Ergoresearch consolide le secteur de l'orthèse

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D'après Sylvain Boucher, président et chef de la direction d'Ergoresearch, les avantages comparatifs d'Ergoresearch se situent dans l'automatisation de la production d'orthèses plantaires sur mesure.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

L'expression «bon pied, bon oeil» convient à merveille à Sylvain Boucher, président et chef de la direction d'Ergoresearch, de Laval.

Non seulement l'entrepreneur de 42 ans est en bonne santé, mais cet optométriste de formation qui a été le numéro 3 chez Iris, Le Groupe Visuel, s'est donné comme mission de devenir un consolidateur de l'industrie des orthèses du pied et du genou, un secteur fragmenté et artisanal.

«Quand j'ai vendu mes parts dans Iris, j'étais multimillionnaire à 34 ans, dit M. Boucher qui est ainsi passé en 2005 de l'optométrie à l'orthopédie, ou des yeux aux pieds. Je suis un passionné d'entrepreneuriat. Je me réveille le matin, j'ai le goût d'en faire», dit-il pour expliquer son changement de carrière.

Méconnue, Ergoresearch, dont l'action se vend sous le symbole ERG à la Bourse TSX Croissance, est propriétaire des cliniques du pied Équilibre et Orthoconcept. Elle est le leader des orthèses plantaires au Québec.

Les orthèses plantaires servent à corriger des problèmes de pied comme les défauts d'alignement de la cheville et du pied avec le tibia.

Ergoresearch a accentué son avance en faisant l'acquisition en janvier dernier du numéro 2 des orthèses au Québec, Laboratoires Langelier, de Beloeil. Ceux-ci comptent 6 laboratoires, 40 centres de service et des revenus annuels de 6,5 millions. Ergoresearch a payé 4,6 millions, dont 3,2 millions à même son fonds de roulement. Un financement bancaire devrait suivre dans les prochaines semaines.

Il s'agit de la dernière d'une série d'acquisitions qui a propulsé la PME lavalloise dans le top 50 des entreprises performantes du TSX Croissance. Le classement a été établi en fonction de l'augmentation de la capitalisation boursière, la hausse du prix de l'action, le volume de négociation et la couverture par les analystes. «L'entreprise est rentable depuis 2006», dit M. Boucher, non sans fierté.

L'avenir s'annonce tout aussi occupé. Le domaine des orthèses est appelé à exploser avec le vieillissement de la population. Les problèmes d'articulation de l'appareil locomoteur (pied-cheville-genou-hanche) surviennent généralement après 60 ans, soit l'âge des premiers baby-boomers.

M. Boucher évalue le marché des orthèses plantaires à 1 milliard en Amérique du Nord, dont environ 100 millions au Canada et 25 millions au Québec.

«On a encore de l'appétit pour des entreprises au Québec, en Outaouais notamment. Rapidement, on veut aller à l'extérieur du Québec, dans le reste du Canada, en premier lieu, et sur la côte est américaine à moyen terme.»

Technologie de pointe

D'après M. Boucher, les avantages comparatifs d'Ergoresearch se situent dans l'automatisation de la production d'orthèses plantaires sur mesure. Le moule servant à fabriquer l'orthèse se fait de façon numérique par ordinateur, grâce à un tapis capteur podo-barométrique (Expert-fit) que la société a elle-même conçu. Des machines-outils à commande numérique, aidées par des logiciels de conception et de fabrication assistées par ordinateur découpent les orthèses dans huit matériaux différents.

Pour ce qui est des orthèses de spécialité, Ergoresearch commercialise depuis le 25 septembre en exclusivité canadienne l'orthèse OdrA (orthèse de distraction et rotation pour arthrose), qui se veut un traitement efficace contre la douleur causée par l'arthrose du genou.

Née d'un brevet japonais, l'orthèse a été conçue par la française Proteor, actionnaire historique d'Ergoresearch et toujours propriétaire de 26% de son capital-actions.

OrdA écarte les deux os de la jambe qui se frottent en l'absence de cartilages. Après deux mois, l'entreprise en avait vendu et fabriqué 100 exemplaires, à 2500$ l'unité, généralement remboursée par les assureurs privés.

Les coûts annuels associés à l'arthrose du genou sont estimés à 3 milliards seulement au Canada. Plus de 300 000 Québécois en souffrent.

Sylvain Boucher s'attend à doubler ses revenus dans l'année financière se terminant le 30 juin.

Quelques informations supplémetaires

Fondée en 1998

Employés: 160 

Chiffre d'affaires de 17 à 18 millions en 2013

Réseau de 16 boutiques et présence dans 100 cliniques

Actionnariat:

Sylvain et Danielle Boucher (49,6%)

Proteor (26%)

Public (24,4%)

ERGORESEARCH EN BREF

1998
Année de la fondation
160
Employés
17 à 18
MILLIONS
Chiffre d′affaires en 2013
16
Boutiques et présence dans 100 cliniques
49,6 %
Parts de Sylvain et Danielle Boucher dans
l′actionnariat (26 % pour Proteor et 24,4 % au public)
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