Marmen lorgne un gros contrat militaire

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Portrait 2012: Mauricie

Portrait 2012: Mauricie

Selon les perspectives d'emploi en Mauricie, 26 600 emplois seront à pourvoir dans la région d'ici à la fin de l'année 2015. »

Si Marmen décroche le contrat des Timberwolf, l'entreprise... (Photo Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Photo Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Si Marmen décroche le contrat des Timberwolf, l'entreprise de Trois-Rivières devra embaucher de 50 à 100 travailleurs de plus, souligne Patrick Pellerin, président et chef de la direction.

Guy Paquin, collaboration spéciale
La Presse

Marmen, un fabricant de Trois-Rivières qui emploie 850 personnes, lorgne un important contrat.

C'est une intéressante possibilité, même si elle n'est pas certaine. Il s'agit de Timberwolf, en français le loup gris ou loup des bois.

L'armée canadienne a annoncé son intention de renouveler son parc de véhicules de patrouille et la compétition est ouverte. Textron propose sa solution et la société américaine Force Protection la sienne, le Timberwolf, véhicule blindé militaire pour la patrouille.

Force Protection s'est alliée avec CAE pour l'électronique, Elbit Systems pour l'armement, Lockheed Martin pour une suite de logiciels de surveillance et de reconnaissance. Marmen aurait pour mandat d'assembler la coque blindée du véhicule.

« La soumission est déposée depuis l'automne 2011 et nous attendons une décision vers l'été ou l'automne de cette année, souligne Patrick Pellerin, président et chef de la direction de Marmen. Si nous avions le contrat, nous devrions embaucher de 50 à 100 travailleurs de plus. »

Mais le dirigeant voit dans le projet Timberwolf davantage qu'un moyen de garnir sa tirelire jusqu'en 2015.

« Au-delà des retombées à moyen terme, dit-il, nous aurions là l'occasion rêvée d'ouvrir deux nouveaux marchés internationaux : celui de la fabrication de véhicules et pièces de véhicules et, évidemment, le marché militaire. Deux nouvelles portes qui s'ouvriraient. »

Boom minier et énergétique

Quoi qu'il arrive, Patrick Pellerin, qui achevait d'astiquer sa boule de cristal quand nous lui avons parlé, entrevoit une très bonne année 2012.

Le secteur des ressources devrait contribuer grandement aux résultats financiers de l'entreprise cette année. « En tout premier lieu, le boom minier québécois va certainement nous sourire. Nous sommes engagés avec les minières de la Côte-Nord depuis le fondement de Marmen, en 1972», précise M. Pellerin.

Le répertoire de ces alliés est le bottin mondain de l'exploitation du minerai de fer : Arcelor Mittal, les Mines Wabush, Iron Ore, etc.

On se rappellera que l'investissement minier au Québec est passé de 2 milliards de dollars en 2009 à près de 3 milliards en 2011. Plan Nord ou pas, on creuse, on extrait et on transforme.

L'extraction et la transformation du minerai requièrent de l'outillage gigantesque mais exigent un assemblage de haute précision, exactement la spécialité de Marmen. L'entreprise fabrique et assemble, soude et revêt de très grandes pièces et, bien sûr, de plus petites aussi.

Dans le domaine des ressources, il n'y a pas que le minier qui prospère. Le secteur de l'énergie aussi.

Ça tombe bien, Marmen fait dans la grosse turbine.

« Nous en faisons pour le secteur hydroélectrique, mais aussi pour le thermique » confirme le patron. Marmen produit aussi des éoliennes à Matane.

Et pour clore sur le chapitre des ressources énergétiques, ajoutons que l'entreprise trifluvienne travaille aussi dans la fabrication de plateformes de forage.

Attirer les jeunes

Au-delà de 2012, la boule de cristal de M. Pellerin est moins précise. Il y a trop d'impondérables. « Il y a la zone euro qui vasouille et la reprise américaine qui traîne les pieds », dit-il.

Mais pour l'instant, comme le confirme Yves Marchand, directeur général d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières, « Marmen est en état d'embauche perpétuelle ».

Une tâche compliquée pour le patron de l'entreprise. « Il est évident que le secteur manufacturier attire moins les jeunes. Seulement 15 % des travailleurs y vont au Québec et à peine 9 % aux États-Unis. Il y a bien quelques écoles, mais nous devons fournir beaucoup de formation nous-mêmes. »

Problème, certes, mais à tout prendre, fort enviable.

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