Quel sera le visage de l'énergie dans 25 ans?

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Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010

Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010

Amener l'énergie au monde. C'est le défi que se donnent les représentants de l'industrie, les dirigeants et les scientifiques réunis au Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010. »

PIERRE GADONNEIX

Président du Conseil mondial de l'énergie, président d'honneur, EDF

Économe et respectueux de l'environnement

«Le monde va continuer sa course au développement, les pays émergents poursuivre leur dynamique de rattrapage économique. Des millions d'individus pourront sortir enfin de la pauvreté. Cette croissance économique mondiale entraînera une forte demande en énergie, susceptible de provoquer des tensions sur l'offre et d'aggraver les menaces qui pèsent déjà sur notre environnement. Nous serons tous contraints d'adopter des comportements et systèmes économes en énergie et respectueux de l'environnement. Cela exigera une volonté politique forte, capable de créer, autravers de politiques publiques adaptées, les conditions de soutien aux innovations technologiques, institutionnelles et sociales nécessaires.»

NATHALIE NORMANDEAU

Vice-première ministre du Québec, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord

Innovation et développement durable

«Le rayonnement de l'expertise québécoise en matière d'énergies renouvelables fera de nous un acteur de premier plan dans la réduction des gaz à effet de serre (GES) à l'échelle planétaire. Le Québec sera plus indépendant sur le plan de l'énergie. Nous aurons gagné le pari de l'innovation et de l'efficacité énergétique en développant les énergies «vertes « dont l'hydroélectricité, la filière éolienne et les biocarburants. Nous bénéficierons d'un développement durable notamment grâce au potentiel énergétique du Nord québécois. Notre sécurité énergétique sera assurée par nos propres ressources dans le respect des plus hauts standards environnementaux et des populations locales.»

THIERRY VANDAL

Président directeur général d'Hydro-Québec

Des défis majeurs

«D'ici 25 ans, le secteur énergétique devra affronter deux défis majeurs : augmenter progressivement sa production pour répondre à la croissance économique mondiale, et renforcer davantage sa contribution à la lutte contre les changements climatiques. L'hydroélectricité fait partie de la solution. En plus d'être une énergie propre et renouvelable, l'hydroélectricité est une énergie fiable qui permet de soutenir le développement d'autres sources renouvelables telles que le vent en palliant la variabilité de leur production. L'usage de l'électricité s'étendra aussi à des secteurs de l'économie, comme le transport, qui dépendent pour l'instant des combustibles fossiles.»

HÉLÈNE PELOSSE

Directrice générale par intérim de l'International Renewable Energy Agency (IRENA)

Changer de paradigme

«Nos ressources se raréfient et nos besoins énergétiques augmentent. Pour faire face à ce défi, il faut changer de paradigme. Beaucoup de pays savent qu'ils n'ont pas de ressources possibles mais ignorent encore leur formidable potentiel d'énergie renouvelable. Les besoins de base en énergie peuvent être assurés en combinant les apports de la biomasse, de l'énergie hydraulique ou des océans, de la géothermie, du soleil ou du vent. Les renouvelables ne sont pas là seulement pour répondre aux pics de demande! Décentraliser l'énergie permettra aussi d'assurer l'indépendance énergétique. «

NORMAND MOUSSEAU

Professeur titulaire, Chaire de recherche du Canada en physique numérique des matériaux complexes, Université de Montréal

Pressions des consommateurs

«Avec le réchauffement climatique, les pressions pour l'utilisation d'énergie propre et renouvelable seront fortes. Mais il ne sera pas facile d'abandonner les combustibles fossiles, surtout avec les pressions démographiques: la population devrait atteindre 9 ou 10 milliards d'individus en 2035 et la compétition pour les ressources risque de placer l'économie mondiale en déséquilibre permanent. Le pic de production du pétrole étant atteint entre 2010 et 2015, les prix de l'énergie seront plus élevés qu'aujourd'hui. Le gaz naturel devrait jouer un rôle important et les procédés de captation de CO2, bien que coûteux, offriront un renouveau pour le charbon. Reste le transport: il n'est pas certain que l'on saura diminuer le nombre d'automobiles sur la planète, une condition sine qua non pour stabiliser la demande énergétique.»

