Libre-échange: les fromagers québécois contre-attaquent

Les fromagers du Québec font preuve d'un optimisme... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Les fromagers du Québec font preuve d'un optimisme prudent face à l'arrivée de nombreux produits européens en 2017.

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Agroalimentaire

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L'entrée en vigueur imminente de l'accord de libre-échange Canada-Union européenne préoccupe plusieurs acteurs du milieu agricole et le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, convient que « toute la filière agroalimentaire » québécoise devra se regrouper pour tirer avantage de l'ouverture des marchés. »

Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Agir, c'est la décision qu'ont prise plusieurs fromagers québécois devant l'arrivée cette année de 17 500 tonnes de fromages européens après la signature de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne. Trois entrepreneurs présentent leurs stratégies pour contrer cette concurrence appréhendée.

Les propriétaires de la fromagerie du Domaine Féodal, Guy... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 1.0

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Les propriétaires de la fromagerie du Domaine Féodal, Guy Dessureault et Lise Mercier, misent sur de nouveaux emballages plus dynamiques et plus efficaces, mais également sur de petits formats de fromages.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Pour introduire sa nouvelle gamme de produits, la... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 1.1

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Pour introduire sa nouvelle gamme de produits, la laiterie Chalifoux a investi 20 millions. Elle s'est associé avec Alsace lait, une coopérative de producteurs laitiers située en France, qui agit à titre d'investisseurs.

Photo Martin Chamberland, La Presse

PETITS FORMATS ET EMBALLAGES PERFORMANTS

En trois ans, Guy Dessureault et Lise Mercier, propriétaires de la fromagerie Domaine Féodal, ont investi près de 2 millions pour demeurer concurrentiels. « L'Accord européen est l'un des moteurs de notre décision, mais il n'est pas le seul. Nos produits n'évoluaient pas et nos emballages étaient désuets. Il fallait aller de l'avant et oser pour être meilleurs », dit Guy Dessureault.

Pendant un an, ils ont travaillé avec l'Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire à Montréal (ITEGA). L'objectif : trouver un emballage permettant de diminuer les pertes grâce à une meilleure conservation et avec un impact visuel distinctif. « L'emballage de plastique micro-perforé s'est avéré le plus efficace. Il ne s'écrase pas, la barquette est réutilisable et recyclable et le fromage a une durée de conservation de 90 jours », soutient Mme Mercier.

Autre stratégie, mettre sur le marché de petits formats. « Les épiceries y trouvent un avantage parce qu'elles n'ont pas à payer quelqu'un pour faire la coupe. Aussi, cela évite les manipulations et les pertes », disent les deux fromagers.

Les deux entrepreneurs ont aussi investi dans de nouveaux équipements pour améliorer la productivité de l'entreprise.

CRÉER DE NOUVELLES TENDANCES

Fondée en 1920, Laiterie Chalifoux a toujours produit des fromages et du lait. Il y a deux ans, son président Alain Chalifoux a décidé qu'il ne se laisserait pas avaler par la concurrence. Il a embauché Martin Valiquette, qui est devenu directeur général, et ils ont amorcé un grand changement. Ils sont devenus créateurs de tendances laitières.

Au menu : lait de spécialité et yogourts en pot de verre. En tout, une vingtaine de produits portant la marque Riveria ont fait leur entrée dans les chaînes d'épicerie au cours de la dernière année. « Le fromage représente encore 60 % de notre chiffre d'affaires, mais c'est difficile d'innover avec ce produit. Ce qui n'est pas le cas avec les autres produits laitiers, qui bougent à un rythme accéléré », constate le directeur général.

La marque aussi a subi une cure de rajeunissement avec un nouveau logo et une nouvelle signature. Tout a été pensé dans le but que les consommateurs fassent des liens. « Les consommateurs achètent les yogourts et me disent qu'ils aiment aussi beaucoup nos fromages. On voit les associations. L'objectif est donc de continuer d'innover. C'est pourquoi nous avons mis en place une équipe uniquement pour cela », raconte M. Valiquette.

PRIORITÉ À LA VENTE LOCALE

Copropriétaire de la Fromagerie des Grondines, Louis Arsenault est catégorique, il ne peut pas se battre à armes égales avec les fromagers d'Europe. « Le prix du lait y est moins cher et les subventions données par leurs gouvernements les avantagent », explique Louis Arseneault.

Devant ce constat, l'entrepreneur et ses deux associés Guylaine Rivard et Charles Trottier, ont décidé d'attirer les visiteurs chez eux en développant l'agrotourisme. Ils ont agrandi de cinq fois la superficie de leur boutique en permettant aux gens de voir à travers des vitres la salle d'affinage et de transformation. Ils ont augmenté leur offre de fromages et vendent aussi des produits du terroir. « C'est quasiment une mini-épicerie. On se met en valeur, mais aussi les artisans de chez nous », raconte l'homme d'affaires.

Leur stratégie semble faire ses preuves. Près de 35 000 visiteurs se sont déplacés à la fromagerie l'an dernier, une augmentation de 30 % par rapport aux années précédentes. « Le fait que nous produisons des fromages biologiques, les affiches aux abords de la route et le bouche-à-oreille ont donné de bons résultats. À long terme, notre objectif est de doubler notre production », souligne M. Arseneault.




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