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La chambre de commerce du Montréal métropolitain a récemment rendu publics les résultats de son étude sur l'importance du secteur des ressources naturelles pour la région. Michel Leblanc, président et chef de la direction de la chambre, reprendra les grandes lignes de cette étude au cours d'une présentation au Salon Plan Nord, pendant le Forum sur les ressources naturelles, vendredi. »

Après avoir donné une idée aux Québécois de ce que serait le Plan Nord en 2008,... (Illustration Daniel Riopel La Presse)

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Illustration Daniel Riopel La Presse

(Montréal) Après avoir donné une idée aux Québécois de ce que serait le Plan Nord en 2008, Jean Charest l'a présenté officiellement en mai dernier. Un mois plus tard, le gouvernement déposait le projet de loi 27 sur la Société du Plan Nord. Le point sur le plus grand projet de développement du Québec.

On parle, on argumente et on évalue le Plan Nord depuis trois ans, mais où en sommes-nous aujourd'hui?

«Dans quelques semaines, nous serons en commission parlementaire pour discuter du projet de loi 27. Nous espérons l'adopter d'ici la fin de la session pour une mise en place en décembre ou en janvier», affirme Clément Gignac, ministre responsable du Plan Nord, en entrevue à La Presse.

La Société du Plan Nord, qui verra le jour, deviendra une forme de guichet unique pour les entreprises qui souhaitent brasser des affaires dans le Nord.

«Nous avons mis en place un comité interministériel qui favorise la coordination des projets en attendant la Société du Plan Nord», affirme M. Gignac, qui est aussi ministre des Ressources naturelles et de la Faune.

Plusieurs projets miniers ont déjà été annoncés. Ils atteignent 8 milliards de dollars alors que le Plan Nord, qui s'étalera sur 25 ans, en prévoit un total de 33 milliards.

«Ça va bien, affirme le ministre. On sait que la demande est là avec la Chine et d'autres pays d'Asie.»

Le gouvernement du Québec a annoncé des investissements en infrastructures, notamment pour la construction de la route des monts Otish.

Au nord de Chibougamau, cette route sera construite avec la société Les Diamants Stornoway qui en bénéficiera pour accéder à son gisement Renard.

Plusieurs projets verront aussi le jour dans le domaine de l'électricité. «Avec le Plan Nord, Hydro-Québec veut rajouter 3000 mégawatts de puissance de plus en hydroélectricité, puis 500 en éolien. Sur 25 ans, ce sont 47 milliards qui seront investis dans des projets en électricité», précise-t-il.

Selon lui, le secteur de la forêt profitera aussi du Plan Nord.

«Je travaille sur une stratégie pour l'industrie forestière pour valoriser davantage le bois. Je devrais la rendre publique à la fin du printemps», avance le ministre.

Michel K. Landry, associé délégué et leader, initiatives Plan Nord, pour Samson Bélair/Deloitte&Touche, ne croit pas que le Plan Nord bénéficiera aux secteurs traditionnels de l'industrie forestière comme le bois d'oeuvre et les pâtes et papiers.

«Je pense que de nouveaux types de projets seront favorisés, avec des produits à valeur ajoutée.»

Retombées

Le Plan Nord touche tout le territoire au nord du 49e parallèle. Il s'agit de 1,2 million de km2, soit 72% du territoire québécois. On y retrouve 120 000 habitants.

Quels sont les endroits les plus effervescents en ce moment?

«Le secteur minier amène beaucoup d'action dans le coin de Schefferville, de Fermont, dans le nord de l'Abitibi, mais aussi au Nunavik», précise M. Landry.

«Il y a aussi beaucoup d'effervescence à Sept-Îles, Port-Cartier, Baie-Comeau et Havre-St-Pierre», affirme Clément Gignac.

Le Plan Nord créera, évidemment, des emplois. Et c'est déjà commencé.

«Le taux de chômage était de près de 10% sur la Côte-Nord en 2008. Il est de 6,5% en ce moment», précise le ministre.

Les travailleurs du secteur des mines sont très bien rémunérés. «Le salaire annuel moyen dans le secteur est de 70 000$, affirme M. Gignac. On évalue aussi qu'un emploi dans le Nord en génère deux dans le Sud. Ces gens-là font tourner l'économie et payent de l'impôt, donc cela profite à tous les Québécois.»

Redevances

Les redevances minières, souvent critiquées pour être trop favorables aux sociétés d'exploration, sont aussi à la hausse.

«Elles ont été de 304 millions l'an passé. C'est nettement plus que prévu. C'est l'équivalent de ce qu'on a eu pendant les 10 années précédentes réunies», affirme M. Gignac.

Le gouvernement a aussi la volonté de faire bénéficier les communautés locales du Plan Nord. Notamment grâce au Fonds du Plan Nord qui sera alimenté par les revenus fiscaux des nouveaux projets sur le territoire.

«Ce fonds servira à financer des infrastructures et des mesures sociales. On peut enfin espérer que les populations autochtones verront leurs conditions de vie s'améliorer pour se rapprocher de ce qu'on a dans le sud», affirme Jean Masson, associé chez Fasken Martineau spécialisé dans les enjeux du Plan Nord.

Diversification économique

Il ajoute que plusieurs entreprises n'hésitent pas non plus à former et à faire travailler la population locale.

Le gouvernement du Québec a aussi dit qu'il favoriserait le développement du tourisme et de l'industrie bioalimentaire avec le Plan Nord.

«On veut éviter de refaire les erreurs du passé où des villes étaient complètement dépendantes des projets miniers, affirme M. Landry. Ainsi, lorsque les mines fermeront, les communautés ne se retrouveront pas devant rien.»

DES DATES À RETENIR

> 28 septembre 2008: Jean Charest fait la première présentation de son Plan Nord.

> 13 octobre 2009: Nathalie Normandeau, alors ministre responsable du Plan Nord, affirme que ce n'est pas vraiment un «plan», mais une «démarche».

> 9 mai 2011: Jean Charest présente concrètement le Plan Nord, un projet de 80 milliards sur 25 ans. On annonce aussi que 50% du territoire sera consacré à des fins autres qu'industrielles, à la protection de l'environnement et à la sauvegarde de la biodiversité.

> 27 mai 2011: Signature d'un accord-cadre entre le gouvernement du Québec et la nation crie concernant la gouvernance de la Baie-James/Eeyou Istchee.

> 8 juin 2011: On présente le projet de loi 27 sur la Société du Plan Nord. Le projet de loi 10 édictant la loi instituant le Fonds du Plan Nord est adopté.

> 12 juin 2011: Conclusion d'un programme d'entente avec le Conseil des Innus de Pessamit pour établir le cadre général d'un processus spécial de négociation.

> 11 octobre 2011: Jean Charest annonce qu'il n'a pas exclu que de l'exploitation forestière puisse se faire dans la partie du 50% du territoire du Plan Nord qui sera consacrée à des activités de développement non industriel.

> Novembre 2011: La commission parlementaire sur le projet de loi 27 sur la Société du Plan Nord doit démarrer.

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