Jeu vidéo

Croissance prévue de 10% cette année

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Portrait 2010: Montréal

Portrait 2010: Montréal

Grande métropole et deuxième v i l le au Canada, Montréal est la locomotive économique du Québec. »

Le secteur des jeux vidéo à Montréal reçoit... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Photo Robert Skinner, La Presse

Le secteur des jeux vidéo à Montréal reçoit l'appui des gouvernements. Sur la photo, le ministre de l'Industrie,Clément Gignac.

(Montréal) Avec la croissance phénoménale qu'elle connaît depuis quelques années, l'industrie du jeu vidéo montréalaise occupe une place enviable sur le plan international. Et ce n'est pas terminé, puisqu'on prévoit qu'elle grandira encore de 10% au cours de cette année!

«C'est vraiment un secteur où, partout dans le monde, la demande augmente de façon exponentielle, dit Martin Duchaîne, président de Techno Montréal. Les jeunes passent de plus en plus de temps devant leur ordinateur, et c'est vraiment devenu un mode de divertissement de haute qualité, avec des environnements virtuels qui donnent l'impression d'être dans un film.»

Environ 80% de l'industrie du jeu vidéo québécoise, qui compte entre 6000 et 7000 emplois, est concentrée à Montréal, dans une quarantaine d'entreprises.

Avec San Francisco et Tokyo, Montréal est devenu l'un des endroits où l'on retrouve la plus importante concentration de développeurs de jeux au monde.

À ces développeurs se greffe toute une industrie connexe et moins connue du public: les entreprises qui leur offrent des produits et des services pour tout ce qui touche l'image, le son, la traduction et ainsi de suite.

En fait, Montréal est le chef de file du jeu vidéo au Canada, avec la moitié des emplois dans le secteur, qui en compte environ 15 000 dans tout le pays.

Vers 8000 emplois

Mais ce n'est pas fini. D'ici 2011, le Québec devrait atteindre les 8000 emplois dans le jeu vidéo, et une majorité de ces nouveaux emplois sera créée à Montréal, selon Sylvianne Pilon, directrice d'Alliance jeu, organisme qui représente l'industrie au Québec.

Et même si la récession de la dernière année a causé un léger ralentissement, de nouveaux segments en forte croissance, comme celui des jeux pour les appareils de mobilité, permettent à de plus petites entreprises de se lancer dans la mêlée.

«Depuis deux ou trois ans, de petits acteurs qui sont très innovateurs font des jeux en ligne, des jeux sociaux ou des jeux sur plateformes mobiles», dit Sylvianne Pilon.

De nouvelles entreprises se créent parce que les barrières à l'entrée dans l'industrie sont moins grandes pour ce type de jeux que pour les jeux sous licence d'un film, par exemple, en termes d'investissements et de ressources humaines.»

Des jeux de qualité

Les jeux développés à Montréal sont aussi reconnus pour leur qualité.

«L'an dernier, sur les dix jeux les plus vendus dans le monde, trois avaient été développés à Montréal, dit Martin Duchaîne. Les acteurs importants de cette industrie se rendent compte que s'ils veulent réussir, il faut qu'ils viennent ici.»

Déjà, deux entreprises d'envergure mondiale ont annoncé au cours de la dernière année qu'elles venaient s'installer à Montréal: Funcom et THQ.

«C'est clair que c'est appelé à grandir parce que Montréal a des avantages comparatifs que d'autres villes n'offrent pas, dit Sylvianne Pilon. Le premier facteur d'attraction c'est la créativité et la qualité de la main-d'oeuvre, essentiellement dans le domaine des arts et des technologies. Nous avons une infrastructure de compétences très forte.»

Bien des observateurs pointent également les crédits d'impôt consentis par le gouvernement à cette industrie.

En effet, les entreprises de jeu vidéo bénéficient d'un crédit d'impôt de 30% sur la main-d'oeuvre directe et d'un 7,5% supplémentaire pour les jeux disponibles en français.

Plaque tournante

Mais même si cette mesure d'incitation fiscale est intéressante, il ne représente qu'une partie de l'équation, indique Stéphane D'Astous, directeur général d'Eidos Montréal, filiale de l'entreprise britannique qui s'est installée dans la métropole en 2007.

«Les entreprises viennent ici parce que Montréal est une plaque tournante, dit-il. La masse critique est là, et l'important, c'est qu'elle grandisse année après année pour qu'elles puissent envisager de rester à long terme. Un investisseur veut arriver là où il y a des talents. Montréal est une ville très créative avec une industrie du film respectable, une industrie de l'animation et des effets spéciaux. C'est un endroit très stimulant et nous avons un bel historique dans le développement des technologies, avec, par exemple, des grandes entreprises comme Softimage et Autodesk.»

S'ajoutent à cela des coûts opérationnels imbattables, selon M. D'Astous.

«Le coût de la vie est particulièrement bas comparativement à d'autres grandes villes. Cela coûte entre deux et trois fois et demie moins cher de s'installer ici, en main-d'oeuvre, en immobilier, en services et en produits de toutes sortes.»

Un autre atout distingue Montréal, un peu plus intangible, mais bien réel, selon lui: la position unique de Montréal en tant que métropole d'une société dont les habitudes chevauchent deux cultures, l'américaine et l'européenne.

«Géographiquement, on est situé dans une très belle position, dit-il. On vit et on travaille au rythme nord-américain, avec une culture de résultats et un rythme rapide, mais on jouit en même temps de valeurs européennes. Quand les investisseurs viennent ici, ils trouvent que l'on a le meilleur des deux mondes, et se sentent parfaitement à l'aise à Montréal.»

Pour conserver son avantage concurrentiel, le Québec doit toutefois maintenir les incitatifs fiscaux, croit Sylvianne Pilon.

«C'est essentiel qu'il soit maintenu et même bonifié, puisque ce modèle est de plus en plus copié à l'étranger et dans les autres provinces canadiennes, surtout en Ontario et en Colombie-Britannique, qui nous font la compétition pour attirer cette industrie.»

 

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