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Les défis du Plan Nord
Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne
Le Plan Nord mise sur le développement durable pour les secteurs énergétique, minier, forestier, touristique et du transport.
Le gouvernement Charest a annoncé durant la dernière campagne électorale la création d'un «Plan Nord» qui vise à développer les régions administratives du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord, mais aussi une partie du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le fameux plan est longtemps resté introuvable et nébuleux, suscitant les railleries des partis de l'opposition, qui ont comparé la recherche du document à la quête du Saint-Graal en octobre dernier.
La ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, responsable du Plan Nord avait tenté de corriger le tir en qualifiant le projet de «démarche».
Finalement, un mois plus tard, un site internet a été créé pour expliquer les grandes lignes du projet.
Le Plan Nord mise sur le développement durable pour les secteurs énergétique, minier, forestier, touristique et du transport.
«Le Plan Nord, c'est dans le fond un nouvel espace qu'on souhaite mettre en valeur, conserver, protéger. Ce n'est pas un plan de développement pour les cinq prochaines années. C'est vraiment un plan pour la prochaine génération. On parle d'actions pour les 25 prochaines années», souligne la ministre Nathalie Normandeau, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires.
Les détails du Plan Nord restent encore inconnus.
«Si le plan était tout fait d'avance et qu'on avait demandé seulement l'imprimatur, les gens n'auraient pas embarqué», se défend la ministre.
Grands axes
Quelques grands axes ont toutefois été déterminés. Des tables de concertation ont été mises en place pour discuter du développement et des problématiques spécifiques de la région avec les acteurs du milieu.
Le Plan Nord a créé quelques vagues dans les communautés innues de la Côte-Nord.
Cinq des neuf chefs innus ont refusé de participer au projet, estimant que leurs droits ancestraux continuent d'être bafoués par les gouvernements.
«Il y a quatre communautés innues qui ont décidé de travailler avec nous. Oui, il y a certaines frustrations de la part de certaines communautés. Mais c'est en étant autour de la table qu'on peut les résoudre», affirme Mme Normandeau.
Les autres communautés autochtones se sont jointes au projet, tout en réitérant l'importance de préserver l'environnement dans le processus.
«Nous ne sommes pas encore sûrs à 100% de ce que le Plan Nord implique, confie Alfred Loon, responsable du développement économique au sein de l'Administration régionale crie. Notre principale préoccupation avec ce projet reste la préservation des ressources naturelles. Mais nous ne sommes pas contre, nous voulons seulement être sûrs que les ententes seront respectées et que nous serons représentés. À la fin de la journée, il faut avoir un projet pour améliorer la qualité de vie et créer des emplois.»
Il ajoute en riant: «Nous sommes comme tout le monde, nous voulons faire de l'argent! Mais il faut aussi penser à l'environnement.»
Superficie
Le gouvernement a prévu soustraire 50% de la superficie du Plan Nord à toute activité industrielle.
Si Jean-Pierre Thomassin, directeur général de l'Association de l'exploration minière du Québec (AMEQ) n'est pas contre l'idée - l'organisme siège par ailleurs à la table de concertation du gouvernement - il apporte toutefois un bémol.
«La forêt, on la voit, mais pour les mines, on ne sait pas ce qu'il y a, dit-il. Actuellement une petite partie seulement du territoire est connue. C'est important avant de tout geler le territoire de s'assurer qu'on a bien évalué le potentiel.»
D'autant plus que le potentiel minier est une donnée variable: qui aurait dit, il y a quelques années, que le lithium ou les terres rares - ces métaux qui entrent dans la composition d'appareils de nouvelles technologies - seraient aujourd'hui en demande?
Contrairement aux minéraux, les arbres sont bien en vue. Tellement, qu'un groupe de travail se penche actuellement sur la possibilité de repousser la limite nordique établie par le gouvernement.
Des recommandations devraient suivre au courant de l'année.
«C'est un enjeu fondamental, souligne Mme Normandeau. Est-ce que la limite est la bonne, au point de vue scientifique? Est-ce qu'il faut ou non avoir une limite?»
Ce sont des questions auxquelles l'étude devra répondre.
Le sujet intéresse au plus haut point les forestières. «C'est un peu un dilemme de société, nuance Frédéric Verreault, directeur des communications et porte-parole de Chantiers Chibougamau.
Quand on a inondé pour créer Eastmain 1-A, on est allé récupérer les arbres, à environ 150-200 km de la limite nordique. C'était un bois de très grande qualité. Ça peut être un moteur de création de richesse. Mais il faut aborder la question en étant sensible au développement environnemental et social.»
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