La locomotive du Québec

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Portrait 2010: Montréal

Portrait 2010: Montréal

Grande métropole et deuxième v i l le au Canada, Montréal est la locomotive économique du Québec. »

Grande métropole et deuxième ville au Canada, Montréal est la locomotive... (Photomontage La Presse)

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Photomontage La Presse

(Montréal) Grande métropole et deuxième ville au Canada, Montréal est la locomotive économique du Québec.

En incluant la région métropolitaine, son PIB compte pour près de la moitié de l'ensemble du PIB québécois. Son économie, très diversifiée, procure plus de 1 million d'emplois sur le territoire de l'agglomération, qui compte 1,9 million d'habitants.

Ces emplois sont majoritairement répartis dans le secteur tertiaire, que ce soit dans la santé, les assurances, les services publics et administratifs, le génie-conseil, les sciences et technologies, l'hébergement, la restauration, la culture, les loisirs, les communications, la publicité, le design, les transports ou les finances.

Le secteur de la fabrication, pour sa part, est notamment dominé par l'aérospatiale, les produits pharmaceutiques, le vêtement, l'imprimerie, les produits informatiques et électroniques et le matériel de transport.

«La diversité de la base économique de Montréal constitue sa plus grande force, dit Mario Polèse, professeur et chercheur au Centre urbanisation, culture et société de l'Institut national de recherche scientifique. Au contraire de Toronto, dont l'économie est trop spécialisée parce qu'elle repose beaucoup sur le secteur financier et qu'elle est très dépendante de la région qui l'entoure, basée sur l'industrie automobile, Montréal s'est très bien tirée de la dernière récession.»

Économie du savoir

Si l'on se reporte il y a 50 ans, on constate que Montréal a évolué d'une économie manufacturière vers une économie avancée, fondée sur le savoir et les services.

Dans les années 40 et 50, le manufacturier fournissait de 30% à 40% des emplois, Aujourd'hui, cette proportion n'est plus que d'environ 13%.

Cette tertiarisation de l'économie montréalaise s'est amorcée au milieu des années 50 et s'est presque continuellement accentuée par la suite.

C'est ainsi que Montréal, depuis 1981 a perdu plus de 30 000 emplois dans l'industrie du vêtement, et, respectivement, autour de 15 000 emplois dans l'industrie ferroviaire et le textile.

Par contre, la ville a gagné 35 000 emplois dans les services informatiques, 26 000 dans le génie-conseil et autres services de consultation, et 11 500 dans la gestion-conseil, selon les données compilées par M. Polèse et son équipe.

La transition économique de la métropole se mesure aussi à un autre niveau, explique l'économiste: de plus en plus, pour les biens et les services, les marchés internationaux alimentent une part grandissante de la production.

Que l'on pense, par exemple, à l'aéronautique, aux jeux vidéo, aux projets internationaux pilotés par les grandes firmes de génie ou aux produits culturels qui font le tour du monde, comme le Cirque du Soleil.

D'autre part, parmi les avantages qui permettent à Montréal d'attirer les entreprises sur son territoire, mentionnons des coûts de main-d'oeuvre généralement plus bas que dans les autres grandes villes canadiennes, ainsi qu'une qualité de vie que l'on peut qualifier d'excellente.

Transition en marche

Pourtant, malgré ses atouts indéniables, la métropole québécoise ne réussit pas aussi bien que les autres grandes métropoles canadiennes et américaines, et sa transition vers une économie du savoir véritablement performante n'est pas complétée, constate Mario Polèse. «Si on compare la croissance de l'emploi des trois dernières décennies avec celle des autres grandes villes canadiennes, Montréal tire la patte, dit-il. Elle performe toujours en deçà de ce que font Toronto, Vancouver, Ottawa, et même, depuis quelques années, Québec.»

Parmi les facteurs en cause, le niveau de scolarisation arrive en tête, selon lui.

«On se vante toujours d'être une ville de savoir, dit le chercheur. Mais toutes les grandes villes se vantent de l'être! En fait, si l'on compare notre niveau de scolarisation à d'autres grandes villes nord-américaines, on constate que l'on a une main-d'oeuvre bien formée, mais en deçà de la moyenne canadienne et nord-américaine. C'est en partie l'héritage de la sous-scolarisation historique des francophones, qui est long à corriger.»

Quelques chiffres à cet égard: en 2006, 26,5% des Montréalais âgés de 25 à 65 ans détenaient un diplôme d'études universitaires, selon le Bulletin de la Communauté métropolitaine de Montréal. À Toronto, il était de 33,6%; de 34,8% à Atlanta et de 44,6% à Boston.

«On a vraiment un problème majeur de financement en éducation et la qualité générale de notre système scolaire et de nos universités est insuffisante, dit Mario Polèse. Dans une économie moderne, l'élément clé du succès est vraiment le capital humain. C'est là-dessus que Montréal va réussir ou échouer, et c'est là-dessus qu'il faut travailler.»

 

LA RÉGION ADMINISTRATIVE DE MONTRÉAL EN BREF

Superficie totale: 498,2km2

Population: 1,9 million d'habitants 931 000 emplois

Taux de chômage: 10,1% (février 2010)

Revenu disponible par habitant: 25 629$

9626 établissements manufacturiers

Source : Institut de la statistique du Québec

 

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