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Tout baigne dans l'huile à patates

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Portrait 2012: Chaudière-Appalaches

Portrait 2012: Chaudière-Appalaches

L'emploi se porte très bien dans la région de Chaudière-Appalaches et plusieurs secteurs de l'économie sont en essor. »

David Lemieux, président d'Innoltek, et son associé, Alain... (Photo fournie par Innoltek)

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Photo fournie par Innoltek

David Lemieux, président d'Innoltek, et son associé, Alain Tremblay, vice-président aux affaires techniques de la société.

Nathalie Côté, collaboration spéciale
La Presse

Contribuer à faire rouler des véhicules avec un peu «d'huile à patates», voilà le prochain défi que relèvera Innoltek, une jeune entreprise de Thetford-Mines qui voit grand!

Sa nouvelle usine de biodiesel, un investissement de 1 million de dollars, commencera sa production vers la fin du mois de mai. Trois employés seront embauchés, pour un total de sept. Innoltek s'est associée à une entreprise qui fait la collecte d'huiles usées pour fabriquer du biodiesel. Avec deux à trois millions de litres par an, l'entreprise sera un fournisseur plutôt modeste pour les pétrolières qui ajoutent 2% de biodiesel au diesel pétrolier.

Mais son président, David Lemieux, est ambitieux. «On est seulement au début», assure l'ingénieur.

Le biodiesel viendra s'ajouter à la gamme de produits écolos déjà offerts par l'entreprise.

L'aventure a débuté avec une huile biodégradable pour aider au décoffrage des ouvrages de béton, un peu comme l'antiadhésif qu'on vaporise dans nos moules à gâteau. «D'autres huiles biodégradables existaient, mais aucune n'était résistante au froid, ce qui est le cas de la nôtre», explique M. Lemieux.

La fibre entrepreneuriale

Le produit a été initialement mis au point par Oleotek, centre collégial de transfert de technologie en oléochimie industrielle (la chimie des huiles et des graisses) où travaillaient M. Lemieux et son associé Alain Tremblay, chimiste.

Ils ont acquis une licence afin de commercialiser le produit et ont fondé l'entreprise en 2010.

«En Beauce, nous avons la fibre entrepreneuriale. Cet esprit-là a toujours été mis de l'avant dans les entreprises où j'ai travaillé. Quand j'ai vu cette occasion, j'ai sorti mon crayon et ma calculatrice et nous nous sommes lancés «, raconte-t-il.

Par la suite, d'autres produits, créés avec Oleotek, ont été lancés, dont un solvant biodégradable pour le nettoyage des résidus d'asphalte, de goudron et de bitume.

Le plus grand défi de l'entreprise demeure de convaincre la clientèle de payer de 5% à 10% plus cher pour des produits biodégradables.

«Tout le monde veut être vert, mais dans la pratique, les entreprises ne sont pas prêtes à payer, constate M. Lemieux. C'est rare que l'utilisation de produits biodégradables soit obligatoire ici, contrairement à l'Europe, par exemple.»

Important coup de pouce

Dans leur aventure, les deux entrepreneurs ont obtenu un bon coup de pouce du milieu, notamment de la Technopole de la région de Thetford-Mines, un organisme devenu inactif depuis faute de financement.

«Au départ, nous avons mené pour eux une étude de marché préliminaire. Nous leur avons aussi fourni des locaux dans la technopole. Comme nous partagions déjà nos locaux avec Oleotek, ça leur permettait d'évoluer dans un environnement de recherche et de disposer d'équipements scientifiques», signale Geneviève Bolduc, qui était présidente-directrice générale de l'organisation.

Le projet avait soulevé l'enthousiasme, car il cadrait totalement avec la volonté d'acteurs régionaux ayant choisi de miser sur l'oléochimie pour diversifier l'économie de la région, touchée par le déclin de l'industrie de l'amiante.

«Le comité de diversification économique nous a donné un bon coup de pouce pour le mentorat. Nous avons eu beaucoup de conseils», indique M. Lemieux.

Grâce à un fonds de Desjardins destiné à l'oléochimie, Innoltek a aussi bénéficié d'une aide financière de 10 000$ pour son démarrage et de 50 000$ pour la construction de son usine de biodiesel.

L'an dernier, Innoltek a remporté la finale régionale du Concours québécois en entrepreneuriat dans la catégorie «création d'entreprise - innovations technologique et technique». Et elle n'a pas fini d'innover.

«Nous avons d'autres produits dans nos éprouvettes qui vont sortir au cours de l'été», assure M. Lemieux.

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