Les Écrans Verts s'attaque à l'Ontario

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Portrait 2012: Lanaudière

Portrait 2012: Lanaudière

Lanaudière est la championne de la croissance de la population et du taux d'activité au Québec. »

Francis Allard et Olivier Payette, des Écrans Verts,... (Photo fournie par les Écrans Verts)

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Photo fournie par les Écrans Verts

Francis Allard et Olivier Payette, des Écrans Verts, devant une de leurs réalisations «en formule sèche».

Martin Beauséjour, collaboration spéciale
La Presse

Après Montréal, l'entreprise spécialisée dans les murs antibruit et les clôtures végétales compte bien décrocher ses premiers contrats en Ontario.

«Il faut absolument développer de nouveaux marchés. Et en se fiant au nombre d'habitants, Toronto semble plus bruyant que Québec», explique Francis Allard, le président des Écrans Verts.

«Nous attaquerons la côte est des États-Unis probablement en 2013. Mais chaque chose en son temps», ajoute-t-il.

Les affaires vont rondement pour la jeune entreprise de Saint-Roch-de-l'Achigan. «Rien n'est encore officiel, mais la saison 2012 sera bonne. Les négociations vont bon train», avoue Francis Allard, aussi l'un des deux fondateurs de l'entreprise. L'autre, c'est Olivier Payette, aussi vice-président de la compagnie.

L'entreprise compte principalement parmi ses clients le ministère des Transports et des organismes municipaux pour ses murs antibruit, ainsi que des particuliers et des commerçants pour ses clôtures. Mais après deux ans d'existence, des clients inusités semblent vouloir s'ajouter.

«On a des appels de restaurateurs qui ont des ventilateurs bruyants sur les toits de leurs commerces et qui ont des plaintes pour le bruit de la part des résidants qui habitent tout autour. On a même des propriétaires de chenils qui veulent nous rencontrer pour discuter de nos produits. Finalement, on réalise que la pollution sonore est partout. Ça, c'est bon pour nous», souligne-t-il.

Le saule au lieu du béton

Les solutions des Écrans Verts sont essentiellement faites de saule, un arbre qui a l'avantage de pousser assez rapidement. Les produits sont offerts en formule sèche ou vivante.

«En formule vivante, les tiges de saule sont plantées dans le sol. Même sans racines, elles prendront vie assez rapidement. En quelques semaines, le mur sera couvert de feuilles. Il changera de couleur au fil des saisons: vert, rouge, gris, brun. Et le cycle recommence chaque année», explique Francis Allard.

«Sinon, les tiges sont séchées, tressées et assemblées en panneaux préfabriqués. On consacre l'hiver à la production de ces panneaux afin d'être prêts pour les installations qui se déroulent pendant l'été», souligne le jeune président. L'entreprise emploie une dizaine d'employés, répartie à la ferme et à l'usine. D'autres travailleurs saisonniers sont aussi engagés pour l'installation.

Des liens avec le Danemark

Le saule n'a aucun impact sur la réduction sonore. Pour les murs antibruit, l'arbre est associé à une laine de roche. C'est cette dernière qui sert d'élément acoustique protecteur. Contrairement au béton, elle absorbe le son plutôt que de le réfléchir. «On trouve aussi du béton absorbant sur le marché, mais c'est très dispendieux», dit-il.

Monsieur Allard nous assure que ces solutions sont aussi résistantes que le béton. «On parle d'une trentaine d'années minimum. Nous sommes allés en Scandinavie voir des installations construites il y a 20 ans et tout était encore impeccable», précise-t-il.

Les deux associés ont en effet acheté une franchise de la compagnie danoise Pilebyg. Cette dernière fabrique et commercialise ces produits depuis plus de 20 ans. «En 2006, j'ai transformé la ferme familiale pour la production de saule. On l'a cultivé longtemps pour faire des copeaux de bois. En apprenant l'existence de Pilebyg, on s'est rendu en Scandinavie pour les rencontrer; voir leurs produits et leurs réalisations. Et on a acheté en 2010 une franchise, en exclusivité, pour toute l'Amérique du Nord», explique l'entrepreneur.

En 2011, Les Écrans Verts a remporté le Grand Prix du 13e Concours québécois en entreprenariat. Le prix, accompagné d'une bourse de 20 000$, visait à souligner la synergie entre les deux associés et l'originalité de leur produit.

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