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Gaz non conventionnel
Un essor inespéré

Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse
«Aux États-Unis, ils ont cinq ou six sites de production de gaz de schistes, explique André Caillé, administrateur de société et président de l'Association pétrolière et gazière du Québec. Cela leur permet d'avoir une production de gaz à laquelle ils n'avaient même pas songé il y a 15 ans, tant et si bien qu'aujourd'hui même, plus de la moitié du gaz consommé aux États-Unis est produite avec des gaz de schiste. Le président Obama appelle cela une révolution énergétique.»
Le vif essor du gaz non conventionnel observé en particulier au cours des trois dernières années a transformé les perspectives du marché gazier en Amérique du Nord, selon l'Agence internationale de l'énergie.
D'ici 2030, la part du gaz non conventionnel dans la production gazière totale des États-Unis passera de plus de 50% en 2008 à près de 60% en 2030, toujours selon l'AIE.
«Cela laisse entrevoir un remplacement du charbon par le gaz naturel dans les usines à cycle combiné, pour la production d'électricité, dit André Caillé. Cela pourrait réduire les GES de moitié, production pour production. De plus, à partir du moment où il faudra payer pour les émissions de CO2, cela avantagera évidemment le gaz naturel.»
Au Canada, on retrouve du gaz non conventionnel au Québec, dans le sous-sol des basses terres du Saint-Laurent, et en Colombie-Britannique.
Réduire les GES
«Le ministre de l'Environnement du Canada demandait d'ailleurs récemment aux provinces qui produisent de l'électricité avec du charbon de ne pas prolonger la vie de ces usines, mais plutôt d'en construire qui fonctionneraient au gaz naturel, dit André Caillé. Ça vient d'un souci de réduire les GES au Canada.»
Pour l'instant, l'industrie des gaz de schiste est en phase initiale au Québec. «Présentement on investit autour de 100 millions par année. Pour que l'exploitation démarre vraiment ici, il faudrait que l'on investisse un milliard par année. Mon opinion est que cela va arriver en 2013.»
Le Québec retirerait des avantages économiques importants de l'exploitation de ses gaz non conventionnels, explique M. Caillé.
«Le premier, c'est qu'actuellement il y a deux milliards par année qui s'en vont ailleurs qu'au Québec, pour acheter du gaz à l'extérieur. Ce type d'exploitation est haute en coûts de main d'oeuvre et crée de l'emploi parce qu'il faut continuellement à forer et à fracturer la roche. Par exemple, quand on aura un milliard par années d'investissements, cela pourrait représenter 2500 emplois.»
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