37 000 postes à combler d'ici 2016

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Portrait 2013: Chaudière-Appalaches

Portrait 2013: Chaudière-Appalaches

Chaudière-Appalaches serait-elle victime de son dynamisme économique ? Affichant l'un des plus bas, sinon le plus bas taux de chômage au Québec (4,6 %), cette région doit désormais composer avec une rareté de la main-d'oeuvre. Les choses n'iront pas en s'améliorant. D'ici 2016, elle devra rivaliser d'ingéniosité afin de combler 37 000 postes, dont 32 000 seront laissés vacants par des départs à la retraite. »

Photo aérienne de Lévis site du Innoparc.... (Photo A Carpenter)

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Photo A Carpenter

Photo aérienne de Lévis site du Innoparc.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse

Chaudière-Appalaches serait-elle victime de son dynamisme économique? Affichant l'un des plus bas, sinon le plus bas taux de chômage au Québec (4,6%), cette région doit désormais composer avec une rareté de la main-d'oeuvre. Les choses n'iront pas en s'améliorant. D'ici 2016, elle devra rivaliser d'ingéniosité afin de combler 37 000 postes, dont 32 000 seront laissés vacants par des départs à la retraite.

«Pour dix départs potentiels à la retraite, il n'y aurait actuellement que huit candidats pour assurer les remplacements. Les entreprises doivent dès maintenant trouver des façons de pallier ce manque à gagner, ne serait-ce qu'en investissant dans l'automatisation de certaines de leurs opérations», explique Louis Gagnon, économiste principal à Québec International.

Pour l'heure, les PME à la recherche de main-d'oeuvre arrivent à composer avec cette nouvelle réalité. Mais certaines d'entre elles ont dû prendre les grands moyens. Ainsi, des travailleurs spécialisés en usinage et en soudure ont été recrutés au Costa Rica ces derniers mois. Plusieurs PME sur le territoire songent à en faire de même tellement les postulants se font rares.

Il s'agit, toutefois, d'une solution temporaire, car cette main-d'oeuvre qualifiée venue de l'étranger ne dispose que d'un permis de séjour temporaire. «À Montréal, un nouvel arrivant peut se tourner vers un réseau, une communauté. Pas ici! Et c'est ce qui nous fait le plus défaut», poursuit Louis Gagnon.

Forte de ses quelque 406 000 habitants disséminés dans 10 MRC, la région de Chaudière-Appalaches n'accueille que 500 immigrants annuellement. Ce qui est peu. La région demeure donc majoritairement blanche, francophone et catholique romaine.

Cet immense territoire, bordé par le fleuve Saint-Laurent au nord et l'état américain du Maine au sud, peut toutefois s'enorgueillir d'afficher un bilan migratoire interrégional positif, grâce à un gain net se situant entre 500 et 750 personnes par année.

Tertiaire

Chaudière-Appalaches doit sa prospérité à une grande diversité économique. Le secteur manufacturier y représente encore 20% des emplois, ce qui en fait l'un des plus haut taux au Québec. Dans la région de la Beauce, durement touchée par la crise de 2008, les affiches «Nous embauchons» ont d'ailleurs recommencé à faire leur apparition.

L'ensemble du territoire a affiché un bilan positif de 7000 emplois entre 2007 et 2012. Durant la même période, les États-Unis et l'Europe nageaient en pleine récession.

Fait intéressant: l'expansion du secteur des services a grandement contribué à l'accroissement de l'économie de Chaudière-Appalaches au cours des cinq dernières années. «Nous assistons à une tertiarisation de notre économie», soutient Laurent Lampron, directeur général de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Chaudière-Appalaches.

La croissance des activités du mouvement Desjardins (le plus important employeur privé au Québec, dont le siège social est à Lévis) en matière de services financiers et d'assurances y pour beaucoup, dit-il. Desjardins est d'ailleurs à compléter la construction d'une nouvelle tour à bureaux de 125 millions.

Parmi les autres grands projets porteurs de la région: le complexe commercial Saint-Romuald, un «Power Center» de 400 millions situé près des ponts de Québec et Pierre-Laporte; le prolongement de l'autoroute 73 en direction sud (200 millions); de même que l'aménagement de deux parcs éoliens (750 millions) près du Massif du Sud et de la région de Thetford Mines.

Les efforts en terme d'innovation et de R-D, lesquels favorisent la multiplication des services professionnels, techniques et scientifiques, ont également permis au secteur tertiaire de prendre son envol ces années-ci. Par ricochet, les services de proximité (commerce de détail, loisirs, culture, etc.) connaissent eux aussi une forte croissance.

Une certaine pression se ferait d'ailleurs sentir dans le recrutement de commis et des travailleurs dans la restauration, entre autres exemples. «Ce scénario était inconcevable il y a quelques années. Pourtant, c'est vers cela qu'on se dirige», explique Dominique Bois, économiste à Emploi-Québec pour la région de Chaudière-Appalaches.

Verra-t-on des chaînes comme McDonald's recruter des travailleurs au Maroc ou aux Philippines comme cela s'est fait récemment sur la Côte-Nord et en Abitibi? L'avenir nous le dira.

Disparité

Malgré un taux de chômage qui fait des  jaloux, tout n'est pas rose dans Chaudière-Appalaches. Dans cette région qui tire son nom de la rivière Chaudière et de la chaîne de montagnes des Appalaches, la richesse et pauvreté se côtoient.

Pendant que Lévis traverse l'une de ses plus importantes périodes de prospérité, des MRC comme celles des Etchemins connaissent une décroissance démographique. Le revenu personnel disponible n'y est que de 20 351$ (comparativement à 28 000$ à Lévis), et la valeur foncière moyenne d'une maison n'est que de 95 000$. Ce qui la situe au troisième rang des MRC les plus pauvres au Québec. Pourtant, cette région est située à moins d'une heure de Lévis et de la ville de Québec.

«La perspective de décroissance est de -3% sur l'ensemble du territoire. Que voulez-vous, 85% de notre région est composée de forêt et plus personne ne veut transformer ces forêts. La transformation, c'était 30% de notre économie. Les moulins ont fermé les uns après les autres. On a un million de mètres cubes de forêt qui pourrait être disponible annuellement. Si ça continue comme ça, on va regarder nos arbres mourir debout», déplore Yvon Lévesque, directeur général du CLD des Etchemins.

Tableau Chaudière-Appalaches

Population : 406 401 habitants

Superficie : 15 071 km2

Taux de chômage : 4,6 %

Taux d'activité : 68,1 %

PIB :  14 milliards

Revenu disponible par habitant : 25 374 $

Sources (2011 et 2012) : Institut de la Statistique du Québec et Québec International.

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