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Place à l'économie du savoir
Photo Robert Rivet, fournie par Tourisme Bas-Saint-Laurent
Les institutions de la région ont développé une expertise dans lestechnologies et les biotechnologies maritimes.

La Presse
Fini le temps où l'agriculture et la forêt étaient les seuls débouchés et où les diplômés devaient s'exiler pour gagner leur vie. Le secteur primaire prend du recul au profit du secteur tertiaire, alors que les fabricants cherchent sans cesse à innover et à se diversifier.
«Depuis environ 10 ans, on constate que notre économie vit une profonde transformation et se tourne de plus en plus vers l'économie du savoir, indique Gilles Gagnon, adjoint à la direction à la conférence régionale des élus. Ça n'a plus rien à voir avec les moulins à scie et la transformation du bois.»
M. Gagnon prend exemple sur Premier Tech et Telus, deux des plus grands employeurs de la région. L'un est un innovateur de renommée internationale dans le domaine de la tourbe à Rivière-du-Loup, l'autre vient d'inaugurer un centre de données de 65 millions à Rimouski. «Dans les deux cas, on cherche des gens qui ont un profil très spécialisé, que ce soit pour la recherche et développement, la conception de nouveaux produits ou la gestion de projets. Ce sont des postes-clés, difficiles à pourvoir.»
Si la connaissance et l'expérience sont des atouts que recherchent plusieurs employeurs, la relève sera favorisée par le vieillissement de la population. On calcule que des 18 000 emplois qui seront à pourvoir d'ici à 2016, 92% seront libérés en raison de départs à la retraite.
Deux vitesses
Comme dans toute région éloignée, le Bas-Saint-Laurent connaît une économie à deux vitesses, où la situation est plus fragile en milieu rural. Vaste territoire de quelque 22 000 km2, longeant le fleuve et partageant une frontière avec le Nouveau-Brunswick, le Bas-Saint-Laurent regroupe 115 municipalités, dont une quarantaine sont mono-industrielles. Outre Rimouski et Rivière-du-Loup, qui frôlent le plein emploi, La Pocatière et Matane en sont les principaux pôles de développement.
Cette dernière a d'ailleurs été portée par l'industrie éolienne au cours des récentes années, notamment grâce à la présence du fabricant allemand Enercon. Comptant à lui seul une dizaine de projets éoliens, le Bas-Saint-Laurent a le vent dans les voiles. Il devra toutefois s'assurer de ne pas s'essouffler trop vite. «Ça crée surtout des emplois au moment de la construction, mais ça ne demande pas beaucoup de personnes pour l'entretien et la mise en service, soutient M. Gagnon. Ce n'est pas vraiment structurant pour l'économie régionale.»
Bienvenue aux touristes
L'ouverture du parc national du Lac-Témiscouata, prévue en juin après un an de retard, devrait apporter un renouveau touristique dans la région. Le directeur général, Denis Ouellet, attend au moins 40 000 visiteurs dès la première année - 160 000 d'ici 10 ans, le temps que le parc atteigne une certaine notoriété. La SEPAQ évalue que «pour chaque dollar dépensé à l'intérieur d'un parc, environ 10$ ou 15$ sont dépensés à l'extérieur». De quoi dynamiser ce secteur fortement touché par la crise forestière.
«Il y a un bouillonnement d'idées en lien avec l'arrivée du parc national, remarque Yves Lebel, directeur général du centre local de développement de la MRC de Témiscouata. Il y a un projet de navettes nautiques entre un promoteur privé et le parc, la relance du traversier Le Corégone, la station scientifique Aster qui offrira des ateliers en collaboration avec le parc et qui investit près de 1 million dans le renouvellement de son exposition...»
Le tourisme et les autres secteurs d'emplois saisonniers font toutefois face à une nouvelle inconnue, la réforme de l'assurance-emploi. Entrée en vigueur au début de l'année, elle pourrait obliger un chômeur à accepter un emploi représentant jusqu'à 70% de son ancien salaire, à 100 km de son lieu de résidence, lié à son domaine ou non. «Il s'agit d'un des principaux défis auxquels devra faire face la région, estime l'économiste Alexandre Gauthier-Belzile, d'Emploi-Québec. Près de 50% des prestataires de l'assurance-emploi dans le Bas-Saint-Laurent sont des travailleurs saisonniers», expose-t-il.
Chiffres-clés
22 185 km2
Superficie
200 462 habitants
Population (2011)
9 habitants/km2
Densité de population
57,4%
Taux d'emploi (décembre 2012)
6,8%
Taux de chômage (décembre 2012)
22 345$
Revenu disponible par habitant (2011)
6,3 milliards
PIB aux prix de base (2011)
1,5 milliard
Dépenses en immobilisation (2012)
Source: Institut de la statistique du Québec
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