Cris et Inuits

Des projets pour les télécoms et les mines

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Portrait 2010: Nord-du-Québec

Portrait 2010: Nord-du-Québec

Des gisements d'or et de diamants, des rivières et des monts, de longues étendues dépourvues de routes, des populations aux coutumes ancestrales, aux langues comprises par une poignée de gens... »

Au Nunavik, environ 6 Inuits sur 10 âgés... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne)

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Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

Au Nunavik, environ 6 Inuits sur 10 âgés de 25 à 64 ans n'avaient pas de diplôme d'études secondaires en 2006, selon les chiffres de Statistique Canada.

(Montréal) L'époque où les autochtones du Nord québécois vivaient uniquement de la chasse et de la pêche est révolue. S'ils tiennent encore à leurs traditions, les Cris et les Inuits sont entrés au XXIe siècle en même temps que leurs compatriotes. L'établissement d'un réseau internet à haute vitesse fait d'ailleurs partie de leurs préoccupations.

«Il y a beaucoup de projets en développement, note Alfred Loon, responsable du développement économique au sein de l'Administration régionale crie. Un des plus importants est l'amélioration des réseaux de télécommunications. Nous voulons amener l'internet à haute vitesse dans la région.»

L'internet, portail sur le monde, est déjà présent sur le territoire. Mais la lenteur du système reste problématique.

«Nous voulons le système à haute vitesse pour avoir la télééducation, par exemple», précise M. Loon.

La proportion de jeunes ne possédant pas un diplôme d'études secondaires est plus élevée chez les autochtones de la province que dans le reste de la population.

Au Nunavik, environ 6 Inuits sur 10 âgés de 25 à 64 ans n'avaient pas de diplôme d'études secondaires en 2006, selon les chiffres de Statistique Canada.

«Il y a un problème avec le niveau d'éducation de certains membres, explique M. Loon, qui parle uniquement de la communauté crie. Pourtant, la formation est accessible. Mais parfois, les gens ne veulent pas aller à l'école, pour des raisons personnelles...»

Défis

La pauvreté des communautés autochtones reste un problème.

Le taux de faible revenu des familles avoisine les 30% pour le territoire cri (Eeyou Itschee) et les 20% chez les Inuits (Nunavik).

En Jamésie, où habite la majorité des non-autochtones du Nord-du-Québec, le pourcentage est de 5%, selon l'Institut de la statistique du Québec.

«Il y a un problème de pauvreté et le taux de chômage est encore très élevé», souligne M. Loon.

Il ajoute que la communauté crie a été durement touchée elle aussi par la crise forestière, un domaine où plusieurs membres travaillaient.

«Les défis reliés à l'emploi, c'est d'avoir des emplois sûrs, à long terme», dit Jonathan Saganash, agent de communications pour la CREECO (Cree Regional Economic Enterprises Company), un organisme de développement économique pour la communauté crie.

Des efforts sont faits pour intégrer les communautés autochtones au secteur prometteur des mines, par exemple, dans le Nunavik.

Secteur minier

L'entreprise Nuvumiut developments inc., fondée en 1996, tente d'attirer les Inuits dans le secteur minier.

«Ça prend du temps, dit le directeur général Donald Cameron. Certains sont plus intéressés par la chasse et la pêche et l'argent ne semble pas être un problème. Pour d'autres, il y a la barrière de la langue.»

Il précise toutefois qu'un nombre de plus en plus élevé de jeunes inuits ont le français comme langue seconde, après l'inuktitut. Pour la génération précédente, l'anglais était prépondérant.

«Il y a toujours des formations pour inciter les Inuits à travailler dans les mines», dit le géologue Jean-Marc Séguin, directeur technique du fonds d'exploration minière du Nunavik.

Il souligne que l'objectif à la mine Raglan, dans l'extrême nord du Québec est d'avoir 50% de travailleurs inuits.

«Mais en réalité, on est plus proche du 15-18%», concède-t-il.

Qu'est-ce qui explique la réticence des autochtones à travailler dans les mines? «Peut-être les heures de travail», avance M. Séguin.

Dans le secteur minier, les travailleurs doivent quitter leur famille pour une certaine période de temps.

Ils travailleront trois semaines en région éloignée et reviendront passer deux semaines dans leur village, par exemple. Une formule qui évite de créer toute une municipalité autour d'un camp minier, qui deviendra ville-fantôme à la fin de l'exploitation des gisements.

Un éloignement rendu peut-être plus difficile pour les jeunes autochtones du fait que les Inuits comme les Cris fondent une famille à un âge moins avancé que leurs compatriotes. La population autochtone croît rapidement dans le Nord-du-Québec.

Habitation

Un rythme que le marché de l'habitation n'arrive pas à suivre.

«Les maisons sont bondées. Ça coûte vraiment cher de construire», atteste M. Loon.

«L'enjeu des logements fait partie des priorités du Plan Nord, dit la ministre Nathalie Normandeau. Pour régler le problème, ça prendrait 1000 maisons demain matin.»

La ministre des Ressources naturelles et de la Faune, responsable du Plan Nord, dit tenter de convaincre Ottawa de s'associer avec le Québec pour régler les problèmes.

Près de la moitié des Inuits du Nunavik habitent dans un logement surpeuplé, selon le recensement de 2006.

Progression

Si les défis sont nombreux dans les communautés crie et inuite, beaucoup travaillent à trouver des solutions.

«Il y a eu des partenariats majeurs. La main-d'oeuvre est en train de se créer», assure Jonathan Saganash, qui est aussi l'agent de communications d'Eeyou Power Management inc.

L'entreprise a signé une entente avec Genivar en décembre dernier pour le développement d'énergie renouvelable sur le territoire des Cris.

Les coutumes des Cris et des Inuits sont peut-être ancestrales, mais leur intégration aux activités de la province reste récente, rappelle M. Saganash.

«La Convention de la Baie-James date de 1975. Il y a 40 ans, les Cris vivaient de la chasse et la pêche. Il y a eu une évolution. On développe des expertises qui s'améliorent d'année en année.»

 

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