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Faire de Montréal un pôle du recyclage des avions
Photo fournie par Bombardier Aéronautique
Les sociétés comme Bombardier (TSX:BBD.B) et Pratt & Whitney (NYSE:UTX) développent de nouveaux produits, une étape nécessaire pour assurer leur compétitivité.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse
Encore aujourd'hui, la plupart des avions en fin de vie sont entreposés dans des cimetières ou démantelés en partie avant d'être envoyés à la casse. Mais pour des considérations à la fois écologiques et économiques, les avionneurs cherchent des moyens de faciliter le recyclage de leurs produits et les transporteurs veulent en avoir pour leur argent quand vient le temps de se départir de leurs appareils.
Deux projets liés au recyclage des avions commencent déjà à prendre forme aux aéroports de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, et de Mirabel, dans les Basses-Laurentides. D'une part, Aéro Montréal, par le biais de son Comité Innovation, travaille de concert avec l'entreprise Avianor et l'aluminerie Alouette. D'autre part, Bombardier, le Centre technologique en aérospatiale (CTA) et l'École Polytechnique ont annoncé la semaine dernière la création d'un programme de recherche à l'aéroport de Saint-Hubert.
«Nous ne voulons pas être une «cour à scrap». Nous voulons développer une expertise qui nous permettra de déconstruire des aéronefs en entier et ajouter de la valeur aux pièces afin de les revendre partout dans le monde. Les transporteurs auront alors le choix entre une pièce de «jobeux» et une pièce qui coûtera un peu plus cher, mais qui sera certifiée», explique Sylvain Savard, président et fondateur d'Avianor.
La PME de 260 employés est un intégrateur vertical spécialisé dans la remise à neuf de gros transporteurs. Elle achète et vend déjà des pièces d'aéronefs aux quatre coins de la planète. Devenir le maître d'oeuvre d'un programme du recyclage d'aéronefs est donc dans l'ordre des choses pour Avianor.
L'étude de faisabilité de ce qui porte provisoirement le nom de Filière industrielle pour la gestion écologique des avions en fin de vie est en cours dans la région de Mirabel. Aéro Montréal et Avianor souhaitent démarrer le projet dès le printemps 2012. L'objectif est de mettre en valeur de façon intégrale plus de 90% du poids d'un aéronef.
Selon Sylvain Savard, deux Airbus stationnés à Mirabel sont prêts à passer sous le bistouri. Un vieux Boeing devrait se joindre au groupe d'ici début décembre. M. Savard dit avoir rencontré les gens d'Airbus, en France, où le géant européen pilote actuellement le projet Tarmac. Celui-ci vise à définir les procédures de déconstruction des pièces, de même que la valorisation des matériaux des avions en fin de vie. Tout ça, dans le respect de l'environnement. Boeing et une dizaine d'autres avionneurs ont mis de l'avant un programme semblable, l'AFRA.
Le président d'Avianor souhaite voir Mirabel être reconnu, notamment par Airbus, comme étant un pôle d'excellence qui respecterait entre autres les principes de Tarmac. Pas seulement son entreprise, mais aussi toutes les PME qui devraient finalement former une grappe industrielle spécialisée dans le recyclage des avions.
Conscients de la valeur des avions en fin de vie et de l'importance de réduire leur empreinte environnementale, les avionneurs en sont maintenant à se demander comment construire des aéronefs qui seront plus faciles àdéconstruire. Bombardier, le seul avionneur de propriété canadienne, travaille aussi en ce sens.
Dans la foulée du projet de recherche à Saint-Hubert, Bombardier a fait don au CTA d'un vieux biréacteur CRJ200. Pareille expérience avait déjà été réalisée aux États-Unis, où une dizaine de CRJ100 et 200 ont été démantelés. Près de 75% des aéronefs avaient pu être recyclés. Bombardier veut maintenant aller plus loin, mais en travaillant en amont.
«Ça fait quatre ou cinq ans qu'on pense au cycle de vie total d'un avion. On a mis en place un groupe d'ingénierie en ce sens. On commence à faire des choix dans l'optique d'un désassemblage plus facile. Nous voulons que tous nos avions soient recyclables dans une proportion de 95%. Il n'y aura pas de révolution à court terme, mais bien une évolution dans nos façons de faire», explique Fassi Kafyeke, directeur technologies stratégiques chez Bombardier Aéronautique.
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