier. « Et en plus, on ne savait même pas s'il voudrait de notre produit », ajoute-t-il.

Le duo avait toutefois une carte dans sa manche pour les convaincre. Aux États-Unis, on venait d'assister à une explosion du nombre de microdistilleries, passant de 12 à 800 en l'espace d'une douzaine d'années.

« Ça ressemblait beaucoup à ce qui s'était passé avec l'univers des microbrasseries. On s'attendait à une effervescence similaire au Québec. » - Joël Pelletier

Son comparse et lui rassemblent finalement les 120 000 $ requis pour assembler des installations de distillation sommaires.

Puis, en août 2015, ils mettent la main sur le dernier des permis nécessaires à la production. « Ça nous laissait un mois pour développer notre recette de gin et répondre à l'appel d'offres de la SAQ », souligne-t-il.

LE FLEUVE POUR SE DISTINGUER

Heureusement, le duo s'était préparé.

« On voulait se distinguer en profitant du fleuve, et ajouter un extrait de plante de mer à notre produit », explique Joël Pelletier.

Après avoir approché l'entreprise rimouskoise Organic Ocean, et obtenu les conseils de chercheurs de l'UQAR, le duo teste différentes algues.

Le varech, « une algue qui goûte ce que ça sent », a vite laissé sa place aux laminaires, des algues qui « complémentaient bien le genièvre du gin », selon Joël Pelletier.

C'est ainsi que le Gin St. Laurent est né et que le succès est arrivé.

« La SAQ nous a rappelés le lendemain du lancement pour nous racheter des bouteilles », raconte son concepteur.

DU RHUM ET DU WHISKEY

Le duo travaille maintenant à la phase II de sa distillerie qui produira bientôt un rhum et un whiskey. Les installations devraient grandir sous peu pour le permettre.

« Notre objectif, ç'a toujours été de faire du whiskey, mais comme c'est plus long et coûteux à produire, on a commencé à se financer avec le gin. » - Joël Pelletier

Pour produire son whiskey, l'entreprise misera sur de l'orge produite localement et transformée en malt par MaltBroue de Cabano.

« On essaie de développer des partenariats avec des gens d'ici, ajoute-t-il. On regarde même la possibilité de revaloriser des terres laissées en friche pour y faire pousser des aromates comme le genièvre, la coriandre et l'angélique. »

FORCES DE LA RÉGION

« Il y a des fonds spécifiques qui sont disponibles pour les entrepreneurs qui veulent se lancer en affaires en région. Si tu démontres bien la portée de ton projet, les gens vont t'accorder leur attention rapidement. » - Joël Pelletier

DÉFIS DE LA RÉGION

« Le développement des affaires dans le Bas-Saint-Laurent a longtemps été basé sur des industries qui exploitent les ressources primaires, comme l'agriculture, la forêt et la pêche. À mon avis, la richesse provient de la valeur ajoutée que l'on peut apporter à ces ressources en les transformant. » - Joël Pelletier

«Distillerie du St. Laurent en bref 

Année de fondation : 2015

Cofondateurs et propriétaires : Joël Pelletier et Jean-François Cloutier

Employés : 5

Prochaine étape : agrandir les installations pour produire du rhum et du whiskey.»





La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer