L'exploitation et la construction de mines en pleine effervescence

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Portrait 2010: Abitibi-Témiscamingue

Portrait 2010: Abitibi-Témiscamingue

L'Abitibi-Témiscamingue explore plusieurs créneaux de développement qui lui permettront à la fois de profiter de son expertise dans l'exploitation des matières premières et de rendre son économie moins dépendante de ce secteur. »

Les foreurs Richard Lafrenière et Danny Larochelle font... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Photo Alain Roberge, archives La Presse

Les foreurs Richard Lafrenière et Danny Larochelle font du carottage géologique dans les rues de Malartic afind'évaluer la quantité d'or sous les résidences. La MRC de la Vallée de l'Or accueillera le mégaprojet de prèsde 1 milliard de la Société minière Osisko à Malartic.

(Montréal) Le secteur minier est particulièrement important pour trois des cinq municipalités régionales de comté (MRC) de l'Abitibi-Témiscamingue, celle de Rouyn-Noranda, de Val-d'Or et d'Abitibi-Ouest.

Ces trois MRC ont pu traverser la crise sans trop de mal. Les deux autres, la MRC d'Abitibi et la MRC du Témiscamingue, pansent leurs plaies, tout en cherchant des solutions originales pour relancer leur secteur forestier.

La MRC de la Vallée de l'Or est la plus grande et la plus peuplée. Val-d'Or, la ville phare de la MRC, n'aurait pu tomber mieux pour fêter ses 75 ans cette année: dans une économie des plus florissantes, la population aura davantage l'esprit à la fête pour les nombreuses festivités qui se dérouleront dans les prochains mois.

La MRC profite largement du mégaprojet de près de 1 milliard de la Société minière Osisko à Malartic. D'autres projets, comme celui de Johanna, de Mines Aurizon, la reprise de l'exploitation de la mine Sigma par Century Mining, les travaux de la Corporation minière Alexis aux lacs Pelletiers et Herbin ont aussi des impacts importants.

Selon Pierre Dufour, directeur général du CLD de la Vallée de l'Or, tout ce qui est relié à l'exploitation et à la construction de mines est en effervescence: les entreprises de forage, les entreprises d'outillage, les services miniers et la sous-traitance, etc.

«La vigueur du secteur minier dans notre MRC compense largement la faiblesse du secteur forestier» a dit M. Dufour à La Presse.

La MRC profite aussi des investissements miniers et énergétiques du Grand Nord et du Nunavut. Le Centre de transit minier nordique de l'aéroport de Val-d'Or, construit récemment est déjà rempli. Selon M. Dufour, un projet d'agrandissement est à l'étude.

La construction résidentielle et commerciale est très active aussi. Le Motel l'Escale ajoutera 70 unités à son complexe existant pour combler la demande de la clientèle d'affaires.

La situation est semblable à la MRC Rouyn-Noranda pour ce qui est des impacts du boom minier.

En plus, Rouyn-Noranda, la ville principale, abrite une université et de nombreux services gouvernementaux qui assurent une stabilité de l'emploi.

Cependant, la meilleure nouvelle de l'année est probablement venue de la Fonderie Horne.

Dans son processus de rationalisation, Xstrata a tranché en faveur de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, plutôt que celle de Kidd Creek, en Ontario, qui sera fermée.

La fonderie Horne compte 600 employés permanents, plus les 150 embauchés par les sous-traitants.

En plus, elle a dépensé 93 millions pour l'achat de biens en 2009, dont 50% dans la région, et 20 millions en service, dont 90% en région.

Selon Claude Bélanger, directeur général de la Horne, la survie à long terme n'en est pas pour autant assurée.

Selon lui, il y a encore un surplus important de capacité dans les fonderies et les affineries dans le monde qui fait baisser les tarifs. La force du dollar canadien joue aussi contre la Horne.

«L'expertise de la Horne dans la récupération de métaux a joué en sa faveur. Ce secteur occupe 15% de la capacité et nous croyons qu'il est possible de l'augmenter, si la réglementation canadienne veut s'ajuster», a dit M. Bélanger.

Avec cette rationalisation, près de 75% des concentrés de cuivre proviendront du Canada. La fonderie devrait pouvoir fonctionner à 100% de sa capacité.

La MRC Abitibi Ouest profite quant à elle des retombées de l'exploitation minière de Mines Aurizon, qui emploie 40 travailleurs, dans le canton Casa Berardi. La Sarre sert de dortoir et de base de service et de sous-traitance pour la mine.

«Plusieurs entreprises qui servaient le secteur forestier ont réussi à se convertir pour servir le secteur minier. Le nouveau projet aurifère d'Osisko et de Clifton dans Duparquet pourrait avoir aussi des impacts importants pour notre MRC», a dit Jean Séguin, directeur général du CLD Abitibi-Ouest.

La MRC Abitibi a pour centre la ville d'Amos. Jocelyn Lapierre, directeur général du centre local de développement (CLD) de l'Abitibi, caractérise l'économie du territoire en temps normal comme un équilibre entre les secteurs agricole, minier et forestier.

Présentement, les deux derniers sont en état de crise.

«On s'interroge comment relancer ces industries de façon durable. Faut-il le faire de la même manière qu'auparavant ou trouver des solutions originales? On en est là», a expliqué M. Lapierre.

La MRC travaille activement pour s'assurer de la pérennité de l'usine de papier journal d'Amos. On examine la possibilité d'y adjoindre une usine de cogénération à la biomasse.

Voir tableau

http://pdf.cyberpresse.ca/lapresse/LPA/tableaup.9.jpg

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