Des idées de génie

Dessin d'une fusée Ariane 6.... (Illustration fournie par l'Agence spatiale européenne)

Agrandir

Dessin d'une fusée Ariane 6.

Illustration fournie par l'Agence spatiale européenne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Aérospatiale

Aérospatiale

Les grands donneurs d'ouvrage, comme Bombardier, Boeing ou Airbus, ne s'adressent plus directement aux petites PME pour participer à leurs programmes. Celles-ci doivent convaincre les fournisseurs de premier niveau des avionneurs, afin d'entrer dans leur chaîne d'approvisionnement. Or, la concurrence est rude, partout sur la planète. »

Martin Primeau

Collaboration spéciale

La Presse

Que ce soit en vue de faire voler des avions ou des fusées, les universités du Québec travaillent de pair avec l'industrie pour trouver des solutions aux problèmes qui se présentent à eux. Aperçu de ce qui se trame dans les facultés de génie de la province.

UNE PEINTURE CONTRE LA FOUDRE

Chaque année, tous les avions sont frappés une ou deux fois par la foudre. Pour éviter que cela n'abime l'aéronef, chacune de ses pièces fabriquées en matériau composite doit être recouverte d'un revêtement métallique. Actuellement, un grillage de cuivre fait ce travail, mais l'industrie cherche une solution moins lourde. Voilà la problématique à laquelle s'est attaqué Daniel Thérriault, professeur de génie mécanique à Polytechnique Montréal. Avec son équipe, il a mis au point un revêtement formé d'un alliage de particules d'argent et de nanotubes de carbone. « Ça nous permet de concevoir un grillage à très petite échelle qui pourrait venir complémenter l'utilisation du grillage de cuivre éventuellement. » Bombardier, Bell Helicopter et 3M Canada sont des partenaires industriels du projet.

LA FABRICATION ADDITIVE À LA RESCOUSSE

La fabrication additive, qui repose sur l'utilisation d'imprimantes 3D, est un procédé déjà utilisé en aéronautique pour concevoir des pièces métalliques dont l'importance est secondaire. Fiona Zhao, professeure de génie mécanique à l'Université McGill, cherche de nouvelles façons de concevoir ces pièces en améliorant leur design. « On veut qu'elles soient légères pour réduire les coûts de fabrication », explique-t-elle. Pour y arriver, la chercheuse essaie entre autres de jumeler, dès l'étape de la fabrication, des pièces qui nécessitent normalement un assemblage. Son équipe explore aussi la possibilité d'utiliser cette technique pour réparer les pièces d'avion endommagées.

AUGMENTER LES POSSIBILITÉS DE L'IMPRESSION 3D

Actuellement, des imprimantes 3D au laser travaillent avec une vingtaine d'alliages métalliques. Or, il en existe des milliers pour lesquels ce n'est pas encore possible. Voilà le problème auquel s'attaque Mathieu Brochu, professeur de génie des matériaux et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en fabrication pulsée de matériaux nanostructurés à l'Université McGill. « On s'intéresse avant tout au procédé de fabrication lui-même », explique-t-il. Pour ce faire, le chercheur conçoit de nouveaux protocoles qu'il applique à une imprimante 3D que son équipe a elle-même conçue. Un travail auquel collabore aussi l'entreprise britannique Renishaw.

ACCÉLÉRER LE DESIGN DES MOTEURS D'AVIONChaque moteur d'avion est d'abord conçu et testé virtuellement par une série de logiciels. Un travail qui pouvait prendre jusqu'à une semaine il y a à peine quatre ans, mais qui occupe aujourd'hui un ingénieur une journée seulement. Derrière cette accélération du processus de préconception se cache Hany Moustapha, directeur d'AEROETS et titulaire de la chaire de recherche industrielle Crsng-P&WC sur l'intégration et l'optimisation du système de propulsion à l'École de technologie supérieure. En collaboration avec Pratt & Whitney Canada, son équipe a permis au constructeur de moteurs d'accélérer la cadence de conception. « Avec Pratt, on a accès à une énorme base de données qui nous permet de faire des corrélations et d'améliorer les logiciels utilisés », explique le chercheur.

DES PIÈCES POUR LES FUSÉESSylvain Cloutier collabore avec l'entreprise française Rescoll pour créer une nouvelle façon de protéger les pièces d'aluminium qui entreront dans la construction de la fusée Ariane 6. Pour empêcher qu'elles s'oxydent, on traite les pièces d'aluminium avec du chrome hexavalent, appelé aussi chrome 6. Or, ce produit est à la fois toxique pour l'homme et néfaste pour l'environnement. Sylvain Cloutier, doyen de la recherche et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les matériaux et composants optoélectroniques hybrides de l'École de technologie supérieure, a trouvé une solution de rechange à base de nanomatériaux. « On travaille à la fois sur les propriétés physiques et sur le procédé d'application de ce matériau, explique le chercheur. Ce qu'on voudrait, c'est pouvoir l'appliquer par vaporisation plutôt que par trempage. »

DES SATELLITES PLUS PERFORMANTSAméliorer la capacité de transmission de l'information des satellites de télécommunications à large spectre. C'est l'une des missions que s'est données Jean-Jacques Laurin, professeur de génie électrique à Polytechnique Montréal. Son équipe et lui ont conçu un réflecteur à double surface qui, couplé à un réflecteur parabolique, permet de transmettre des ondes dites à « polarisation circulaire ». « L'idée, c'est de pouvoir envoyer et recevoir des ondes par le même réflecteur », précise le chercheur. L'innovation a déjà été testée sur une antenne satellitaire dans les laboratoires de son partenaire, le fabricant MDA.

DES CAPTEURS DE HAUTE TEMPÉRATURE

Concevoir des innovations pour en créer d'autres. Voilà une partie du travail dont s'acquitte Yvon Savaria, professeur au département de génie électrique à Polytechnique Montréal. En collaboration avec la division « défense et espace » d'Airbus, il conçoit des capteurs qui détectent les variations de pression et de température à l'intérieur d'une chambre de combustion, là où il peut faire plus de 500 degrés Celsius. Ces travaux s'inscrivent eux aussi dans la mise au point de la prochaine fusée Ariane 6. « On veut voir ce qui se passe à l'intérieur de la chambre de combustion, mais sans faire de trou évidemment, explique-t-il. Ça va permettre d'optimiser le design en matière de consommation du carburant, mais ça pourrait aussi devenir un système de sécurité. »

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer