Abitibi: les PME en renfort des mines et de la forêt

Comme dans plusieurs régions du Québec, attirer de... (Photo Martin Tremblay, Archives La Presse)

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Comme dans plusieurs régions du Québec, attirer de jeunes familles et une main-d'oeuvre qualifiée est un défi important pour des villes comme Val-d'Or (notre photo) et Rouyn-Noranda.

Photo Martin Tremblay, Archives La Presse

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Portrait 2017: Abitibi-Témiscamingue

Portrait 2017: Abitibi-Témiscamingue

Naguère région ressource axée uniquement sur le secteur primaire des mines et des forêts, l'Abitibi-Témiscamingue est en pleine mutation. Une économie circulaire s'y installe depuis quelques années. Autrement dit, le marché de l'emploi y évolue et de plus en plus de PME y voient le jour. »

Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Naguère région ressource axée uniquement sur le secteur primaire des mines et des forêts, l'Abitibi-Témiscamingue est en pleine mutation. Une économie circulaire s'y installe depuis quelques années. Autrement dit, le marché de l'emploi y évolue et de plus en plus de PME y voient le jour.

Selon Sandra Lafleur, directrice au bureau d'affaires de l'Abitibi-Témiscamingue à Développement économique Canada (DEC), un véritable écosystème d'entreprises de services et du secteur de la transformation est en train de changer le visage économique de cette région, parmi les plus vastes du Québec méridional.

« Le secteur primaire des mines et des forêts est encore très fort. Mais plusieurs nouvelles PME sont nées pour mieux servir ces secteurs, voire transformer les produits ou les résidus qui en découlent. »  - Sandra Lafleur, directrice à Développement économique Canada

Depuis quelques années, des laboratoires privés, des entreprises spécialisées dans l'exploration minière, la logistique ou la transformation de matières premières et des PME qui utilisent au maximum les résidus forestiers sont autant d'exemples démontrant la nouvelle façon de faire dans la région.

L'usine en faillite de Tembec, que la famille Cossette a relancée au cours de la dernière année à Amos, en est un exemple probant. La mise en place d'un parc forestier intégré à Val-d'Or avec, à la clé, un centre de valorisation de la fibre et une usine de cogénération devrait à moyen terme générer des investissements de 350 millions.

PLUS D'ENTREPRENEURS

Autre fait d'armes : sur 121 villes québécoises, Rouyn-Noranda et Val-d'Or figurent parmi les 35 agglomérations urbaines où l'indice entrepreneurial est en hausse, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Cela se reflète sur le taux de chômage de la région, qui a atteint un score très enviable de 5,6 % au dernier trimestre de 2016.

Pour les entreprises de Rouyn-Noranda, ville-centre de la région avec ses quelque 43 000 habitants, les grands projets de l'industrie minière sont une véritable bénédiction depuis cinq ans.

La minière Canadian Malartic investit quelques centaines de millions dans ses installations, ce qui donne beaucoup de travail aux entreprises locales. Idem pour le projet Éléonore de GoldCorp qui a notamment fait appel à une entreprise de Rouyn-Noranda pour la fabrication d'un concentrateur de minerai.

Sans oublier le projet de Falco Ressources qui vise à faire revivre la mine polymétallique Horne, laquelle a permis la création de Rouyn-Noranda. Plus de 800 travailleurs participeront aux travaux de construction. À terme, 500 nouveaux emplois permanents seront créés, indique André Rouleau, directeur général du CLD de l'endroit.

La modernisation de l'aéroport de Rouyn-Noranda, l'arrivée imminente d'un centre de radio-oncologie, la création d'un nouveau parc national, la multiplication des entreprises de transformation agroalimentaire (dont quelques nouvelles fromageries situées principalement dans le Témiscamingue) sont des signes qui ne mentent pas sur le dynamisme économique de la région.

LE GRAND DÉFI

Malgré tout, l'Abitibi-Témiscamingue connaît son lot de défis. Comme dans la plupart des régions du Québec, le manque de main-d'oeuvre qualifiée, sinon disponible, demeure son plus grand handicap. Y attirer de jeunes familles n'est pas non plus une sinécure.

Si seulement la démographie suivait la même courbe que le tourisme, affirment les intervenants économiques. Véritable paradis des activités de plein air, dont la chasse, la pêche et la motoneige, l'Abitibi-Témiscamingue attire bon an, mal an des milliers de touristes en quête d'une expérience digne de « ma cabane au Canada ».

Quatre projets dans la région

Forex investit 70 millions

Après avoir relancé en 2016 l'usine en faillite de poutres LVL de Tembec à Amos, le groupe Forex entreprend la construction d'une nouvelle usine spécialisée dans les panneaux à lamelles orientées (OSB). À ce jour, le projet de 70 millions a créé 200 emplois directs. « La clé de notre projet est la complémentarité des deux usines. Les résidus du LVL servent à fabriquer les panneaux d'OSB », explique Ioanic Cossette, dont la famille d'entrepreneurs compte 60 ans d'expérience dans le secteur forestier.

Un centre de radio-oncologie

L'ouverture d'un centre de radio-oncologie de 40 millions à Rouyn-Noranda est plus que jamais à portée de main. Confirmé par le ministre de la Santé en 2015, le projet continue à cheminer. Si tout se passe comme prévu, les travaux de construction pourraient commencer dès 2019, croit Jacques Boissonneault, PDG du CISSS Abitibi-Témiscamingue. Pour l'heure, de nombreux cancéreux de la région doivent encore se rendre à Montréal ou Gatineau pour y recevoir des traitements.

40 millions pour l'aéroport de Rouyn-Noranda

L'aéroport régional de Rouyn-Noranda a dans ses cartons un projet visant la modernisation de ses installations. Les autorités aéroportuaires sont toutefois en attente de subventions de Québec et d'Ottawa. La construction d'une nouvelle aérogare et la mise à niveau des infrastructures (traitement des eaux, stationnement, etc.) sont à l'ordre du jour. En 2014, année record, l'aéroport a enregistré 160 000 mouvements passagers. Bon an, mal an, près de 80 000 passagers y transitent pour accéder au Nord québécois.

Un nouveau parc national

Le parc national d'Opémican deviendra le 24e parc de la Sépaq. Il ouvrira partiellement ses portes en juin 2018. À terme, près de 35 millions seront investis dans cette vaste étendue de 252 km2 visant la protection du territoire représentatif de la région naturelle des Laurentides méridionales. Les quelques secteurs du parc engloberont une partie des lacs Kipawa et Témiscamingue. Après Aiguebelle, plus au nord, Opémican sera le deuxième parc national de l'Abitibi-Témiscamingue.




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