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Agroalimentaire
De gros défis à relever
Photo archives La Presse
Comme les producteurs agroalimentaires ont des besoins similaires, ils gagnent à développer des projets communs, explique Mathieu Frégault, du créneau d'excellence en transformation agroalimentaire ACCORD.

Martine Letarte, collaboration spéciale
La Presse
Or, grâce aux initiatives de son créneau d'excellence en transformation agroalimentaire ACCORD (action concertée de coopération régionale de développement), la région de Lanaudière fait travailler ses entreprises en équipe.
«Ce n'est pas toujours facile d'amener les producteurs à travailler ensemble», indique d'emblée Mathieu Frégault, directeur du créneau ACCORD en transformation agroalimentaire de Lanaudière.
La stratégie utilisée pour tisser des liens?
«Nous leur faisons comprendre que la concurrence vient d'ailleurs et qu'ils ont avantage à travailler ensemble plutôt qu'à se voir comme de la compétition. Comme ils ont des besoins communs, ils gagnent à développer des projets communs», explique-t-il.
Un bon exemple? Les systèmes de contrôle-qualité, un grand dossier auquel travaillent ensemble le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière (CDBL) et le créneau ACCORD en transformation agroalimentaire.
«Il y a plusieurs certifications qui sont arrivées dernièrement et plusieurs producteurs doivent les obtenir s'ils veulent continuer de faire affaire avec leurs clients. On les regroupe donc et on travaille sur différents aspects essentiels pour arriver à aller chercher la certification», explique M. Frégault.
Développement de nouveaux produits
Le créneau ACCORD encourage également les producteurs à joindre leurs forces pour développer de nouveaux produits à valeur ajoutée.
«Par exemple, nous travaillons avec trois entreprises pour qu'elles développent ensemble un fromage fabriqué avec deux alcools régionaux. C'est intéressant parce que le produit serait vraiment original, mais aussi, parce qu'il pourrait bénéficier des réseaux de distribution des trois entreprises», indique le directeur du créneau.
Du travail se fait également avec les nombreuses petites fermes porcines de la région.
«Nous avons des projets pour valoriser le lisier. Au lieu de l'envoyer dans la fosse, on le transforme en énergie qui est par la suite utilisée pour chauffer la porcherie. Ça fait moins d'épandage et moins d'odeurs», affirme Mathieu Frégault.
Ces expérimentations se font généralement au complexe agroalimentaire du Cégep régional de Lanaudière qui compte quatre usines-pilotes et plusieurs laboratoires de pointe.
Appui d'initiatives locales
Le créneau ACCORD agroalimentaire Lanaudière appuie également certaines initiatives qui ont pris naissance dans la région.
Par exemple, il finance une partie des tests de transformation qui sont réalisés par les producteurs de chanvre industriels de la région (voir autre texte ci-bas).
Il soutient aussi des initiatives plus spontanées avec lesquelles les producteurs créent des liens. En ce moment par exemple, le créneau effectue des tests d'un outil d'organisation de covoiturage qui pourra bientôt être utilisé par ses membres.
«C'est un producteur qui nous a soumis l'idée. Plusieurs producteurs de la région se rendent chez leur distributeur à Montréal plusieurs fois par semaine et chacun y va tout seul, avec son camion. Pourtant, s'ils y allaient ensemble, ils pourraient diminuer leurs dépenses, tout en polluant beaucoup moins», indique Mathieu Frégault.
On retrouve environ 4000 emplois dans le secteur de la transformation agroalimentaire dans la région de Lanaudière.
Lorsqu'une ferme devient site touristique
Pour mieux faire connaître les producteurs de la région, Tourisme Lanaudière a mis sur pied l'initiative agrotouristique Chemins des campagnes. Pour devenir des lieux d'arrêt incontournables de ces circuits, les producteurs doivent toutefois améliorer différents aspects de leur entreprise.
Le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière (CDBL) leur donne un coup de main. «Il faut faire beaucoup d'efforts notamment en ce qui concerne les panneaux d'interprétation. Nous avons réalisé lors de sondages que c'est très important pour les visiteurs qui veulent apprendre de nouvelles choses lors de leur passage. Il faut à la fois expliquer les produits, mais aussi donner un peu d'information sur les producteurs et quelques éléments de contexte historique sur la région», explique Benoît Rivest, directeur général du CDBL.
L'organisme aide également les producteurs à offrir un service de qualité en ce qui a trait à l'accueil des visiteurs. Il est aussi question de stratégies web, puisque certaines entreprises de la région qui ont pris le virage ont eu des retombées intéressantes. «Par exemple, on encourage les producteurs à se faire un site web et à réaliser de petites vidéos qu'ils peuvent par la suite mettre en ligne pour mieux se faire connaître», indique M. Rivest.
Enfin, un grand projet agrotouristique est en préparation dans Lanaudière. «Nous avons huit vignobles dans la région et nous voulons développer une Route des vins dans un avenir rapproché», affirme M. Rivest. Quelque 55 entreprises lanaudoises participent actuellement au projet Chemins de campagne de Tourisme Lanaudière qui invite les gens à découvrir les spécialités régionales à travers cinq itinéraires.
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