Une microbrasserie veut revitaliser un village

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Portrait 2010: Mauricie

Portrait 2010: Mauricie

La Mauricie est le berceau de l 'industrialisation au Québec, sinon au Canada. »

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Les deux propriétaires de la microbrasserie Les bières... (Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale)

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Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale

Les deux propriétaires de la microbrasserie Les bières de la Nouvelle-France, Marc Lessard et sa conjointe Martine, veulent revitaliser la municipalité deSainte-Angèle-de-Prémont, qui figure sur la liste des villages dévitalisés du Québec.

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    Stéphane Champagne. collaboration

(Montréal) La microbrasserie Les bières de la Nouvelle-France (BNF) s'est fixé un objectif hors du commun: revitaliser le village de Sainte-Angèle-de-Prémont, qui figure sur la liste peu glorieuse des villages dévitalisés du Québec.

Le Québec compte actuellement 173 municipalités dévitalisées. Il s'agit d'endroits de moins de 1000 habitants où l'on retrouve un nombre important de personnes âgées et où il y a de moins en moins de services (école, épicerie, station-service, caisse populaire, etc.).

La Mauricie compte sept villages dévitalisés, dont trois (Saint-Alexis-des-Monts, Saint-Édouard-de-Maskinongé et Sainte-Angèle-de-Prémont) sont situés dans la MRC de Maskinongé. Marc Lessard, président et fondateur de la microbrasserie BNF vient d'acheter une ferme abandonnée de 92 acres à Sainte-Angèle. Son objectif: créer une zone sans gluten, un territoire brassicole et une sorte de corridor écologique.

Bref, il veut cultiver ses propres céréales (orge, blé, sarrasin, riz sauvage, millet, etc.) et être autosuffisant. Et il compte créer d'immenses potagers et autres jardins d'eau écologiques dans le but d'attirer une partie des milliers de vacanciers qui transitent par Sainte-Angèle (et donc par la route 350) pour se rendre dans les établissements hôteliers situés au nord de la MRC, dont le prestigieux hôtel Sacacomie.

«Je veux que Sainte-Angèle soit un modèle qui va prouver qu'un village dévitalisé peut changer. C'est plein de terres abandonnées ici. Notre région va devenir une grande vitrine. Il y aura des plantes médicinales, des fleurs sauvages, mais aussi un musée», explique Marc Lessard qui, avec sa conjointe Martine, a investi près de 800 000$ dans le projet.

Son but est évidemment de relancer l'économie de la région, mais aussi de devenir une région sans gluten qui connaîtra un rayonnement mondial. Car, rappelons-le, la microbrasserie Les bières de la Nouvelle-France est avant tout reconnue pour ses deux bières sans gluten vendues sous la marque La Messagère.

Selon Marc Lessard, entre 1% et 2% de la population mondiale souffrirait de la maladie de coeliaque (intolérance au gluten).

Les produits de BNF sont vendus partout au Québec, de même que dans quelque 500 points de vente aux quatre coins du Canada. La PME de 25 employés cherche maintenant à exporter ses produits. Mais elle doit composer avec deux obstacles de taille: la concurrence et la durée de vie limitée de ses bières, ce qui, dans ce dernier cas, restreint les possibilités d'exportation.

«On ne peut pas dormir sur la switch. Nous avons de plus en plus de concurrents (notamment en Colombie-Britannique et aux États-Unis) qui fabriquent de la bière sans gluten. Nous devons donc aller plus loin que les autres. Développer une zone sans gluten sera une façon d'y arriver. L'autre façon, nous y travaillons en ce moment. Nous tentons de créer une bière qui fermentera dans sa bouteille, ce qui augmentera sa durée de vie», explique Marc Lessard.

La zone brassicole et écologique de Marc Lessard et de son équipe sera en activité dès ce printemps, alors qu'on y sèmera des céréales. La mise en place du musée et de l'accueil se poursuivra au cours de l'été, si bien qu'en automne, au moment des récoltes, elle pourra accueillir ses premiers visiteurs.

 

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