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Laval, ville efficace

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse
Et elle semble bien le faire, car son taux de chômage y est faible et les investissements annuels y dépassent le milliard de dollars depuis une décennie. Il y a 25 ans, son slogan était: L'avenir est à Laval. Le temps semble lui avoir donné raison.
Présent dans le paysage économique de Laval depuis 1985, Pierre Desroches est aujourd'hui président et directeur général de Laval Technopole, l'organisme chargé de la promotion et du développement économique de la ville.
Selon lui, Laval, qui compte aujourd'hui 391 893 habitants, a connu une formidable croissance au cours des 25 dernières années.
«En 1995, si on exclut les programmes d'immobilisation de la ville, les investissements étaient d'environ 300 millions par année. Depuis 2000, ils dépassent le milliard. En 2008, nous avons connu une année record avec 1,7 milliard. Et en 2009, malgré le ralentissement économique, nous nous sommes maintenus à environ 1,3 milliard», énumère M.Desroches.
Et d'ajouter: «Nous sommes une ville extrêmement efficace. Les entreprises et les gens qui viennent s'établir ici sont pris en charge par la même personne ou le même organisme jusqu'au bout du processus. Laval offre tous les avantages de la grande ville, sans les inconvénients. C'est vraiment une de nos forces. Laval ne fait pas de compromis faciles. On mise sur l'innovation. Le phénomène des pôles est un exemple solide.»
En effet, depuis une vingtaine d'années, Laval a choisi de miser sur cinq pôles. L'industriel, les biotechnologies, les technologies, l'agriculture et le tourisme sont autant de secteurs de l'économie qui font aujourd'hui la force de Laval. Les biotechnologies, et sa Cité de la Biotech, où l'on retrouve notamment l'INRS et la plupart des grands de la pharmaceutique, sont à n'en point douter le secteur qui connaît la plus forte croissance depuis cinq ans.
Parmi les autres projets que Laval caresse depuis longtemps et qui verront vraisemblablement le jour sous peu: la construction d'un mini centre Bell, c'est-à -dire d'un amphithéâtre pouvant accueillir jusqu'à 10 000 personnes, la mise en place d'un système de trolleybus (des autobus électriques), l'ouverture d'un centre de nanobiotechnologie de classe mondiale, le prolongement du métro, etc.
Tout semble donc baigner pour Laval. Les perspectives démographiques ("28%) y sont favorables et le revenu moyen familial y est de 68 252$, soit plus élevé que les moyennes québécoise (59 000$) et canadienne (63 600$). Le taux de chômage, au dernier trimestre de 2009, y était de 6,7%. Belle performance si on le compare à la région de Montréal (8,6%) et à la moyenne québécoise (7,7%).
Le taux d'activité (69,4%) y est plus élevé que la moyenne du Québec (65,7%) et du Canada (67,8%). Enfin, le PIB de Laval se situe autour de 11,6 milliards, soit un peu plus de 4% du PIB Québec, lequel avoisine les 300 milliards.
Laval compte plus de 10 648 entreprises sur son territoire.
De ce nombre, près de 60% compte moins de 10 employés. «Ce sont bien souvent des entreprises qui offrent des produits à valeur ajoutée et qui sont capables de se retourner sur un 10 cents. Cela leur a permis de bien passer à travers le ralentissement économique», explique M.Desroches.
Agriculture
L'agriculture (la production maraîchère et l'horticole, notamment) est un autre élément qui fait de Laval un joueur à part.
Malgré les pressions pour le développement commercial et résidentiel, 28% du territoire de Laval est encore consacré à l'agriculture. «On ne trouve pas au Québec de meilleur exemple d'agriculture péri-urbaine», dit le grand patron de Laval Technopole.
Les choses n'ont pas toujours été aussi roses pour Laval. «Historiquement, il y avait une difficulté à demeurer à Laval, parce les gens devaient traverser les ponts tous les jours. La communication avec les grands centres s'en trouvait atteinte. Ç'a longtemps été un frein à notre développement. Maintenant, avec les grands axes autoroutiers, avec le système de transports en commun, et surtout grâce à la venue du métro, toutes ces barrières-là sont tombées», explique M.Desroches.
Le niveau de scolarité fait quelque peu pâlir l'étoile de Laval, si on le compare aux 16 autres régions administratives du Québec.
Selon des données de Développement économique Canada datant de novembre 2008 et portant sur les 25 à 64 ans, Laval se situait au 10e rang en ce qui concerne le nombre de diplômés pour les études post-secondaires ou inférieures au baccalauréat. Toutefois, elle se classe respectivement aux 3e, 4e, et 5e rang en ce qui a trait aux détenteurs d'un baccalauréat, d'une maîtrise et d'un doctorat.
Le tourisme est un autre point sur lequel Laval doit faire des efforts. Du moins en partie. Championne du tourisme d'affaires, la ville manque cruellement d'infrastructures récréotouristiques capables de retenir les visiteurs plus longtemps sur son territoire.
Â
LAVAL EN CHIFFRES
13
Laval compte 13 parcs industriels.
18
Laval compte 18 sièges sociaux.
28
Près de 28% du territoire de Laval est consacré à l'agriculture.
91,5
En 2010, le taux de taxation résidentiel de Laval est de 0,915$ par tranche de 100$ d'évaluation.
60 000
Tous les jours, 60 000 personnes utilisent le métro de Laval.
190 000
C'est le nombre de travailleurs à Laval.
1,3 milliard
C'est le total des investissements prévus à Laval en 2010.
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