AIRES PROTÉGÉES

De la «poudre aux yeux», estiment les écologistes

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La chambre de commerce du Montréal métropolitain a récemment rendu publics les résultats de son étude sur l'importance du secteur des ressources naturelles pour la région. Michel Leblanc, président et chef de la direction de la chambre, reprendra les grandes lignes de cette étude au cours d'une présentation au Salon Plan Nord, pendant le Forum sur les ressources naturelles, vendredi. »

La mise en réserve des territoires - la nouvelle forme de préservation proposée... (Illustration Daniel Riopel La Presse)

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Illustration Daniel Riopel La Presse

(Montréal) La mise en réserve des territoires - la nouvelle forme de préservation proposée par le gouvernement du Québec - se distingue, par définition, des aires protégées.

D'ici 2015, le gouvernement s'engage à créer des aires protégées sur 12% du territoire du Plan Nord. Au total, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs vise à soustraire aux activités commerciales 50% du territoire du Plan Nord, soit 600 000 km2.

«Pour nous, c'est un peu de la poudre aux yeux. L'engagement de conservation réel est de l'ordre de 12% alors qu'il y a déjà près de 10% du territoire qui est protégé. Ça nous semble être un objectif peu ambitieux», affirme Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

La dernière séance d'information et de consultation publique sur la proposition de protection du territoire du Plan Nord se tiendra aujourd'hui, à Matagami. La période de consultation a été prolongée jusqu'au 11 novembre.

Tout citoyen ou organisme peut encore y participer en répondant à un questionnaire en ligne ou en transmettant un mémoire.

Objectif de Nagoya

«Il faut absolument augmenter l'objectif de vraies aires protégées à 20% d'ici 2020 pour atteindre l'objectif de Nagoya pour l'ensemble du territoire du Québec», recommande Christian Simard.

L'objectif international de conservation du milieu terrestre adopté en octobre 2010 à Nagoya par les 193 pays Parties à la Convention sur la diversité biologique est de 17%.

Dans le cas des aires protégées, les activités industrielles se définissent comme les activités de développement et les projets de nature minière, énergétique ou forestière, au sens de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Selon Christian Simard, les 38% de réserves de terres de capital nature à atteindre d'ici 2035 n'empêcheront pas véritablement les activités industrielles.

«Par exemple, explique-t-il, dans les futures réserves, on pourra faire de la foresterie industrielle et de l'exploration minière. Si on trouve du diamant ou encore de l'or, on pourra déplacer les frontières des réserves».

En effet, le gouvernement propose une définition d'activité commerciale distincte pour les territoires qui seraient mis en réserve. En ce qui concerne l'industrie minière, dans le document de consultation présenté par le MDEP, on peut y lire: «Ne seraient pas considérées comme des activités industrielles les activités d'exploration minière lorsqu'elles constituent des activités d'acquisition de connaissances et celles dont l'intensité n'entraîne pas d'impacts significatifs sur la biodiversité.»

Inventaire du territoire

Pour atteindre ses objectifs d'ici 2035, le gouvernement devra préciser quelle est la délimitation géographique du territoire qui sera soustraite aux activités industrielles.

«Le document de consultation ne précise pas quelle est la méthodologie qui sera préconisée pour la réalisation de cet inventaire ni quels seront les critères retenus aux fins de déterminer la valeur écologique et, en particulier, la portion du territoire qui sera protégée», souligne Hélène Lauzon, présidente du Conseil patronal de l'environnement du Québec (CPEQ), dans un mémoire présenté au Ministère que La Presse a obtenue.

Le CPEQ estime que les coûts pour la réalisation d'un tel inventaire s'élèveraient approximativement à 1,2 milliard.

«Le gouvernement du Québec peut-il vraiment engager les fonds publics pour de tels coûts alors que ce type d'étude est normalement réalisé par les entreprises qui veulent développer des projets?», s'interroge-t-on dans le mémoire du CPEQ.

Projet de loi en 2012

Le Ministère assure que tous les commentaires recueillis au cours des séances de consultation ainsi que tous les mémoires reçus seront colligés dans un rapport synthèse qui sera également rendu public et qui servira à présenter une proposition finale.

Toujours selon le Ministère, un projet de loi sera proposé en 2012 et une stratégie de mise en oeuvre qui tiendra compte des principales préoccupations citoyennes sera mise en place.

OBJECTIFS DE PROTECTION DU TERRITOIRE

2015: 12% d'aires protégées

2020: 5% du territoire mis en réserve

2035: 50% du territoire consacré à des fins autres qu'industrielles

Aire protégée: territoire terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l'encadrement juridique et l'administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles associées (Loi sur la conservation du patrimoine naturel).

Territoires mis en réserve: territoires qui, sans avoir un statut d'aires protégées, sont soustraits aux activités industrielles et mis à la disposition des populations concernées à des fins de protection et de mise en valeur de la biodiversité ou pour la réalisation de multiples développements exempts d'activités industrielles.

Le document de consultation et les modalités de participation sont disponibles à l'adresse www.protegerlenord.mddep.gouv.qc.ca

Source: ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs

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