Le volcan tranquille

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Portrait 2012: Laurentides

Portrait 2012: Laurentides

La région des Laurentides n'a pas connu de coup d'éclat au cours des dernières années. Qu'à cela ne tienne, ce vaste territoire, tel un volcan tranquille, continue à tirer son épingle du jeu. La création d'emplois et la croissance démographique s'y côtoient allègrement. Par contre, l'activité forestière continue à traîner la patte et le tourisme international a du plomb dans l'aile. État de la situation. »

St-Sauveur dans les Laurentides... (Photo François Roy, La Presse)

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Photo François Roy, La Presse

St-Sauveur dans les Laurentides

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse

La région des Laurentides n'a pas connu de coup d'éclat au cours des dernières années. Qu'à cela ne tienne, ce vaste territoire, tel un volcan tranquille, continue à tirer son épingle du jeu. La création d'emplois et la croissance démographique s'y côtoient allègrement. Par contre, l'activité forestière continue à traîner la patte et le tourisme international a du plomb dans l'aile. État de la situation.

Selon Robert Gareau, économiste au bureau régional des Laurentides d'Emploi-Québec, la région a connu une hausse de 1,6% au chapitre de l'emploi en 2011. Ce qui porte le nombre de travailleurs actifs à 287 400. La majorité de ces nouveaux emplois ont été créés dans le secteur tertiaire, dit-il. Cela s'explique principalement par le fait que la région connaît un boom démographique soutenu depuis deux décennies.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, la région est passée de 326 640 à 555 614 habitants entre 1986 et 2011, soit une hausse d'environ 42%. Pendant ce temps à Montréal, la population passait de 1,819 à 1,958 million de personnes, soit une hausse d'à peine 7%. «Après Lanaudière, la région des Laurentides est celle qui connaîtra la plus forte hausse démographique avec une croissance prévue de 34% entre 2006 et 2031», dit Robert Gareau.

La MRC Thérèse De Blainville, la plus riche et la populeuse des Laurentides, a connu une excellente année 2011. Les entreprises y ont investi près de 95 millions. À elle seule, l'entreprise agroalimentaire la Petite Bretonne a injecté près de 10 millions dans l'agrandissement de ses installations à Blainville. Quant au secteur de la construction, l'ensemble des villes de cette MRC de 155 000 personnes a émis des permis de construction résidentielle totalisant 184 millions. Ce qui est inférieur au record absolu de l'an dernier (276 millions!).

De l'avis de Roger Hotte, directeur général de la Conférence régionale des élus (CRÉ) des Laurentides, la région est «un Québec dans le Québec». «Notre activité économique n'est pas la plus exceptionnelle, mais elle est tellement diversifiée qu'elle n'est à peu près jamais fragilisée. On ne dépend pas d'un seul secteur. Quand GM a fermé son usine en 2002 à Boisbriand, ça a fait mal, mais ça n'a presque pas paru dans nos statistiques. Les gens se sont retrouvés du boulot», dit-il.

Statu quo

Le secteur manufacturier se porte donc bien, affirme Roger Hotte. Idem pour celui des services. Pas d'annonces majeures, outre la construction imminente d'autobus électriques par Novabus à Saint-Eustache. A contrario, pas de mises à pied massives dans les entreprises sur le territoire. Toutefois, le tourisme et l'industrie forestière sont les deux pôles d'activité qui ont le plus souffert à la suite de la crise financière et de la crise économique.

Dans la MRC Antoine-Labelle, la plus vaste MRC (mais aussi l'une des plus pauvres), l'industrie forestière a «mangé toute une claque», pour paraphraser Luc Lefebvre, agent économique au CLD local. Selon lui, avant 2008, l'industrie du bois représentait une activité économique d'environ 500 millions. Elle serait actuellement de 200 millions. Lentement, mais sûrement, des scieries, ayant fait faillite, mais rachetées depuis, ont recommencé leurs activités. C'est le cas de Forex à Ferme-Neuve, de même que le Groupe Crête à Saint-Faustin.

Quant au tourisme dans les Laurentides, il bat lui aussi de l'aile depuis quelques années. Cette industrie d'environ 900 millions qui fait travailler plus de 16 000 personnes a subi les contrecoups de la crise économique mondiale. Les Américains et les Britanniques ont en effet été moins nombreux à visiter les Laurentides depuis 2008. Impossible toutefois d'obtenir de chiffres sur les baisses de revenus et de fréquentations dans le secteur.

«Ce ne sont pas nos meilleures années, mais nous continuons nos campagnes de promotion à l'étranger. Les Laurentides, c'est une destination internationale quatre-saisons que les gens vont continuer à fréquenter», dit avec optimiste Diane Leblond, directrice générale de Tourisme Laurentides.

Laurentides

Superficie : 20 559 km2

Population: 555 614 personnes

Revenu disponible par habitant : 26 843$

Taux d'activité : 65,8% (février 2012)

Taux de chômage: 6,7% (février 2012)

Exportations de marchandises: 2,5 milliards (2007)

Nombre d'entreprises manufacturières : 1100

Solde migratoire 2010-2011: 4482 habitants

Source: Institut de la statistique du Québec

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