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La Face cachée de la pomme
Exporter le cidre de glace
Photo Patrick Sanfaçon, La Presse
François Pouliot, de La Face cachée de la pomme, veut que son entreprise devienne « le Cirque du Soleil du cidrede glace» et exporte la grande majorité de sa production.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse
Le cidre de glace est, pour paraphraser François Pouliot, «le plus fin de notre culture embouteillé». Comme le Québec est le pays de la pomme, l'homme d'affaires a de très grandes visées. «J'aimerais être le Cirque du Soleil du cidre de glace», lance-t-il sans ambages.
Pour l'heure, La Face cachée de la pomme produit quelque 200 000 bouteilles de cidre de glace. De ce nombre, elle en exporte un peu plus de 10% dans une quinzaine de pays disséminés aux quatre coins de la planète.
L'objectif de François Pouliot: exporter de 80% à 90% de sa production, laquelle, souhaite-t-il, atteindra «de deux à trois millions de bouteilles par année, pourquoi pas?», dit celui qui fut le premier, en 1998, à produire et à commercialiser (avec l'aide de Christian Barthomeuf) le cidre de glace tel qu'on le connaît aujourd'hui. La PME emploie 10 personnes et préfère taire son chiffre d'affaires.
L'un des principaux marchés visés par la PME de Hemmingford se trouve tout près de chez elle, c'est-à -dire aux États-Unis.
Le week-end dernier, une délégation de La Face cachée de la pomme se trouvait au salon des vins de Boston. La semaine prochaine, elle sera présente à Washington, puis New York, etc.
«Il faut être sur le terrain. Avant de faire la promotion de mes produits, il faut développer une catégorie. C'est bien beau de dire que notre cidre de glace s'appelle le Neige. Si les gens ne savent pas ce qu'est le cidre de glace, on n'est pas plus avancé. Il faut que le cidre de glace soit aussi facilement reconnaissable que les mots Bordeaux ou Champagne», dit François Pouliot.
Et d'ajouter: «Rien qu'au Québec, il s'est vendu en 2009 pour 10 millions de dollars de cidres de glace, toutes marques confondues. Imaginez les possibilités dans un marché comme celui des États-Unis.»
Une belle vitrine
L'entreprise agroalimentaire profite d'ailleurs d'une très belle vitrine chez l'Oncle Sam.
Récemment, le cidre de glace de François Pouliot coulait à flots à Los Angeles lors de la première d'un spectacle du Cirque du Soleil. Il en sera de même bientôt lorsque la troupe de Guy Laliberté présentera à Las Vegas son nouveau spectacle hommage à Elvis.
Autre bon coup pour la PME de Hemmingford: en 2009, elle s'est associée à la famille Boisset, le cinquième plus grand exportateur de vins de France et le plus important producteur de pinot noir sur la planète. Résultat: Boisset est maintenant distributeur des trois cidres de glace élaborés par La Face cachée de la pomme.
C'est ainsi qu'on retrouve depuis peu le précieux nectar québécois chez le prestigieux, et non moins impressionnant, magasin Harrod's de Londres.
«Ma conjointe (Stéphanie Beaudoin) et moi, nous venons du milieu des arts. Pour nous, une oeuvre doit voyager, elle doit être vue par le plus grand nombre. C'est la même chose pour le cidre de glace. Quand j'ai acheté mon verger à Hemmingford, je voulais faire du vin que j'aurais amené avec moi dans les festivals de films. Je me suis rendu compte que j'aurais plus de succès avec la pomme qu'avec la vigne», explique François Pouliot, un ancien producteur de films et de vidéoclips qui a plus de 300 oeuvres derrière lui.
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