GAËTAN LAFRANCE

Professeur honoraire, Institut national de recherche scientifique-Énergie, Matériaux et Télécommunications

Inflation et opposition

«Des délais de mise en production plus long, des coûts inflationnistes, une opposition grandissante envers les sables bitumineux, l'offshore profond, les gaz de schiste, voilà la réalité duXXIe siècle. Forcément, la demande pour le pétrole et le gaz va se contracter. D'un côté, l'impact sera réduit pour les pays qui auront planifié le virage. On peut citer les grandes puissances européennes et asiatiques. Mais pour d'autres, les lendemains de veille seront pénibles. Les États-Unis en particulier sont sur une trajectoire de collision. Sachant qu'un charismatique Obama n'a pas réussi à passer sa loi sur l'énergie et le climat, ce pays est condamné à être en rattrapage par rapport au reste du monde. «

KAREL MAYRAND

Directeur général de la Fondation David Suzuki au Québec

Course aux énergies propres

«Nous sommes à l'aube d'une révolution énergétique. Une course aux énergies propres est lancée entre la Chine, les États-Unis, et l'Europe. Les sources de combustibles fossiles conventionnelles déclinent et sont remplacées par de nouvelles sources plus coûteuses, dangereuses et polluantes (sables bitumineux, forages en eau profonde, exploitation de l'Arctique). À l'opposé, le coût des énergies propres et de l'efficacité énergétique diminue rapidement. Des politiques ambitieuses de lutte aux changements climatiques vont accélérer cette révolution énergétique. Le visage de l'énergie s'apprête à changer, comme celui de l'information à l'arrivée d'Internet. «

CLAUDE VILLENEUVE

Directeur de la Chaire en Éco-conseil, Université duQuébec à Chicoutimi

Une révolution technique

«La place de l'énergie sera tout aussi importante qu'aujourd'hui. Si une révolution technique permet de produire plus et mieux avec moins d'impacts, sa mise en oeuvre sera encore au stade pilote. Les combustibles fossiles occuperont donc encore une place prépondérante tant dans les secteurs du transport que de la production d'électricité. La place des sources d'énergie renouvelables sera tributaire de leur compétitivité avec les carburants fossiles. Cela est dû à l'inertie du système de production énergétique et à l'abondance des carburants fossiles. Le prix de la tonne de CO2 sera le facteur déterminant pour l'évolution du parc de production.»

JEAN-PIERRE SAURIOL

Président et chef de la direction, Dessau

Vers plus d'efficacité

«Face au rythme actuel en besoin d'énergie, nous devrons innover et revoir les modèles énergétiques afin d'établir un équilibre entre la croissance de la demande et les technologies pouvant accroître l'efficience énergétique. Cela nous permet d'entrevoir un avenir où la production d'énergie propre et renouvelable sera de mise et où l'on favorisera l'utilisation de systèmes énergétiques mixtes complémentaires (hydroélectricité, éolienne, solaire, etc.) ainsi que l'efficacité énergétique. L'électrification des systèmes de transports collectifs et individuels sera sans doute une innovation marquante du prochain quart de siècle.»

ANDRÉ CAILLÉ

Président de l'Association pétrolière et gazière du Québec

Des énergies complémentaires

D'ici 2035, les réserves de pétrole s'amenuiseront tandis que les réserves de gaz naturel augmenteront en raison des nouvelles technologies rendant leur développement possible. Le gaz naturel apparaîtra comme le combustible fossile de remplacement assurant la transition jusqu'à la mise au point de technologies propres et économiques pour le charbon. La renaissance de l'industrie nucléaire fait partie des moyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, les énergies renouvelables se développeront d'autant plus rapidement que leurs promoteurs comprendront la nécessaire complémentarité avec les sources d'énergies traditionnelles.

STEPHEN GUILBEAULT

Coordonnateur général adjoint d'Équiterre

Moins d'émissions de GES

«Selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, les pays industrialisés devront réduire de 25 à 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 et de 80% d'ici 2050 pour éviter les effets dévastateurs des changements climatiques. Le Québec et les autres états ou pays développés devront faire disparaître les combustibles fossiles de leur plan énergétique au cours des 50 prochaines années. Se libérer du pétrole et des autres combustibles fossiles nous permettra d'assurer notre sécurité énergétique et favorisera le développement durable de nos ressources. «

JACYNTHE CÔTÉ

Présidente et chef de la direction de Rio Tinto Alcan

Des solutions durables

«Plus de 2 milliards d'individus sur terre aspirent à une meilleure qualité de vie que l'urbanisation et l'industrialisation pourront leur apporter; l'accès à l'électricité en est une composante essentielle. L'humanité devra se dépasser sur le plan de l'ingéniosité pour mettre en place des solutions durables permettant de répondre à cette augmentation de la demande énergétique tout en réduisant les effets des combustibles fossiles sur la planète. Au Québec, nous jouissons d'une énergie propre et renouvelable, l'hydroélectricité, qui permet de produire de l'aluminium, un métal recyclable à l'infini, capable notamment de diminuer l'empreinte écologique des moyens de transport. Nous pensons apporter un élément de solution aux changements climatiques.»

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