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Les cracks de la robotique

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Portrait 2012: Chaudière-Appalaches

Portrait 2012: Chaudière-Appalaches

L'emploi se porte très bien dans la région de Chaudière-Appalaches et plusieurs secteurs de l'économie sont en essor. »

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse

Jean-Philippe Jobin, Samuel Bouchard et Vincent Duchaine, trois cracks de la robotique, auraient pu facilement se trouver du boulot n'importe où sur la planète, mais ils ont préféré demeurer au Québec pour y fonder leur entreprise, à Saint-Nicolas. Depuis 2009, ils dirigent Robotiq, une PME spécialisée dans les mains robotisées.

Les trois partenaires d'affaires, dont deux sont docteurs en robotique, commercialisent un seul produit pour le moment, une main robotisée comptant trois doigts, la «Main Robotiq» ou, en anglais, «Adaptive Gripper». Elle coûte quelques milliers de dollars et s'adresse au secteur industriel. La PME de 12 employés en a vendu des exemplaires au Canada, aux États-Unis et même au Japon.

«Dans le secteur des mains robotisées, il y a les modèles de base qui n'ont pas beaucoup évolué depuis les années 70 et qui se vendent moins de 1000$. Il y a les modèles très complexes qui fonctionnent avec 10 ou 20 moteurs à 100 000 ou 200 000$. Nous nous situons entre les deux. La force de notre produit: il s'adapte facilement à la forme des pièces qu'il manipule», explique Jean-Philippe Jobin, ingénieur mécanique et titulaire d'une maîtrise en robotique.

La main à trois doigts est issue de recherches universitaires. Elle devait se retrouver sur le bras canadien et avait fait l'objet d'analyses par la NASA et l'Agence spatiale canadienne, mais elle a été mise en veilleuse. Les trois anciens collègues du Laboratoire de robotique de l'Université Laval l'ont relancée et créé une entreprise. Ils ont profité d'une aide de 5000$ du CLD de Lévis pour rédiger une étude de marché.

Celle-ci terminée, Robotiq s'est attelée à son tout premier montage financier. Objectif: 500 000$ pour un projet de recherche et développement. Elle a eu droit notamment à un prêt sans intérêt de 100 000$ de Développement économique Canada (DEC), de même qu'à une aide financière de l'Université Laval. Cela a permis à la PME de faire passer sa main robotisée du stade de prototype à celui de produit commercialisable.

Quelques montages financiers plus tard, Robotiq était pleinement opérationnelle. L'an dernier, elle a reçu une bourse de 50 000$ d'un organisme fédéral. M. Jobin tient à préciser que l'argent ne tombe jamais du ciel, même dans le secteur des hautes technologies. «Pour recevoir cette bourse, il a fallu investir 50 000$ de notre poche dans un programme de R-D», dit-il.

Robotiq planche sur une nouvelle main robotisée à deux doigts pour des applications nécessitant plus de rapidité. Mais avant de conquérir la planète, la PME se concentrera sur le marché nord-américain.

«On a réussi à vendre notre première main à l'étranger parce que ce sont des clients qui en ont fait la demande. On ne pouvait refuser cela. Mais faire de la prospection à l'étranger coûte très cher. Nous allons y aller une étape à la fois. On veut éviter de se brûler en investissant aux mauvais endroits», conclut Jean-Philippe Jobin.

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