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Grand pas en avant pour Mosaik Shoes
Photo fournie par Mosaik Shoe
Vincent Cabana, Patrick Gaudreau et Simon Larochelle semblent présenter des chaussures de travail ordinaires, mais il n'en est rien. Les trois associésont mis au point des bottes de travail capables de dissiper les charges électrostatiques néfastes aux circuits imprimés des ordinateurs, notamment.

Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse
Bon an, mal an, l'électricité statique présente dans les usines cause des pertes estimées à 84 milliards dans le monde, en raison, notamment, des courts-circuits et des risques d'explosions et d'électrocution qu'elle provoque.
Patrick Gaudreau, 36 ans, et Simon Larochelle, 30 ans, se sont connus alors qu'ils travaillaient pour l'entreprise familiale des parents de Simon, le magasin ST Industriel à Granby, qui a une division de bottes de travail. Ils faisaient déjà du design de chaussures.
C'est après avoir entendu parler des problèmes reliés aux souliers électrostatiques utilisés à l'usine IBM de Bromont qu'ils ont décidé de résoudre cette problématique.
«Les chaussures de travail utilisées dans ce type d'entreprise sont d'une efficacité plus ou moins constante», dit Patrick Gaudreau, chargé du développement des affaires de Mosaik Shoes.
Il fallait inventer une puce capable d'analyser le taux statique de la personne portant la chaussure afin de réagir immédiatement pour ajuster le débit d'électricité et le dissiper.
Mais la recette n'était pas si simple à mettre au point. Il leur aura fallu quatre ans et près de 500 000$ en frais de recherches et développement pour trouver la bonne façon de faire et les composantes idéales pour fabriquer une puce qui réponde exactement à leurs exigences.
«Les souliers électrostatiques déjà sur le marché peuvent dissiper des charges à partir d'environ 60 volts, mais on est descendu jusqu'à des charges aussi petites que 6 volts, dit Patrick Gaudreau. C'est intéressant pour des industries comme IBM, qui brisent des pièces à cause de ce problème.»
Potentiel commercial
Les efforts en auront valu le coup, car le potentiel commercial est énorme.
Le produit peut être utile dans 14 industries différentes, dont l'électronique, le médical, le pharmaceutique, le militaire et le textile.
Déjà , ils ont signé des ententes avec des partenaires dans huit pays et le Stat Stopper sera sur le marché au début de 2011, peut-être même à l'automne prochain à certains endroits.
L'invention, pour laquelle ils ont obtenu des brevets pour 21 pays, sera vendue à des grands fabricants de chaussures de travail au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, en France, au Mexique, en Australie, en Israël et en Corée.
Ces partenaires, ils les ont dénichés eux-mêmes, un à un, en faisant le tour des foires commerciales de la planète.
«Ils vont insérer le Stat Stopper dans leurs chaussures et nous allons les assister dans l'intégration de notre technologie», précise Simon Larochelle, directeur technique.
Au cours des cinq prochaines années, les deux jeunes entrepreneurs anticipent des ventes d'environ 6 millions. Pas mal pour une invention qui se vend à 3,25$ la pièce!
Mais ils ont bien l'intention d'y aller une étape à la fois. Pour l'instant, leur petite entreprise ne compte que trois employés: eux-mêmes, et leur infographiste, Vincent Cabana.
«On veut y aller graduellement au cours des prochaines années, c'est un travail de longue haleine et un projet qui a beaucoup de potentiel, dit Patrick Gaudreau. Parmi nos nouveaux partenaires, certains vendent dans plusieurs pays. Il y en a aussi d'autres intéressés, peut-être même l'armée américaine.»
En même temps, ils ont trois autres produits en instance de brevet. Pour assurer le financement de l'entreprise, ils comptent sur les profits générés par les ventes d'une bottine de travail qu'ils ont dessinée en 2007.
«On appelle la botte des bottes, et elle est vendue par Royer. C'est devenu l'une des plus vendues au Canada, dit Simon Larochelle. Elle réunit toutes les propriétés que l'on souhaite, par exemple, une doublure antimicrobienne. Les ventes amènent de l'eau au moulin.»
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