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Un centre de nanobiotechnologies d'envergure internationale

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse
L'INRS (Institut national de recherche scientifique), l'une des 17 universités québécoises, y est présente depuis 40 ans. Et elle se prépare à mettre sur pied un centre de recherche sur les nanobiotechnologies d'envergure internationale.
Selon Daniel Coderre, directeur général de l'INRS, le projet est très avancé. «D'ici quelques mois, nous allons créer une chaire (NDLR: mise en place d'un professeur titulaire qui officialise un programme). Nous voulons prendre un positionnement international, créer un momentum», dit-il.
Laval ne peut faire autrement que de prendre de telles initiatives si elle veut rester dans la course, indique M.Coderre. «Afin de combler les besoins de l'industrie scientifique dans le monde, il va y avoir 20 000 demandes pour le doctorat au cours des prochaines années. Le maraudage entre les pays et les universités sera très fort. Pour aller chercher les meilleurs scientifiques, il va falloir créer des environnements porteurs, des endroits où il y aura des interfaces avec l'industrie. Notre nouveau centre de nanobiotechnologies s'inscrit dans cette démarche», explique-t-il.
L'INRS est une université consacrée à la recherche et à la formation aux deuxième et troisième cycles, soit la maîtrise, le doctorat et le post-doctorat. Elle compte quelque 160 professeurs-chercheurs et environ 700 étudiants répartis dans quatre centres à Montréal, Québec, Laval et Varennes.
Le campus de Laval est spécialisé en santé, alors que celui de Varennes se consacre aux nanotechnologies, c'est-à-dire l'étude et la manipulation de la matière à l'échelle atomique, moléculaire et macromoléculaire.
«Contrairement à la plupart des autres universités, qui travaillent souvent en vase clos, nos campus travaillent de façon multidisciplinaire. Nous allons une fois de plus le prouver en mariant notre grande expertise dans les nanotechnologies avec le secteur de la santé», explique M.Coderre.
Le directeur général de l'établissement universitaire préfère ne pas avancer de chiffres relatifs aux coûts associés à la mise en place du centre de recherche en nanobiotechnologies, lequel fera partie de la Cité de la biotech, fleuron lavallois de la recherche scientifique, où sont notamment établis plusieurs géants de l'industrie pharmaceutique.
Laval est le plus gros campus de l'INRS. Il est connu sous le nom de Centre INRS-Institut Armand-Frappier et compte quelque 150 étudiants, 40 professeurs-chercheurs et 200 employés.
L'institution est dans le peloton de tête des universités canadiennes pour son intensité en recherche (subventions par professeur).
«Notre modèle est intéressant de par la disposition physique que l'on a. Sur le campus de Laval, nous avons à la fois la recherche fondamentale, la recherche appliquée, les équipements hautement spécialisés et reconnus internationalement, les grands laboratoires de services, dont celui sur le dopage, mais aussi celui d'histocompatibilité qui fait des analyses de compatibilité entre les donneurs et les patients en attente d'une greffe d'organe. C'est un labo ouvert 24 heures sur 24», explique M.Coderre.
L'INRS Laval est effet très connu en raison de l'expertise développée par l'équipe de la professeure Christiane Ayotte pour lutter contre le dopage sportif. Le laboratoire de la professeure Ayotte - un des plus perfectionnés au monde pour le contrôle du dopage sportif - a été retenu par le COVAN pour mener à bien toutes les analyses pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver.
L'université lavaloise se spécialise dans cinq principaux domaines de recherches: les microorganismes, le système immunitaire, les effets néfastes des polluants sur la santé, la santé environnementale de même que la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires.
Fait intéressant: le nombre d'étudiants étrangers inscrits à l'INRS est en hausse de 31%. «Ceux qui repartent dans leur pays d'origine deviennent des ambassadeurs de notre université. Pour ceux qui restent, je dirais 10%, ils continuent à collaborer avec leur pays d'origine et ça, ça nous crée des liens. Nous venons tout juste de signer une entente avec le Vietnam. C'est nous qui formons tous les scientifiques de l'Académie des sciences du Vietnam au niveau du doctorat. Maintenant, nous les formerons au niveau de la maîtrise. Et c'est le gouvernement vietnamien qui paie pour la venue de ces étudiants ici», se félicite Daniel Coderre.
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