Énergie décentralisée: penser autrement

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Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010

Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010

Amener l'énergie au monde. C'est le défi que se donnent les représentants de l'industrie, les dirigeants et les scientifiques réunis au Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010. »

Le pavillon de l'école de gestion John-Molson de... (Photo: fournie par l'Université Concordia)

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Photo: fournie par l'Université Concordia

Le pavillon de l'école de gestion John-Molson de l'Université Concordia.

Produire de l'énergie en grande quantité dans une lointaine centrale et l'acheminer sur des milliers de kilomètres vers le consommateur est la façon de faire habituelle. Mais un autre mode de production est possible: l'énergie décentralisée.

Produire l'énergie à petite échelle sur les lieux de sa consommation, c'est un principe que l'on aurait tout intérêt à envisager plus souvent, soutient Anouk Kendall, présidente de WADE Canada, branche canadienne de la World Alliance for Decentralized Energy. Cet organisme a pour mission de promouvoir la croissance de l'énergie décentralisée dans le monde.

«L'énergie décentralisée permet d'améliorer l'efficacité des systèmes de production, de diminuer les pertes d'électricité ou de chaleur dues au transport, d'augmenter l'efficacité énergétique des bâtiments, de réduire les émissions polluantes et de diminuer les coûts d'infrastructures», dit Anouk Kendall.

Installations solaires ou éoliennes de petite capacité, puits géothermiques communs, systèmes municipaux de transformation de la biomasse en gaz: toutes les technologies peuvent être utilisées dans l'énergie décentralisée. Les usines, campus universitaires, centres commerciaux et municipalités sont les plus susceptibles d'y avoir recours. L'idée n'est pas nouvelle: elle date du siècle dernier. Mais elle est sous-exploitée.

Un exemple montréalais

À Montréal, un système innovateur d'énergie solaire installé au pavillon de l'école de gestion John-Molson de l'Université Concordia est cité comme un exemple de projet d'énergie décentralisée réussi.

Conçu par le professeur Andreas Athienitis, le système est un prototype servant de projet de démonstration pour le Réseau de recherche sur les bâtiments solaires du CRSNG, un réseau d'universités canadiennes dont M. Athienitis est le directeur scientifique.

Cette installation solaire photovoltaïque-thermique, qui génère une puissance d'environ 25 kW en électricité et 75 kWc en chaleur, est unique en son genre, explique le professeur.

Elle est la première installation totalement intégrée recourant à une méthode d'admission d'air distribué à haut rendement pour prélever la chaleur des panneaux photovoltaïques.

La tendance actuelle pour la construction de bâtiments écoénergétiques et certifiés LEED comme le pavillon de Concordia favorise l'expansion de l'énergie décentralisée. Des politiques de tarifs de rachats garantis (Feed-In Tariffs) tels que celui récemment implanté par l'Ontario créent également un contexte propice à sa mise en valeur.

Un avenir prometteur

Pour l'instant, au Canada, seulement 12% de la production d'énergie provient de sources décentralisées. Le pays se classe ainsi loin derrière le Danemark, la Finlande ou les Pays-Bas, dont le recours à cette forme de production dépasse les 30%. Mais l'énergie décentralisée est promise à un bel avenir ici, selon Mme Kendall.

«Le Canada fait face à d'importants défis énergétiques, alors que la demande augmente et que les impacts de la production traditionnelle soulèvent des inquiétudes, ajoute-t-elle. Nous sommes grandement dépendants des énergies fossiles, et remplacer ou améliorer nos infrastructures actuelles coûtera très cher. Plus nous redécouvrons les avantages économiques et environnementaux que procure le fait de produire l'énergie plus près de son point d'utilisation, plus l'industrie de l'énergie décentralisée canadienne progresse.»

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