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Six MRC, six réalités
Photo archives La Presse
La Cité de l'énergie fait partie des attraits touristiques les importants de la MRC de Shawinigan.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse
Trois-Rivières. Avec ses 126 000 habitants, c'est la ville phare de la Mauricie. En 2009, elle célébrait son 375e anniversaire de fondation. Les pâtes et papiers, où les pertes d'emplois ont été importantes au cours des 10 dernières années, y occupent encore une place importante avec près de 1500 personnes qui travaillent dans le secteur. La région se targue d'ailleurs d'être un pôle d'excellence mondial dans la technologie et la production de pâtes et papiers.
Mais depuis deux ans, la ville diversifie son économie, notamment dans les secteurs de l'aviation. Dans la foulée, elle a investi 10 millions dans son aéroport. Des secteurs aussi hétéroclites que la production de meubles, l'électronique et la plastico-thermologie pèsent lourd dans l'économie locale. Sans compter la grappe industrielle dans le secteur de transformation des métaux léger, de même que les centres de recherche associés à l'environnement, l'énergie, l'hydrogène et la biotechnologie.
L'élément qui suscite le plus de débats en ce moment: le projet Saint-Laurent-sur-le-Lac. Piloté par le maire Yves Lévesque, ce méga-projet devrait être érigé sur un terrain décontaminé de trois millions de pieds carrés à la jonction du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Maurice. Évalué à quelques centaines de millions de dollars, il comprend la construction d'un amphithéâtre de 10 000 places, d'un musée dédié aux pâtes et papiers et l'aménagement de 1000 unités en copropriété.
Par ailleurs, la présence, de l'autre côté du fleuve, du parc industriel et portuaire de Bécancour, est un atout pour Trois-Rivières, croit Christian Savard, directeur général de la conférence régionale des élus (CRE) de la Mauricie. «Plusieurs Mauriciens s'y rendent tous les jours pour y occuper des emplois de qualité. C'est un certain gage de stabilité pour nous, un complément à notre économie», dit-il.
Shawinigan. Pour paraphraser le directeur général de la CRE de la Mauricie, Shawinigan est en plein virage économique et mise sur la diversité. Dans cette ville fusionnée de 51 900 habitants, on cherche en effet à ne plus être uniquement tributaire des secteurs des pâtes et papiers et de l'aluminerie. Selon François St-Onge, directeur des communications de la ville, l'entrepreneuriat, la valeur ajoutée et l'innovation sont l'avenir de Shawinigan. Un premier forum sur l'entrepreneuriat a d'ailleurs eu lieu l'automne dernier.
L'arrivée en 2009 du Centre de transfert en efficacité énergétique, lequel est associé au Laboratoire des technologies de l'énergie (LTE) d'Hydro-Québec, représente un ajout important à l'économie de la région. Grâce à cet établissement de 28 millions, on cherche à valoriser les résultats de recherches sur l'énergie. «C'est prometteur et on compte sur des spin-offs issus de la recherche qui s'y fera», explique Christian Savard.
Par ailleurs, la Cité de l'énergie et le parc de la Mauricie font partie des attraits touristiques les importants de la MRC. Ils attirent des dizaines de milliers de visiteurs par année.
La Tuque. Cette MRC ne compte que 15 000 habitants, soit huit fois moins que Trois-Rivières. Mais son territoire est environ trois fois plus grand que les cinq autres MRC de la Mauricie réunies. Cet immense territoire est rempli de potentiel, notamment d'un point de vue minier, croit M.Savard. L'entreprise de pâtes et papier Smurfit-Stone y compte 700 emplois. Et les choses semblent s'améliorer pour elle, dit le directeur général de la CRE.
Ce berceau de la chasse et de la pêche est l'hôte du gigantesque réservoir Gouin. Des centaines de pourvoiries et de ZEC ont élu domicile sur cette vaste région portant le nom tout trouvé de Haute-Mauricie. Deux territoires autochtones appartenant aux Attikameks, c'est-à -dire ceux de Wemotaci et d'Obedjiwan, s'y trouvent. Ce dernier exploite une scierie en collaboration avec AbitibiBowater.
Maskinongé. Ce territoire à vocations touristique, agricole et forestier, est le troisième en importance en Mauricie, avec une population de 35 640 personnes. Sa ville-centre est Louiseville, en bordure du fleuve Saint-Laurent. C'est là que se trouve d'ailleurs la majorité des entreprises manufacturières de la MRC. Parmi celles-ci: Chemise Empire, un fabricant de chemises d'uniformes qui existe depuis 115 ans et qui, incidemment, survit à la crise du textile qui touche le continent. On compte également la présence de Bermex et ses 575 employés. Cette PME se targue d'être l'un des plus grands fabricants de mobiliers de salle à dîner et bistro en Amérique du Nord.
La région de Maskinongé est également caractérisée par la présence, au nord, d'importants établissements hôteliers. L'hôtel Sacacomie (qui vient d'investir dans un nouveau spa nordique avec des technologies dites «vertes») et la pourvoirie du lac Blanc attirent bon an mal an des milliers de vacanciers, d'un peu partout, notamment d'Europe.
Des Chenaux. Selon Christian Savard, la MRC des Chenaux est avant tout un territoire de villégiature. Bref, c'est là où les gens vont se reposer. Avec ses 16 495 résidants, elle compte principalement des résidences privées le long du fleuve Saint-Laurent. Sa capitale régionale, Saint-Narcisse, compte quelques entreprises manufacturières, notamment dans le secteur du bois et de l'usinage. La région est également connue comme la capitale mondiale du petit poisson des Chenaux. Depuis 50 ans, dans la municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade, la rivière Sainte-Anne devient l'hôtel d'un village de pêche qui attire au-delà de 100 000 visiteurs.
Enfin, c'est dans la MRC des Chenaux, et plus particulièrement dans la municipalité de Champlain, que l'entreprise Junex a découvert des gisements de gaz naturel, qui seront exploités lorsqu'on aura trouvé une façon de fragmenter le roc dans lequel le gaz est emprisonné.
Mékinac. Il s'agit de la plus petite des MRC avec quelque 12 675 âmes. À l'instar de la MRC de La Tuque, elle connaît une baisse démographique d'environ 5% depuis 10 ans. Les ressources naturelles, le tourisme et l'agrotourisme sont les principaux moteurs économiques de la région. Saint-Tite est à n'en point douter l'une des municipalités les plus connues sur le territoire. La réputation du Festival western de Saint-Tite, de même que celle du fabricant de bottes Boulet, dépassent les frontières du Québec.
Le potentiel minier dans Mékinac serait intéressant, plus particulièrement en matière de pierre architecturale (marbre et granit). La CRE souhaite voir s'établir des entreprises de transformation sur son territoire. Aussi, la prospection d'or aurait repris depuis peu dans l'ancienne mine de Notre-Dame-de-Montauban.
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