Secteur forestier

Réimplanter le bouleau

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Portrait 2010: Lanaudière

Portrait 2010: Lanaudière

Lanaudièreestchampionne en matière d'accroissement de la population au Québec. Depuis quelques années, la région se transforme à la vitesse grand V. »

La scierie Jean Riopel de Chertsey produit un... (Photo fournie par la scierie Riopel)

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Photo fournie par la scierie Riopel

La scierie Jean Riopel de Chertsey produit un revêtement extérieur en bois pour les immeubles. «C'est un produit rentable qui nous a beaucoup aidés à traverser la crise », affirme Alain Gagnon, directeur général de la scierie.

(Montréal) Dans Lanaudière, l'un des problèmes de l'industrie forestière est que les forêts sont très dégradées. Pour améliorer la situation, un projet expérimental est en cours pour ramener la qualité du bouleau et pour assurer sa régénération.

«Les gens ont toujours pris les meilleurs arbres et là, il reste beaucoup de pâtes et papier, du bois de plus faible grade, pas nécessairement bon pour le sciage. Avec la crise qui frappe en plus, c'est très difficile à rentabiliser. Il fallait faire quelque chose», affirme Suzanne Dupuis, directrice de la Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire (CRRNT).

Il y a deux ans, la scierie Simon Lussier, à Sainte-Émélie-de-L'Énergie, et la CRRNT se sont lancées dans un projet de recherche pour réimplanter le bouleau dans les forêts de la région de Lanaudière.

C'est la technique de la régénération naturelle, bonifiée d'un petit coup de main de l'homme, qui a été choisie. «Nous tentons de donner au bouleau ce dont il a besoin pour pousser, explique Mme Dupuis. Par exemple, il lui faut de la lumière, mais pas trop. Alors, on enlève un arbre sur trois pour avoir suffisamment de lumière qui se rend aux nouvelles pousses. Aussi, le bouleau a besoin d'un sol à nu, sans déchet et sans branches pour pousser, alors nous raclons et brassons le sol.»

L'équipe de chercheurs continue d'ailleurs d'affiner sa technique.

«En ce moment, nous avons de la difficulté à fonctionner là où le sol contient beaucoup de roc, alors nous cherchons des solutions», précise Suzanne Dupuis.

Des résultats

Déjà, on peut voir des résultats à la suite des efforts déployés.

«Après les coupes, on regarde les arbres qui restent et on voit déjà pas mal de pousses de bouleau. Les arbres d'avenir sont là», affirme la directrice de la CRRNT. Le projet reçoit l'appui du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

«Ils nous aident à trouver les meilleurs mécanismes et comme nous sommes dans l'innovation pure, il faut moduler les crédits déjà existants pour les adapter à nos projets», explique Mme Dupuis.

Les partenaires impliqués croient qu'à long terme, la stratégie devrait être rentable pour la région.

«Ce projet, ajoute-t-elle, pourrait également intéresser d'autres scieries.»

Le secteur forestier de la région de Lanaudière est en crise depuis plusieurs années, comme c'est le cas partout dans la province, mais son plus important coup dur est arrivé il y a quelques années, avec la fermeture de l'usine de panneau et la scierie Louisiana Pacifique qui employaient plus de 300 employés.

Les deux établissements ont été rachetés par Tag dernièrement et l'usine de sciage a déjà repris ses activités. L'usine de panneaux devrait faire de même prochainement.

«Pour reprendre ses activités, l'usine doit signer un contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) avec le gouvernement et nous croyons que cela devrait se faire d'ici la fin avril», précise Suzanne Dupuis.

 

Scierie Jean Riopel: bien positionnée pour la reprise

Lorsqu'on parle de l'industrie du bois, c'est souvent pour raconter des histoires d'horreur. Or, malgré les difficultés des dernières années, la scierie Jean Riopel, à Chertsey, s'est bien tirée d'affaire et regarde la reprise avec un grand optimisme. La recette de son succès?

D'abord, le virage vers les produits à valeur ajoutée qu'elle a pris en 2008.

«Nous produisons un revêtement extérieur en bois pour les immeubles. C'est un produit rentable qui nous a beaucoup aidés à traverser la crise», affirme Alain Gagnon, directeur général de la scierie Jean Riopel.

Toutefois, ce tournant n'aurait pas été possible sans plusieurs atouts de l'usine. D'abord, il y a la qualité, la polyvalence et la compétence de la main-d'oeuvre, précise-t-il. «Nous avons dû faire des mises à pied en janvier 2009 et nous avons fonctionné à effectif réduit. Plusieurs contremaîtres ont été appelés à effectuer des tâches d'opérateur et même, de journalier», explique M. Gagnon.

Chez Riopel, les dirigeants sont aussi actionnaires de l'entreprise et ils sont sur place tous les jours. Ce grand engagement des dirigeants, qui s'occupent à la fois de la production et des ventes, permet à l'entreprise de s'adapter rapidement aux besoins de sa clientèle.

«Par exemple, l'an dernier, la demande a beaucoup diminué en Amérique du Nord, alors nous sommes allés vers l'exportation sur les marchés du Moyen-Orient et de l'Afrique. Il a fallu adapter nos produits», indique le directeur général.

Depuis janvier, la scierie Jean Riopel sent une certaine reprise de la demande et a réembauché la moitié du personnel qu'elle avait mis à pied.

«On sent que la demande reprend et l'offre est beaucoup moins grande puisque plusieurs scieries ont fermé. Nous sommes donc bien positionnés pour la reprise», affirme M. Gagnon.

Fondée en 1951, l'entreprise compte 50 employés.

 

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