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Complexe hydroélectrique sur La Romaine
La MRC de Minganie change de visage
Photo fournie par Hydro-Québec
Le projet de complexe hydroélectrique sur la rivière Romaine permet de faire travailler des centaines de personnes à des salaires intéressants dansla MRC de Minganie.

Martine Letarte, collaboration spéciale
La Presse
«D'abord, il faut savoir que sans le projet de la Romaine, la MRC de Minganie serait probablement sous tutelle tellement elle serait dévitalisée», indique Julien Boudreau, préfet de la MRC.
En plus de faire travailler des centaines de personnes de la région à des salaires intéressants, le projet permet déjà aux municipalités de recevoir certaines sommes compensatoires.
«Depuis 2009 et jusqu'à 2013, on reçoit 3 millions par année pour nous aider à donner les services de base à la population», explique M. Boudreau.
Par la suite, la manne arrivera: les redevances de 100 millions sur 50 ans commenceront à être versées à la MRC, en plus de ce que recevront les communautés autochtones.
«Ces redevances nous permettront vraiment d'améliorer la qualité de vie de nos résidants. On pourra enfin donner davantage que les services de base. On veut par exemple construire une piscine. La population en rêve depuis des années», indique le préfet.
La MRC a également espoir de voir d'autres projets de développement démarrer sur son territoire.
«Souvent, pour qu'un projet aille de l'avant, la MRC doit investir un montant. Avant, on n'avait jamais les moyens, mais avec les redevances, on pourra. Il sera donc permis de rêver!» s'exclame Julien Boudreau.
De grands défis pour la MRC
Pour le moment toutefois, la MRC de Minganie est confrontée à des problèmes importants.
«Le projet du complexe de la Romaine est très gros, alors que le milieu d'accueil est très petit. Notre plus grande ville est Havre-Saint-Pierre et elle compte 3500 habitants. C'est bien évident qu'un projet comme ça amène des impacts sociaux négatifs», indique M. Boudreau.
Alors que le chantier a été inauguré en mai, déjà, pendant l'été, le centre de santé et de services sociaux (CSSS) manquait de personnel.
«La clientèle à soigner augmentait et on n'arrivait pas à embaucher de gens, parce que le démarrage du projet a fait qu'on s'est retrouvé à court de logements. Ceux qui étaient libres étaient inabordables. Aucun travailleur du domaine de la santé ne voulait venir s'installer chez nous dans des conditions comme ça», explique le préfet de la MRC.
Le centre local de développement (CLD) qui devait accueillir une population record et répondre à mille et un besoins vivait le même genre de problématique. La commission scolaire également.
Besoin de main-d'oeuvre
Les besoins criants de garderie ont aussi commencé à se faire sentir.
«On a besoin de main-d'oeuvre, il faut évidemment la loger, mais il faut aussi avoir des places en garderie, parce que sinon, les jeunes familles ne sont pas intéressées à venir s'installer chez nous», ajoute M. Boudreau.
Pour tenter de régler ces problèmes importants, la MRC a appelé le gouvernement en renfort.
«Il fallait avoir une bonne réceptivité du gouvernement, sinon on aurait vraiment été dans le pétrin», affirme le préfet.
Cette réponse positive est finalement venue. Nathalie Normandeau, vice-première ministre, ministre responsable des Ressources naturelles et de la Faune, ainsi que ministre responsable du Plan Nord, a annoncé la semaine dernière la formation d'un comité ministériel ad hoc «La Romaine-Minganie» pour se pencher sur les impacts sociaux que vivent les communautés de la région dans la foulée du développement du complexe hydroélectrique de la Romaine.
«Ensemble, nous chercherons des solutions, affirme M. Boudreau. C'est important qu'elles arrivent rapidement, parce que sinon, on verra les riches s'enrichir et les pauvres s'appauvrir. Nous, ce qu'on veut, c'est que l'ensemble de notre communauté trouve son compte dans le projet de la Romaine et pas seulement ceux qui y travaillent.»
Évolution des travaux
Les travaux de la Romaine ont commencé en mai dernier et ils se poursuivront jusqu'en 2020. Quatre centrales seront construites, mais au départ, il fallait ouvrir la route et construire les premiers campements.
«La première portion de route est ouverte et elle sera asphaltée à la fin de l'été. Par la suite, on continuera d'ouvrir la route pour atteindre 150 km, soit l'extrémité du projet», précise Marthe Nadeau, conseillère en impacts socio-économiques chez Hydro-Québec.
Un premier campement de 371 lits a également été achevé et il est maintenant totalement occupé. Le deuxième, de 1800 lits, doit être terminé la semaine prochaine et les travailleurs viendront s'y installer graduellement pour atteindre sa pleine capacité à l'automne 2011. Un troisième campement de 1500 lits sera construit en 2012 pour loger les travailleurs de Romaine 3 et Romaine 4.
Plus de 500 travailleurs sont actuellement sur le site, mais dans les prochains jours, on donnera le coup d'envoi aux ouvrages de production d'énergie.
On excavera un canal de dérivation provisoire de plus de 700 mètres de long pour assécher le site des travaux durant la construction du barrage.
La construction de la galerie d'amenée qui acheminera l'eau du réservoir à la centrale devrait également commencer au printemps.
«On aura bientôt 800 travailleurs sur le site. On atteindra le plus gros de l'activité entre 2012 et 2017, alors qu'on aura toujours trois centrales en construction en m
ême temps», explique Mme Nadeau.
À la fin 2009, environ 65% des travailleurs sur le site provenaient de la Côte-Nord. Au même moment, des 207 millions en contrats attribués, plus de 74 millions avaient été accordés à des entreprises de la région.
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