18 100 postes à combler d'ici trois ans

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Portrait 2012: Bas-Saint-Laurent

Portrait 2012: Bas-Saint-Laurent

Avec les crises économique et forestière, le Bas-Saint-Laurent a connu des moments difficiles et la reprise est encore lente. Mais l'avenir s'annonce plus positif pour la région, alors que les départs à la retraite et la croissance, notamment dans le secteur des services, créeront 18 100 emplois d'ici à 2015. »

Avec les crises économique et forestière, le Bas-Saint-Laurent a connu des... (Illustration Daniel Riopel, La Presse)

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Illustration Daniel Riopel, La Presse

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    Iris Gagnon-Paradis, collaboration spéciale

Avec les crises économique et forestière, le Bas-Saint-Laurent a connu des moments difficiles et la reprise est encore lente. Mais l'avenir s'annonce plus positif pour la région, alors que les départs à la retraite et la croissance, notamment dans le secteur des services, créeront 18 100 emplois d'ici à 2015.

Avec sa superficie de plus de 20 000 km2, ses huit MRC et 115 villes et municipalités, le Bas-Saint-Laurent est une région vaste et clivée. D'un côté, les villes situées le long du littoral (La Pocatière, Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane), plus populeuses, s'en tirent mieux avec leur économie plus diversifiée, axée sur les services.

De l'autre, les MRC du haut pays, comme la vallée de la Matapédia, plus rurales et moins peuplées, ont une économie traditionnellement axée sur l'exploitation des ressources naturelles. Elles connaissent de plus grandes difficultés en raison de la crise forestière qui continue de se faire sentir.

Au total, l'an dernier, le Bas-Saint-Laurent a connu une croissance de 1% du nombre d'emplois, avec 800 emplois créés, pour un total de 90 200. Le taux de chômage, lui, a été en moyenne de 8%, et a connu beaucoup de variations en raison du travail saisonnier, qui représente environ 10% des emplois.

Attirer les jeunes

Les années à venir s'annoncent bien pour la région, alors qu'Emploi-Québec prévoit que 18 100 postes seront à pourvoir d'ici à 2015 dans divers secteurs de l'économie.

Parmi eux, 2100 seront de nouveaux emplois, alors que 16 000 seront ouverts par les départs à la retraite. «C'est un taux de roulement de la main-d'oeuvre de 20%», constate Marie-Claude Jean, économiste régionale pour Emploi-Québec.

Le départ des baby-boomers est déjà une réalité dans le Bas-Saint-Laurent, où la moyenne d'âge est plus élevée que la moyenne québécoise (45,8 contre 41,1). Pour combler ces postes, la région multiplie les efforts pour retenir les jeunes, en misant sur la qualité de vie et la qualité des emplois offerts.

«On entend encore dire qu'il n'y a pas d'emplois intéressants dans le Bas-Saint-Laurent, mais c'est faux!», affirme Gérald Beaudry, directeur général de la CRE de la région. En effet, selon Emploi-Québec, 32% des emplois disponibles demanderont une formation collégiale ou universitaire.

À tout le moins, la population semble sur la voie de la stabilisation, avec un solde migratoire négatif d'une centaine de personnes en 2010. «Le solde est toujours négatif, mais il est beaucoup moins important qu'avant. En 2005-2006, il était de -500 personnes», constate Mme Jean.

Une inconnue se dessine, par contre, au tableau: le Plan Nord. «On ignore encore si l'impact sera positif ou négatif, explique M. Beaudry. Il pourrait y avoir des occasions pour les entreprises d'ici d'obtenir des contrats. Mais on craint aussi des transferts d'employés, qui iront travailler dans le Nord, attirés par les salaires élevés. Comme on sait que le recrutement sera un défi important au Québec, il faudra être imaginatif dans nos façons de faire.»

Des secteurs en croissance

À l'image du reste de la province, le secteur des services est en croissance au Bas-Saint-Laurent et 70% des emplois y sont liés. Le vieillissement de la population augmentera grandement les besoins de main-d'oeuvre en santé et services sociaux. Autrement, le commerce de détail, l'hébergement, la restauration et le tourisme sont aussi en croissance, notamment l'écotourisme, sur lequel veut miser la région.

La création du Parc national du Lac-Témiscouata, dont l'ouverture est prévue au printemps 2013, est un exemple du virage écotouristique pris par le Bas-Saint-Laurent: «Cet investissement de 30 millions dotera la région d'un deuxième parc national, après celui du Bic», précise M. Beaudry.

Le Bas-Saint-Laurent ne se conçoit pas sans le fleuve, précieux allié de la région. À cet égard, le secteur maritime (construction et transport), la biotechnologie marine et l'industrie de la tourbe offrent tous des occasions d'emplois.

Le développement durable est aussi en pleine expansion, qu'on pense à l'écoconstruction, la biomasse forestière dans la Matapédia, le projet d'usine de biométhane à Rivière-du-Loup ou l'ouverture à Matane en septembre dernier d'Enercon, une usine de fabrication d'éoliennes.

BAS SAINT-LAURENT

Superficie: 22 185 km2, dont 6,1% d'aires protégées

Population: 201 268 habitants (2010), soit 2,55% de la population du Québec

Densité de la population: 9,1 habitants/km2

Solde migratoire: -162 habitants (2009-2010)

Âge médian: 45,8 ans (2009) 41,1 pour l'ensemble du Québec

Taux d'emploi: 53,5% (décembre 2011)

Taux de chômage: 7,7% (décembre 2011)

Revenu disponible par habitant: 23 044$ (2010)

PIB aux prix de base: 6113,7 millions$ (2010)

Nombre d'établissements manufacturiers: 373 (2009)

Exportations de marchandises: 856,5 millions$ (2007)

Sources: Emploi-Québec, Institut de la statistique du Québec

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