Solutions Extenway: quand la télé rejoint la santé

Jacky Chatelais, président d'ExtenwayMD, l'une des filiales de l'entreprise... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Jacky Chatelais, président d'ExtenwayMD, l'une des filiales de l'entreprise Solutions Extenway.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Les coffres garnis et les appels d'offres lancés, le fabricant de terminaux multimédias et interactifs pour le secteur de la santé Solutions Extenway a bon espoir d'implanter ses appareils dans au moins cinq établissements de santé du Canada en 2013.

«Nous avons répondu aux appels d'offres d'une dizaine d'établissements représentant 5500 lits au Québec et en Ontario. Nous serions satisfaits d'être retenus pour au moins cinq d'entre eux, dit Jacky Chatelais, 43 ans, président d'Extenway MD, lors d'une rencontre avec La Presse Affaires au bureau de la société situé sur le chemin Morgan, dans l'ouest de l'île de Montréal. M. Chatelais évalue le marché potentiel à 17 000 lits au Québec et à 55 000 lits au Canada.

S'ils se concrétisent, ces nouveaux revenus seront les bienvenus puisque le chiffre d'affaires d'Extenway est resté symbolique depuis son entrée à la Bourse du TSX Croissance en 2005. L'exercice clos le 30 avril s'est terminé avec des revenus de 181 000$ et des pertes de 2,8 millions.

L'hôpital juif de réadaptation de Laval et le Memorial Sloan-Ketterin Cancer Center de New York sont les deux premiers clients à avoir signé une entente de trois ans.

Depuis huit mois, des terminaux ont été installés au chevet des 280 lits de l'hôpital de Saint-Eustache. Le 26 novembre, la société a annoncé que ses terminaux seront installés au chevet des 414 lits des hôpitaux de Gatineau et Hull, au terme d'un appel d'offres.

Un appareil efficace

Le terminal permet au patient de se divertir en naviguant sur l'internet, en écoutant un film ou la télé, ou en écoutant la radio. En ce sens, le terminal cherche à remplacer la télévision traditionnelle offerte en location aux patients. Le produit et les logiciels ont été développés à Montréal par Extenway, mais l'appareil est fabriqué en Asie.

Autre avantage par rapport à la télé conventionnelle, la solution Extenway donne aussi l'occasion au personnel médical de communiquer avec le patient et d'être plus efficace dans son travail.

Par exemple, le malade appelle l'infirmière en appuyant une touche sur l'écran tactile et en tapant au clavier qu'il veut boire de l'eau. Le message est transféré à l'écran du poste de garde. L'infirmière n'a donc plus à se déplacer pour connaître l'objet de la demande. En un seul voyage à la chambre, elle répond à l'appel et apporte le verre d'eau demandé.

La technologie donne aussi la possibilité au médecin traitant d'avoir accès au dossier médical du patient au chevet de celui-ci.

L'installation des appareils est sans frais pour l'établissement de santé. Le patient paie sa location en ligne au moyen de sa carte de crédit à un prix moyen de 13 à 13,50$ par jour, une ristourne est versée à l'établissement. Le risque associé au financement de l'installation des terminaux dans les chambres d'hôpital est assumé en totalité par Extenway.

Le 3 décembre, Extenway qui est cotée à la Bourse TSX croissance depuis 2005 a conclu un financement crucial de 3 millions de dollars, suffisamment pour combler ses besoins en capitaux pour une période de 12 à 18 mois.

Le lendemain, la Caisse de dépôt a annoncé une injection de 1,5 million dans la PME, qui emploie 20 personnes dont 13 ingénieurs, portant son engagement à 3 millions de dollars dans la société à faible capitalisation. La Caisse contrôle environ 16% du capital-actions. Extenway compte aussi sur l'appui d'Innovatech-Desjardins (anciennement Société Innovatech de Québec et Chaudière-Appalaches) qui détient 20% de la société et est un partenaire de longue date.

Une feuille de route bien remplie

Extenway a d'ailleurs vu le jour dans la région de Québec. En 2005, John McAllister s'est joint à l'entreprise. À l'époque, Extenway destinait son terminal à l'industrie hôtelière, mais la crise économique de 2008 a chamboulé ses plans. La société s'est tournée de bord et a décidé d'adapter sa technologie aux besoins des établissements de santé. Aujourd'hui, M. McAllister détient environ 20% d'Extenway.

Cofondateur de C-Mac, John McAllister est aussi le fondateur de Primetech qui a été vendue à Celestica en 2001 pour 265 millions. Âgé de 75 ans, M. McAllister reste fort actif. Il a vendu en mars 2012 à la société texane Securus Technologies son entreprise, Primonics, qui fabrique des postes de téléphonie par vidéoconférence payants au marché des prisons américaines. Les termes financiers n'ont pas été dévoilés.

John McAllister possède encore PHD Medical, qui conçoit des postes de télémédecine à l'intention des populations isolées ou des patients en milieu carcéral.

Extenway pourrait bien devenir son prochain coup d'éclat.

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