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Portrait 2010: Abitibi-Témiscamingue

Portrait 2010: Abitibi-Témiscamingue

L'Abitibi-Témiscamingue explore plusieurs créneaux de développement qui lui permettront à la fois de profiter de son expertise dans l'exploitation des matières premières et de rendre son économie moins dépendante de ce secteur. »

L'Abitibi-Témiscamingue explore plusieurs créneaux de développement qui lui... (Photomontage Philippe Tardif, La Presse)

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Photomontage Philippe Tardif, La Presse

(Montréal) L'Abitibi-Témiscamingue explore plusieurs créneaux de développement qui lui permettront à la fois de profiter de son expertise dans l'exploitation des matières premières et de rendre son économie moins dépendante de ce secteur.

Deux de ses trois secteurs primaires, la forêt et l'agriculture, connaissent présentement de sérieuses difficultés.

Grâce à la vigueur du secteur minier, le taux de chômage a reculé à 9,1% le mois dernier, par rapport au sommet de 10,4% atteint en octobre 2009.

En 2009, le secteur minier représentait près de 6 000 emplois directs sur les 65 500 répertoriés dans la région.

À ce noyau d'emplois viennent se greffer de nombreux fournisseurs de biens et services, comme les transporteurs, les laboratoires d'analyse, les consultants en ingénierie, les spécialistes en environnement, les géophysiciens, les foreurs, etc.

En outre, les 600 millions d'investissements en immobilisation du secteur minier en 2009, sur un total de 1,3 milliard pour toute l'Abitibi-Témiscamingue, ont stimulé fortement l'industrie régionale de la construction tant industrielle que résidentielle.

«Les secteurs de l'extraction minière et de la construction seront encore les moteurs de l'activité industrielle cette année» soutient Luc Blanchette, économiste à Service Canada, région Abitibi-Témiscamingue.

Forêts

Quant à l'industrie forestière, c'est la désolation.

Toutes les scieries de feuillus du Témiscamingue sont fermées.

Dans le résineux, les scieurs indépendants, Scierie Landrienne et Matériaux Blanchet, ont survécu grâce à des prouesses de gestion.

Pour leur part, les scieries des grands producteurs de papier ont besoin de copeaux. Cette production réduite des scieries se répercute sur une entreprise comme Boralex Énergie qui manque de biomasse pour alimenter sa centrale électrique.

Même si l'effondrement du marché de la construction aux États-Unis demeure le grand responsable des déboires des forestiers de l'Abitibi, il n'est pas le seul.

Le gouvernement du Québec a réduit de 23%, en moyenne, les approvisionnements des scieries de l'Abitibi, en obligeant plusieurs à réduire les quarts de travail.

De plus, la prise en charge par l'état de la gestion de la forêt en 2013 est loin de susciter l'enthousiasme chez les scieurs.

Martine Rioux, directrice générale du CRE (Conseil régional des élus) Abitibi-Témiscamingue, appose des bémols sur le nouveau projet de loi, bien qu'elle aime le principe de permettre aux petites entreprises d'accéder au bois de la forêt publique par des mises aux enchères.

«Nous trouvions plus intéressant l'avant-projet de loi où il était question de la création d'une agence pour gérer la forêt où tous les intervenants étaient représentés», a dit Mme Rioux.

Créneaux de développement

En dehors des secteurs d'activité traditionnels, M. Blanchette perçoit plusieurs créneaux de développements pour l'économie de l'Abitibi-Témiscamingue, souvent issus de l'expérience acquise dans le secteur primaire.

Ainsi, l'UQAT, le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue et des commissions scolaires ont créé des cours de formation minière pour des étudiants du Chili, de Madagascar ou du Burkina Faso. L'université et le cégep collaborent directement à près de 25 projets de recherche, de transferts de technologie, d'études, etc.

Selon M. Blanchette, l'expertise de l'eau acquise par l'Abitibi, que ce soit l'embouteillage, le traitement des eaux usées, la pisciculture, les puits artésiens ou autres, est aussi une voie d'avenir. Les techniques de traitement des parcs à résidus, le recyclage des déchets et l'économie d'énergie offrent aussi d'intéressantes perspectives.

Selon Mme Rioux, l'industrie des services miniers est florissante en Abitibi-Témiscamingue qui exporte son expertise dans les mines de l'Afrique et de l'Amérique du Sud.

«La main-d'oeuvre de service minier est très mobile», ajoute Mme Rioux.

En dehors du secteur primaire, elle souligne aussi l'impact déjà palpable de l'installation de réseaux à large bande passante et du bac en multimédia offert par l'UQAT, sur la croissance des emplois dans la technologie de l'information dans la région.

Des efforts considérables d'information et de sollicitation ont été faits pour attirer des jeunes en Abitibi-Témiscamingue.

«On voit revenir de jeunes professionnels dans la région. Nous leur démontrons qu'il y a des emplois ailleurs que dans les ressources naturelles», a dit Mme Rioux.

En tout cas, les statistiques montrent que l'Abitibi-Témiscamingue a stoppé son hémorragie démographique.

La population qui était de 155 901 en 1996 a décliné jusqu'à 144 731 en 2005 pour remonter à 145 886 en 2009.

Mme Rioux et le CRE soutiennent fortement la recherche, notamment dans la construction de maisons en bois ou des créneaux d'excellence sont exploités.

Dans l'agriculture, le CRE favorise le développement d'un créneau de production de boeuf dit naturel.

L'UQAT et des partenaires ont construit un centre de recherche à Notre-Dame-du-Nord pour mettre au point les techniques le produire et le mettre en marché.

 

L'ABITIBI-TÉMISCAMINGUE EN BREF

Population: 145 844 habitants

Superficie : 57 339 km2

Taux de chômage: 10,20% (déc. 2009)

Produit intérieur brut : 5,15 milliards

Part du PIB du Québec: 1,80%

Dépenses en immobilisation: 1,36 milliard (2009)

Revenu disponible par habitant: 24 510$

Nombre d'entreprises: 4338

Entreprises de moins de 50 employés: 4160

Source : bureau de la statistique du Québec

 

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