Investissements de 10 millions

Tafisa prend du coffre et recycle

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Portrait 2012: Estrie

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Ces cinq dernières années, l'Estrie a fait l'expérience - positive - des vases communicants en emploi. La haute technologie est en effet venue compenser les pertes du secteur secondaire. »

Louis Brassard, président-directeur général de Tafisa Canada.... (Photo La Tribune)

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Louis Brassard, président-directeur général de Tafisa Canada.

Mae Drolet-Giroux, collaboration spéciale
La Presse

Tafisa Canada investit 10 millions dans ses installations pour recycler l'équivalent d'environ 2 millions d'arbres annuellement.

«Nous avons obtenu un prêt de 1 million de Développement économique Canada, un prêt de 5 millions d'Investissement Québec et une subvention Recyc-Québec de 450 000$. Le reste des investissements a été financé à même notre bénéfice d'exploitation», détaille Louis Brassard, PDG de Tafisa Canada.

Filiale du groupe portugais Sonae Indústria, Tafisa est la plus grande usine de fabrication de panneaux de particules et de panneaux décoratifs mélaminés de l'Amérique du Nord.

«Ces investissements visaient à augmenter notre consommation de bois recyclé pour la fabrication de nos panneaux, dit M. Brassard. On en utilisait déjà depuis 2005, mais on a grosso modo doublé notre consommation de bois recyclé. Nos panneaux en sont désormais constitués à hauteur d'environ 35%.»

L'attribution des subventions provinciales a été annoncée en janvier. Les travaux ont toutefois été réalisés l'été dernier et les installations sont opérationnelles depuis quelques mois.

Nouvelle gamme

Tafisa compte lancer une nouvelle gamme de panneaux décoratifs au printemps. Les panneaux Alto seront offerts en 10 coloris.

«Nous avons créé un nouveau fini très texturé qui s'approche réellement du placage bois en matière d'aspect visuel, qui n'a pas l'aspect plastique qu'on pouvait associer à la mélamine anciennement», annonce Louis Brassard.

Les panneaux de particules et les panneaux décoratifs conçus par Tafisa servent à la fabrication de meubles résidentiels ou de bureau, de cabinets de cuisine et de salle de bains. Ils sont aussi destinés au secteur commercial.

Propriété originalement espagnole, Tafisa a été fondée en 1992. Le groupe Sonae Indústria a racheté l'usine en 1995. Des investisseurs locaux étaient alors partenaires ainsi qu'Investissement Québec. Sonae a racheté la totalité des parts de l'usine en 2004. Son chiffre d'affaires s'élève à 215 millions. Tafisa représente le plus important investissement portugais au Canada.

«Nous nous approvisionnons en résidus des scieries, soit de la sciure et des copeaux de bois. Ces investissements nous ont permis d'utiliser des résidus de bois de démolition. Ils sont traités, nettoyés et broyés. Nous éliminons tous les contaminants, les métaux ferreux et non ferreux, les plastiques, les papiers, etc. On en fait une matière première», explique Louis Brassard.

Les matériaux de démolition sont d'abord récupérés par des centres de recyclage qui en font le tri. Ils expédient à l'usine de Tafisa le bois qui, plutôt que d'être enfoui ou brûlé, sera introduit dans le procédé de fabrication.

Crise forestière

Ces investissements auront permis à l'usine de Lac-Mégantic de maintenir ses 325 travailleurs en emploi, selon M. Brassard.

«Du fait de la crise dans l'industrie forestière au Québec, qui travaille aujourd'hui à une fraction du niveau d'il y a cinq ou six ans, il a fallu diversifier nos sources d'approvisionnement, dit-il. Si nous n'avions pas fait ces travaux-là, on ne serait pas en mesure de fonctionner à plein rendement. Ça aurait eu des incidences sur l'emploi et sur notre capacité à servir notre clientèle.»

Un incendie majeur a toutefois gravement touché l'entreprise en 2006. Une ligne de production a été détruite. L'entreprise a dû réduire sa production au tiers de sa capacité.

«Nous avons eu l'appui de nos actionnaires afin de reconstruire l'usine. Nous étions réellement dans le pire moment de la crise financière. Depuis 2008, nous sommes en croissance constante et nous augmentons nos parts de marché. C'est un épisode qui nous a fait mal, mais ça ne nous a pas mis à terre. Oui, il a fallu faire des mises à pied, mais nous avons rappelé nos travailleurs avant la fin des travaux», assure M. Brassard.

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