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Un regain d'activités
Un pays perdu au coeur de l'Afrique? Plutôt une contrée de neige, méconnue de la majorité des Québécois, mais qui regroupe plus de la moitié du territoire de la province: le Nord-du-Québec.
Si la région évoque le froid mordant et les aurores boréales pour la plupart des Montréalais, le Nord-du-Québec est loin d'être un désert blanc.
Vrai, la région est peu densément peuplée: un peu plus de 40 000 personnes y vivent, dans un espace deux fois grand comme la France.
Le transport reste difficile et plusieurs villages ne sont accessibles que par avion.
Pourtant, le Nord-du-Québec connaît un regain d'activité, après une période tumultueuse pour ses industries forestière et minière.
«C'est une économie basée sur les richesses naturelles. Quand l'économie va bien, ça va bien. Mais quand l'économie va mal... En 2009, c'est l'industrie forestière qui a souffert le plus. L'industrie minière tournait au ralenti. Là , c'est reparti au niveau minier, avec la hausse des prix des matières premières», souligne André Brunet, directeur régional de la Conférence des élus de la Baie-James et du centre local de développement (CLD) de la Baie-James.
Trois communautés
Le Nord-du-Québec est divisé en deux administrations régionales, Kativik, au nord du 54e parallèle, et la Jamésie. Un territoire, Eeyou Istchee, regroupe plusieurs petites municipalités cries enclavées, principalement en Jamésie.
On appelle Nunavik la partie de Kativik où sont concentrés les villages inuits, au nord du 55e parallèle. Trois communautés se partagent donc le Nord-du-Québec: les Cris, les Inuits et les Jamésiens, soit la population non autochtone.
La Jamésie est la partie la plus au sud du Nord-du-Québec. On y retrouve les entreprises forestières et les mines, mais aussi les grandes centrales hydroélectriques.
La population de la Jamésie a diminué au cours des dernières années. «On a perdu des habitants dans la population non autochtone, mais la bonne nouvelle, c'est que ça semble s'être stabilisé», explique Alain Coulombe, directeur du développement économique à la Société de développement de la Baie-James.
Plusieurs villes de la région ont connu des moments difficiles au cours des dernières années.
La crise forestière, causée notamment par le conflit du bois d'oeuvre, a entraîné des fermetures d'usines, notamment à Lebel-sur-Quévillon, la municipalité qui en a le plus souffert. Environ le tiers de ses habitants ont perdu leur emploi dans l'industrie depuis 2008.
Le secteur des mines a aussi connu son lot de problèmes au cours des années. L'industrie fluctue énormément selon les cours du marché.
Plusieurs entreprises ont mis leurs projets d'exploration sur la glace, le temps que la crise économique se résorbe. Les vieux camps miniers ont ainsi regagné de l'attrait pour les sociétés minières.
«On essaie de prolonger la durée de vie des camps miniers existants pour garder les emplois. Il y a encore un potentiel minier non découvert près des mines déjà en place», note M. Coulombe.
Il souligne que 75% des camps miniers actuels sont développés autour d'anciens camps.
Kativik
Si les mines sont aussi au coeur de l'activité économique de Kativik, les entreprises forestières ne font pas partie de son paysage: tout au nord de la province, les arbres ne poussent plus.
Le directeur du CLD Kativik, Adel Yassa, voit sa région comme une île coupée de tout.
«Les 14 villages ne sont pas liés entre eux. Quand on fait un projet, il faut y penser 14 fois, et ça entraîne des coûts supplémentaires. Notre autoroute, ce sont les compagnies aériennes», dit-il.
Les marchandises arrivent dans cette partie de la province par bateau et par avion, ce qui fait rapidement grimper les prix. L'économie de Kativik repose en partie sur les transports et les services. L'entreprise Air Inuit, par exemple, emploie 500 personnes.
M. Yassa habite le Nord-du-Québec depuis 1983. L'homme d'origine égyptienne lance à la blague s'être installé dans la région pour construire des pyramides.
Le défi qui attend les Inuits dans le domaine de la construction semble presque aussi insurmontable que le défi des transports: il manque quelque 900 logements dans la communauté, selon lui.
«Ça coûte trois fois plus cher construire dans le Nord-du-Québec qu'à Montréal!» souligne M. Yassa.
Les Cris
Les villages cris sont quant à eux dispersés dans le Nord-du-Québec.
Leur population occupe donc des emplois dans des domaines divers.
Comme les Inuits, les Cris sont attachés à la terre et aux activités ancestrales de chasse et de pêche.
Eux aussi ont un problème d'abordabilité et de disponibilité des logements, puisque la population croît rapidement.
Ils ont aussi un autre point en commun avec les autochtones de Kativik: le taux de faible revenu des familles y dépasse les 20%, alors qu'il est de 5% en Jamésie.
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LE NORD-DU-QUÉBEC
EN BREF
Population: 41 479
Superficie : 718 228,6 km2
Densité de la population: 0,1 habitant/km2
Taux de chômage: 8,3%*
Taux d'emploi : 58,4%*
Taux d'activité : 63,7%*
PIB aux prix de base: 2622,2 millions
Revenu disponible par habitant: 53 527$ **
* Données désaisonnalisées en moyennes mobiles de trois mois et se rapportant aux régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.
**Chiffres pour 2008
Source: Institut de la statistique du Québec
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