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La pelle à... euh... à excréments canins

Monica Sposato, cofondatrice et directrice des opérations chez... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Monica Sposato, cofondatrice et directrice des opérations chez Earth Rated

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Marc Tison
La Presse

L'INNOVATION: Comment ramasser les... les cadeaux de pitou sans se pencher et sans abîmer la pelouse ? Avec une pelle à détritus. Une pince à déjections animales. Un ramasse-crotte, quoi.

Pelle à détritus Earth Rated... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 1.0

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Pelle à détritus Earth Rated

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le produit existait déjà, mais l'entreprise montréalaise Earth Rated voulait offrir au consommateur un outil plus efficace, plus durable... et plus élégant. Ce n'est pas parce qu'un outil ramasse de la crotte de chien qu'il doit avoir la gueule de l'emploi.

La conception a été confiée à la firme Alto Design.

QUI ?

Earth Rated a été fondée en 2010 à Montréal, par des passionnés qui voulaient offrir des sacs pour excréments canins esthétiques et abordables (les sacs).

D'abord proposés directement aux consommateurs sur l'internet, les sacs au graphisme sympathique ont rapidement intéressé plusieurs détaillants, qui ont demandé de les distribuer. Les sacs et les capsules distributrices Earth Rated sont maintenant vendus dans 10 000 magasins en Amérique du Nord.

L'entreprise a en Chine sa propre usine de fabrication, avec ses propres employés.

« QUELQUE CHOSE DE DIFFÉRENT »

« Les gens nous demandaient si on allait sortir autre chose, et c'est là que l'idée de la pelle a surgi. Le produit existait déjà sur le marché, mais il s'agissait de faire quelque chose de différent, de le rendre plus beau, de s'assurer qu'il soit léger et fonctionnel. » - Monica Sposato, cofondatrice et directrice des opérations, Earth Rated

« Earth Rated est une entreprise qui a un bon souci du design, du produit de qualité, même dans ce domaine, comment dire... un peu ingrat. » - Benoît Orban, chargé de projet, Alto Design

LE PRODUIT

Le principe de la pince à fèces est le suivant. Quand on serre la tirette de la poignée, la pince s'ouvre. Il suffit de relâcher la tirette pour que la mâchoire, sous l'effet de ressorts, se referme fermement sur... sur sa proie.

La poignée

Moulée en deux pièces, la poignée montre une surface lisse, douce au toucher, facile à nettoyer. Pas de nervures « et de détails de moulage désagréables dans la main, c'est une poignée complètement fermée », précise le designer industriel Benoît Orban, chargé de projet chez Alto Design.

Le loquet

Un loquet permet de bloquer la mâchoire en position ouverte, sans qu'il soit nécessaire de maintenir la pression sur la tirette. L'utilisateur peut donc sans effort parcourir sa cour à la recherche d'« échantillons », pour reprendre la délicate expression du designer. Ce dispositif facilite également le nettoyage de la pince au tuyau d'arrosage.

Le manche

Le manche est constitué d'un solide tube de section ovale, extrudé en aluminium.

La pince

Pour mettre au point une dentition sélective, qui gobe les... les productions canines sans arracher l'herbe, les designers ont testé sur le terrain de nombreuses propositions. Pour simuler le c... l'objectif, « on prenait de la pâte à modeler », informe Benoit Orban.

La fabrication

L'outil coprophage est entièrement fabriqué au Québec en sous-traitance.

Pour réduire les coûts, l'assemblage est fait sans vis. La poignée et la fourche de pince sont retenues dans le manche par des griffes. « Pas de quincaillerie qui rouille », commente le designer.

L'AVENIR

Earth Rated espère qu'une bonne partie des 10 000 magasins qui offrent ses sacs en Amérique du Nord se montreront intéressés par sa pelle. « Les magasins qui vendent déjà des outils semblables nous disent : "C'est sûr qu'on liquide ce qu'on a en stock et qu'on entre celui-ci" », rapporte Monica Sposato.

Le prix de détail suggéré est fixé à 34,99 $, un peu plus cher que la moyenne des concurrents.

L'entreprise a signé en septembre une entente pour la distribution de ses sacs dans l'ensemble de la Grande-Bretagne. Elle cherche un distributeur pour le continent. La pelle à détritus pourrait suivre le même trajet. « Il faut s'assurer que les gens vont en acheter suffisamment pour que le coût du transport d'ici à l'Europe n'augmente pas trop le prix de détail », précise la directrice.




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