Un hôtel tout neuf à Umiujaq, au Nunavik

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Portrait 2012: Nord-du-Québec

Portrait 2012: Nord-du-Québec

On ne peut parler du Nord-du-Québec sans penser au Plan Nord. Cependant, les futures activités se situeraient essentiellement au-dessus du 49e parallèle. "Il y a eu quelques annonces, dont le prolongement de la route 167 vers les monts Otish, souligne Cyrille Djoman. Mais le pic d'emplois n'est pas encore atteint." Les chiffres dévoilés par le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie des mines dans l'étude Estimations des besoins de main-d'oeuvre du secteur minier au Québec 2010-2020 sont éloquents: le Nord-du-Québec devrait attirer 2486 nouveaux emplois d'ici 5 ans (5589 pour l'ensemble des régions touchées par le Plan Nord, Abitibi-Témiscaminque, Côte-Nord, Nord-du-Québec et reste du Québec) et 7453 d'ici 10 ans (12 812 pour l'ensemble du territoire). Au cours des prochaines années, 44% des besoins de main-d'oeuvre seront destinés au Nord-du-Québec et 58% sur les 10 prochaines années. »

L'hôtel de la coopérative d'Umiujaq au Nunavik compte... (Photo fournie par l'hôtel de la coopérative d'Umiujaq)

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Photo fournie par l'hôtel de la coopérative d'Umiujaq

L'hôtel de la coopérative d'Umiujaq au Nunavik compte 16 chambres.

Dans le cadre de la stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle, les gouvernements du Canada et du Québec viennent d'investir 750 000$ dans l'hôtel de la coopérative d'Umiujaq, au Nunavik. Le nouvel établissement, qui a entraîné des investissements de 2 695 000$, accueille d'ores et déjà les voyageurs dans ses 16 chambres.

«Umiujaq, petite communauté de 370 habitants située tout près de la baie d'Hudson, avait déjà un hôtel de huit chambres, explique François Day, de la Fédération des coopératives du Nord-du-Québec. Mais il n'était pas aux normes de l'industrie. Le nouvel hôtel compte plus de chambres et plus de commodités, soit des salles de bains privées dans chaque chambre et l'accès à l'internet haute vitesse. La construction de l'établissement a permis la création d'emplois et favorise des séjours plus longs dans la région. Il accueille surtout une clientèle d'affaires.» L'agrandissement de l'hôtel de la coopérative d'Umiujaq permet aux clients de rester plus longtemps dans la région, engendrant par le fait même des retombées économiques dans la communauté.

Plan Nord

L'agrandissement de l'hôtel arrive à point nommé, avec les activités qui vont se développer grâce au Plan Nord, mais aussi avec le projet de création du parc national Tursujuq. Ce parc, qui comprendrait la réserve de parc national des Lacs-Guillaume-Delisle-et-à-l'Eau-Claire, pourrait couvrir 15 549 km2 sur la côte est de la baie d'Hudson, aurait un potentiel touristique intéressant. «Nous sentons une volonté du gouvernement du Québec de mettre en valeur le secteur touristique, précise François Day. Des chiffres circulent, il n'y a aucun projet concret, mais si cela se matérialise, ça va être très intéressant pour la région d'Umiujaq, qui s'avère un relais touristique intéressant, mais méconnu sur le plan national et international.» Le principal obstacle à ce développement touristique réside dans les coûts de transport pour se rendre au Nunavik. Comme aucune route ne mène directement à Umiujaq, ce n'est pas demain qu'on verra y arriver des autocars de touristes français en mal de grands territoires nordiques.

Le nouvel hôtel offre des chambres plus spacieuses, plus confortables, comprenant du tapis, des téléviseurs, mais aussi l'accès à une cuisine commune. Les visiteurs peuvent préparer leurs repas avec les produits qu'ils apportent ou qu'ils achètent sur place, car il n'y a pas de restaurant à Umiujaq: «Faire venir de la nourriture est très coûteux, note François Day. Sans compter le coût des assurances pour le restaurant et le transport!»

Le modèle coopératif

L'hôtel d'Umiujaq est géré par l'Association coopérative d'Umiujaq, qui existe depuis 1985, elle-même membre de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Fondée en 1967, cette dernière appartient à un groupement de 14 coopératives membres des communautés inuites situées le long des côtes de la baie d'Hudson et de l'Ungava au Nunavik. Chaque coopérative propose des activités de développement économique, telles que des magasins de vente au détail permettant d'offrir une grande sélection de marchandise à des prix concurrentiels, des services bancaires, postaux, de câblodistribution et d'accès internet. Les coops se chargent également de formation de personnel et de services de vérification, de gestion d'hôtels, d'une agence de voyages et de plusieurs camps de chasse et de pêche ou encore de projets de construction pour des logements, des écoles, etc.

Les coopératives sont gérées exclusivement par le personnel inuit et cri, assurant ainsi le maintien de l'expérience acquise dans la communauté. Le commerce géré par le mouvement coopératif du Nunavik a grandi chaque année de 1,1 million en 1967 à 143 millions de dollars en 2004. «Des 14 coopératives que regroupe la Fédération, 13 ont un hôtel, note François Day. L'avantage du modèle coopératif est que les surplus générés reviennent aux membres et donc à la communauté.»

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