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Chibougamau se tourne vers la diversité
«Ce qui a fait la fortune de la ville, c'est le développement minier et forestier, dit Pierre D'Amour, directeur général de Développement Chibougamau. L'autre élément qui a amené des retombées positives, c'est le développement hydroélectrique dans la région.»
Créé comme village minier dans les années 50, il a dû se repositionner avec la fin de son activité minière.
«Chibougamau, c'est la porte d'entrée de la région. Le secteur des services est de plus en plus important, note M. D'Amour. Il a fallu trouver d'autres économies pour remplacer le secteur minier.»
La ville compte maintenant une université, un centre d'études collégiales, deux centres hospitaliers. Des centres gouvernementaux et des organismes installés sur place ont aussi permis de créer des emplois dans le domaine des services.
La municipalité veut continuer de développer une économie diversifiée.
«La question de la diversification est importante. Il n'y a pas juste les ressources naturelles, même s'il y a un potentiel dans les mines, les forêts, l'hydroélectricité, l'éolien», ajoute M. D'Amour.
Chibougamau compte aussi profiter des projets d'exploration minière en cours dans la région. Le prolongement de la route 167 vers les monts Otish, à 250 km au nord, est actuellement à l'étude. Des gisements de diamants et d'uranium, notamment, ont été découverts dans la région.
«On veut s'assurer que les travailleurs vont s'installer ici, dans un milieu où on retrouve les services. Le défi est de profiter de la croissance quand elle est au rendez-vous», précise M. D'Amour.
Outre les employés des mines, Chibougamau aimerait également attirer une autre clientèle: les touristes.
«Le tourisme, c'est un créneau important, dit M. D'Amour. On n'exploite pas notre plein potentiel. Il y a beaucoup de travail à faire, mais le potentiel est énorme.»
La ville mise sur la chasse et la pêche, mais aussi sur l'écotourisme, avec des activités de plein air comme les descentes de rivières en kayak et les randonnées en traîneau à chiens.
La forêt a toujours joué un rôle important dans la municipalité. Durement touchée par la crise, l'industrie mise sur de nouvelles façons de faire.
Chantiers Chibougamau
«On compte deux belles entreprises performantes dans le secteur forestier dans la région: Chantiers Chibougamau et Barrette-Chapais. Ils ont développé une expertise dans le domaine», dit André Brunet, directeur général de la Conférence régionale des élus de la Baie-James et du centre de développement local.
Chantiers Chibougamau est une entreprise familiale, fondée en 1961. Elle comptait alors 5 employés. Aujourd'hui, plus de 600 personnes y travaillent.
L'entreprise, qui a reçu l'an dernier sa certification du Forest Stewardship Council pour ses considérations environnementales, se targue de transformer le bois de la plus petite dimension au Québec.
«Au nord, on retrouve une forte concentration d'épinettes noires, explique le directeur des communications et porte-parole de Chantiers Chibougamau, Frédéric Verreault. Même si les arbres ont 100 ans, ils restent de très petites dimensions.»
La taille du bois utilisé limite celle des pièces fabriquées. «Mais la fibre est très dense», précise M. Verreault.
L'entreprise utilise un processus de bois «lamellé-collé», où de grandes lamelles sont jointes pour créer des poutres.
Ce sont ces matériaux qui ont servi notamment à la reconstruction du bar l'Barouf, sur le Plateau-Mont-Royal.
«Le lamellé-collé est très répandu en Europe, mais avec des pièces de plus grande dimension. On voit ces dernières années une progression assez marquée dans la demande au Québec», conclut M. Verrault.
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