Feldan: plus que de l'or en barre

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Si tout fonctionne comme prévu, selon François-Thomas Michaud, président et cofondateur de Feldan, il serait possible d'envisager, d'ici «cinq ou dix ans», la possibilité de greffes d'organes sans donneur. On pourrait simplement prélever des cellules sur un patient, les convertir en cellules souches et générer de nouvelles cellules qui pourraient être greffées.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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Dire que les produits vendus par Feldan sont précieux serait un euphémisme. Tandis que 1 mg d'or coûte environ 5 cents, la même quantité du produit de Feldan vaut de 4000 à 5000$.

Ce mystérieux et très coûteux produit, ce sont des protéines recombinatrices qui servent à la culture de cellules souches.

Les cellules souches attirent beaucoup d'attention en médecine pour leur capacité à se transformer en cellules de tous les genres possibles dans le corps humain: peau, muscles, nerfs, rétine, etc. Les protéines conçues à Québec par Feldan sont des ingrédients qui, combinés à des cellules souches, permettent de favoriser leur croissance et de déterminer vers quel type de cellule s'effectuera leur différenciation.

«Pour croître et se différencier, les cellules souches ont besoin de penser qu'elles sont encore dans le corps humain», explique François-Thomas Michaud, président et cofondateur de Feldan.

C'est l'illusion que créent les protéines de l'entreprise. Selon la recette choisie, elles vont aussi inciter les cellules souches à devenir, par exemple, une cellule nerveuse.

«Chaque recette génère une différenciation particulière.»

Greffe sans donneur

Feldan a été fondée en 2007 par M. Michaud et son collègue François Drouin. Ils étaient alors étudiants au doctorat en génie chimique à l'Université Laval.

«Nos deux expertises étaient complémentaires et nous avions tous les deux un petit côté entrepreneurial», se souvient M. Michaud.

Le commerce des protéines recombinatrices, dans lequel la concurrence mondiale prend la forme de deux entreprises allemandes et d'une autre américaine, a permis à l'entreprise de croître depuis. Mais elle caresse maintenant un rêve encore plus ambitieux, inspiré des travaux d'un chercheur japonais, Shinya Yamanaka, récipiendaire du prix Nobel de médecine en 2012.

Celui-ci a découvert qu'il était possible de reconvertir des cellules matures en cellules souches en y réinjectant certaines protéines. Sa technique nécessite toutefois l'utilisation de virus, ce qui pose des problèmes de coûts, de risques et de réglementation.

Nouvelle méthode

Mais les chercheurs ont découvert une nouvelle méthode qui permettrait d'arriver au même résultat.

Si tout fonctionne comme prévu, selon M. Michaud, il serait possible d'envisager, d'ici «cinq ou dix ans», la possibilité de greffes d'organes sans donneur. On pourrait simplement prélever des cellules sur un patient, les convertir en cellules souches et générer de nouvelles cellules qui pourraient être greffées, par exemple, à un foie déficient.

«Comme elles proviendraient du patient, il n'y a plus de problèmes de rejet», fait valoir M. Michaud.

Cette technique est actuellement en phase d'essai et pourrait commencer à générer des revenus pour Feldan au cours de la prochaine année. L'entreprise vient d'ailleurs tout juste de clore une troisième ronde de financement, d'une valeur de 1,2 million de dollars, avec des membres d'Anges Québec, le fonds Anges Québec Capital et le FIER Succès.

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FELDAN

Qui: François-Thomas Michaud, François Drouin et 16 employés.

L'idée: des protéines recombinatrices pour la thérapie cellulaire (cellules souches).

L'ambition: devenir le chef de file mondial en produits auxiliaires pour la thérapie cellulaire.

Ils y croient et y ont investi de l'argent: les cofondateurs, Anges Québec Capital, FIER Succès et une vingtaine d'anges.

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