Comptables: la nouvelle formation change la donne

Désormais, les étudiants peuvent faire leur stage en entreprise pour décrocher... (Illustration Daniel Riopel La Presse)

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Comptables

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Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

Désormais, les étudiants peuvent faire leur stage en entreprise pour décrocher leur titre de CPA, ce qui inquiète les cabinets, qui craignent d'avoir du mal à attirer des recrues.

Daniel McMahon est président et chef de la... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE) - image 2.0

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Daniel McMahon est président et chef de la direction de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

La fusion des trois ordres comptables a entraîné la création d'un seul programme de formation professionnel menant au titre de comptable professionnel agréé (CPA).

Les premiers diplômés arriveront sur le marché du travail à l'automne 2015. Bien que la nouvelle formation comptable constitue le nec plus ultra en la matière, elle cause quelques maux de tête aux cabinets.

«Auparavant, les étudiants qui se destinaient à l'ancien titre de comptable agréé devaient obligatoirement faire leur stage en cabinet pour une période de 24 mois, rappelle Manon Durivage, associée chez BDO Canada. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas: les étudiants peuvent faire leur stage en entreprise pour obtenir le titre de CPA. Le passage en cabinet n'est exigé que pour les étudiants qui choisissent de s'orienter en comptabilité publique.»

Résultat: les cabinets comptables et les grandes entreprises se feront concurrence pour attirer les meilleurs stagiaires.

La rivalité se ferait déjà sentir sur les campus. «On y voit de plus en plus de grandes entreprises qui tentent de recruter des étudiants alors que par le passé, on ne croisait que les cabinets comptables», observe Manon Durivage, qui siège au conseil d'administration de CPA Canada.

«Avoir des stagiaires est primordial pour nous, poursuit-elle, car ils représentent la croissance future de la firme. C'est notre principale source de recrutement. Qui plus est, nous devons les engager en grand nombre pour parer au départ d'une partie d'entre eux - un phénomène qui se produit trois à cinq ans après leur embauche et qui n'épargne aucun cabinet.»

Daniel McMahon, président et chef de la direction de l'Ordre des CPA du Québec, convient que la situation met une certaine pression sur les grands de la comptabilité. «Oui, les cabinets sont craintifs», remarque-t-il.

Cela dit, M. McMahon n'est pas inquiet. «Les statistiques d'embauche montrent que les cabinets comblent tous leurs postes sans difficulté», affirme-t-il.

«À mon avis, ils sont encore largement en avance sur les entreprises. Leur processus de recrutement est rodé depuis des dizaines d'années et leur capacité d'attraction demeure plus grande. Les cabinets sont encore bien placés pour tirer leur épingle du jeu.»

Manon Durivage, associée chez BDO Canada et membre... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE) - image 3.0

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Manon Durivage, associée chez BDO Canada et membre du conseil d'administration de CPA Canada, s'inquiète de la concurrence entre les cabinets comptables et les entreprises pour recruter les meilleurs stagiaires.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

L'ère des guichets uniques

Ailleurs dans l'univers de la comptabilité, le mouvement des fusions et des acquisitions amorcé il y a quelques années se poursuit toujours. «Tant au Québec que dans le reste du Canada, les petites firmes cherchent à joindre les grands cabinets, là où elles peuvent bénéficier d'expertises plus pointues pour mieux répondre aux besoins de leurs clients qui évoluent dans un monde des affaires toujours plus exigeant», indique Manon Durivage.

Juricomptabilité, évaluation d'entreprises, gestion de risques, optimisation de processus: la gamme de services ne cesse en effet de s'élargir. «Nos clients aiment rencontrer un spécialiste qui maîtrise très bien le sujet qui les préoccupe», confirme Mario Bédard, président de Mallette, firme présente dans plusieurs régions du Québec.

«Nous avons un pied-à-terre dans tout plein de villages, dit-il. En rejoignant notre réseau, les petits bureaux de comptables qui s'y trouvent conservent leur indépendance dans leur travail quotidien tout en sachant qu'ils ont accès à des experts au bureau de Québec.»

Les clients veulent désormais un guichet unique de services, résume Manon Durivage. Et cela n'implique pas que les CPA. Les avocats se mettent de la partie. «Sur la scène internationale, on observe des fusions entre des grands cabinets comptables et des firmes juridiques», signale Mme Durivage.

Elle donne en exemple Landwell&Associés, qui est devenu PwC Société d'Avocats en mars dernier, un cabinet qui cherche à conseiller ses clients tant sur le plan juridique que fiscal. Il y a aussi le cabinet d'avocats Taj, membre de Deloitte Touche Tohmatsu Limited. «C'est une occasion de croissance, de développement et d'économie de coûts», estime Manon Durivage.

«Et, disons-le, les entreprises clientes ont besoin autant des services comptables que juridiques.»

Le Québec n'en est pas encore là. Pour paver la voie à de tels cabinets, il faudrait entre autres revoir le Code des professions. «Notre système professionnel n'a pas été conçu de cette façon, explique Daniel McMahon.

«Néanmoins, ce n'est qu'une question de temps avant qu'on ne le repense. Le monde professionnel s'arrime à la réalité du marché.» Et puis, ajoute-t-il, la multidisciplinarité existe déjà au sein des cabinets comptables, qui emploient des avocats, des ingénieurs, des traducteurs agréés, etc.

Les fusions entre firmes comptables et juridiques apparaissent ainsi inéluctables. «C'est une réalité qui arrivera au Canada, mais dont le moment est difficile à prévoir», croit Manon Durivage.

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