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Les grands fonds débarquent chez nous

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Le fonds montréalais Teralys, duquel Éric Legault ... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Le fonds montréalais Teralys, duquel Éric Legault (notre photo) est associé principal, a investi 15 millions dans Iris Capital, à la condition qu'Iris concentre ses placements dans des sociétés québécoises.

Guy Paquin, collaboration spéciale
La Presse

Lors de la Conférence de Québec, de grands fonds d'investissement ont annoncé des placements dans des sociétés québécoises.

Thrasos Thérapeutiques, entreprise de biotechnologie québécoise spécialisée dans les traitements contre les maladies rénales, a dévoilé un investissement de 35 millions provenant en partie du Fonds de solidarité FTQ - un habitué du capital de risque québécois -, mais aussi de quatre importants fonds internationaux. Il s'agit de SR One, l'investisseur principal, et de ses alliés ATV (fonds américain) et Lumira Capital (fonds canado-américain), de MP Healthcare Venture Management, société de Boston, et de Pappas Venture, société de la Caroline-du-Nord.

Pour SR One, un fonds de 680 millions, c'est le premier investissement canadien - mais certainement pas le dernier. SR One est le bras financier de la société pharmaceutique internationale GlaxoSmithKline (GSK). Depuis novembre 2011, SR One a également une ramification canadienne, GSK Canada Life Science Innovation Fund.

«Nous disposons de 50 millions de dollars avec pour mission de l'investir dans les sciences de la vie au Canada, confirme Daniel Bock, directeur du développement des affaires chez GSK Canada. Notre placement dans Thrasos est typique de ce que nous avons l'intention de faire.»

Un médicament mis au point par Thrasos est en effet au stade des études avancées chez l'humain, et c'est à ce stade que le fonds canadien GSK souhaite investir. «Mais nous irons à des stades encore plus préliminaires si la découverte nous semble intéressante.»

Technos

Du côté des technologies de l'information, Teralys a investi 15 millions dans Iris Capital, à la condition qu'Iris concentre ses placements dans des sociétés québécoises. Iris dispose au total de 225 millions.

«L'investisseur va s'assurer une présence montréalaise réelle, confirme Éric Legault, associé principal de Teralys. Iris a ouvert un bureau montréalais et en a confié la direction à Alexander Wiedmer, vétéran d'Iris et diplômé de McGill.»

Derrière Iris, il y a les milliards de l'entreprise de télécommunications internationale Orange et ceux de Publicis, une des plus importantes agences de publicité du monde.

Sciences de la vie

Au-delà de la Conférence de Québec, d'autres investissements sont survenus au cours des derniers mois dans le secteur des sciences de la vie. Le 28 mai dernier, la société pharmaceutique américaine Eli Lilly a annoncé sa participation financière dans un tout nouveau fonds de capital de risque de 150 millions, en compagnie du fonds montréalais Teralys, de Fondaction, de la Banque de développement du Canada (BDC) et d'Advantus Capital Management, fonds basé à Saint Paul, au Minnesota. La participation de Teralys s'élève à 65 millions.

Les 150 millions sont répartis en deux enveloppes. Une somme de 50 millions ira à des stades de démarrage, et les 100 millions restants à des stades plus avancés.

Éric Legault, associé principal chez Teralys, souligne l'engagement total d'Eli Lilly. «Ils ne se contentent pas de placer leurs sous et de laisser les autres gérer tout ça. Eli va installer à Montréal un bureau de sa filiale Chorus, qui a pour tâche de dénicher les impartiteurs avec lesquels Eli Lilly souhaite faire affaire.»

L'arrivée du fonds entraînera donc des retombées pour les sous-traitants biopharmaceutiques montréalais et québécois.

Merck

Pour faire bonne mesure, Merck s'est quant à elle associée, en mars dernier, avec Lumira pour créer un fonds de quelque 50 millions. Merck a investi 35 millions, et le but est très clair. «Ce fonds vise spécifiquement les biotechs québécoises à des stades très précoces», souligne Daniel Hétu, associé montréalais chez Lumira.

«La très longue et très pénible traversée du désert financier semble bel et bien terminée pour nos biotechs», affirme Éric Legault.

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