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Ferrinov signe une entente avec Univar
Photo Alain Roberge, archives La Presse
L'entente avec Univar, annoncée le 25 janvier, représente un grand pas en avant. Univar, qui a enregistré des ventes de 9,4 milliards en 2008, représente une force de vente énorme, fournissant des produits à environ 250000 clients répartis en Amérique du Nord, en Europe et en Chine

Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse
Une bonne nouvelle pour l'entreprise, qui pourra ainsi optimiser son usine.
Mais c'est aussi une bonne nouvelle pour les fabricants de peinture canadiens, selon Louis Archambault, PDG de Ferrrinov. Car les pigments, qu'il qualifie de «verts», sont fabriqués à l'aide d'une nouvelle technologie brevetée qui permet de valoriser les résidus de poussière métallique en provenance des aciéries. Ils sont donc plus écologiques que les pigments anticorrosifs traditionnels.
«Ils redonnent vie à une matière résiduelle qui ne pouvait pas être valorisée auparavant, explique le président. Normalement, les aciéries enfouissent ces résidus, ce qui entraîne des coûts de gestion. En les transformant en produit à valeur ajoutée, on remet du matériel dans le circuit industriel. En plus de le détourner des lieux d'enfouissement, cela permet d'éviter d'aller chercher de nouveaux métaux dans les mines.»
Ce sont donc les résidus d'une des usines d'ArcelorMittal de Contrecoeur, et ceux d'une autre aciérie située en Ontario, qui fournissent le matériau de base à l'entreprise.
Mais ce n'est pas tout: le procédé développé par Ferrinov consomme seulement 15% de l'énergie utilisée par les procédés conventionnels, qui datent de la fin du XIXe siècle.
«On a une nouvelle façon de faire qui est hydro-métallurgique, explique M. Archambault. Les méthodes traditionnelles étaient pyrométallurgiques. On devait amener les résidus au point de fusion et les homogénéiser dans un four, ce qui prenait une quantité excessive d'énergie produite avec du combustible fossile.»
Le nouveau procédé, mis au point par le docteur Maurice Morency, géochimiste, fait appel à un traitement en milieu aqueux, c'est-à -dire dans des bassins contenant de l'eau mélangée avec des produits. Selon l'entreprise, cela permet d'éviter l'émission de 4,5 tonnes métriques de gaz à effet de serre par tonne de pigments produits par rapport aux anciennes méthodes.
Grand pas en avant
Déjà , en juin dernier, Ferrinov avait signé une entente avec la société Wonder Technology pour la distribution d'environ 6000 tonnes de ses pigments «verts» en Chine, dont la commercialisation a commencé en 2008, après dix ans de recherches.
L'entente avec Univar, annoncée le 25 janvier, représente un grand pas en avant. Univar, qui a enregistré des ventes de 9,4 milliards en 2008, représente une force de vente énorme, fournissant des produits à environ 250 000 clients répartis en Amérique du Nord, en Europe et en Chine.
«Ça prend des gens qui ont des capacités scientifiques pour parler aux clients, dit M. Archambault. Leurs représentants sont issus de l'industrie et ont des contacts bien établis auprès des fabricants de peinture canadienne. C'est un grand avantage.»
Car les pigments anticorrosion de Ferrinov ne sont pas destinés à la peinture que l'on peut se procurer à la quincaillerie du coin! Ils sont plutôt utilisés dans celle qui recouvre les grandes structures, comme les ponts, les raffineries et les navires. C'est pourquoi les effets de l'entente ne se feront pas sentir immédiatement à l'usine de Sorel-Tracy, mais plutôt à moyen terme.
«On devrait voir les volumes de ventes augmenter de façon significative, mais le cycle de vente est très long pour ce genre de produits, explique le PDG. Quand on décide de repeindre un pont, vous comprendrez qu'avant de donner le mandat à un entrepreneur, les décideurs en place ont la responsabilité de s'assurer que cette peinture est capable de résister longtemps, car les coûts sont énormes. Même si on arrive avec des arguments solides, le devoir des compagnies de peinture est de ne pas nous croire immédiatement. Ils font toute une batterie de tests pour simuler le vieillissement et les conditions de corrosion afin de voir jusqu'à quel point les pigments vont résister, et ces tests durent facilement un an. C'est cette dynamique qui nous attend au cours de la prochaine année.»
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