Vini-Quatro: Une incursion dans la vente de détail

Daniel Richard, président du holding montréalais Vini-Quatro, vise une... (Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale)

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Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale

Daniel Richard, président du holding montréalais Vini-Quatro, vise une expansion dans les Maritimes.

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse

Daniel Richard pourrait bientôt ajouter un nouveau titre à son CV. Le président de la société de portefeuille Vini-Quatro est agent, importateur, distributeur et négociant en vins. Il couvre 90% du marché canadien. Cet ancien «grano» des années 70 souhaite maintenant devenir détaillant. Pas au Québec, mais dans les Maritimes où certains gouvernements provinciaux font déjà un peu de place au privé.

«On est prêt à jouer un rôle là-bas. En Nouvelle-Écosse, où il existe quatre magasins privés, l'un des propriétaires nous a dit vouloir éventuellement vendre sa licence. C'est quelque chose qui nous intéresse, qui nous permettrait de développer de l'expertise dans un autre domaine lié au vin», explique Daniel Richard, 60 ans.

Selon son estimation, le Manitoba compterait six wine shops privés. Et la Saskatchewan aurait des projets en ce sens, dit l'entrepreneur québécois. Partout au Canada, ce sont les monopoles d'État qui dominent. Il n'y a qu'en Alberta que la vente d'alcool se fait par le biais de magasins privés. Mais encore là, certains affirment que c'est du «faux privé», puisque le gouvernement albertain est omniprésent tout au long du processus.

D'ailleurs, Vini-Quatro ne cherche aucunement à devenir détaillant en Alberta puisqu'elle y joue déjà le rôle d'importateur et de distributeur. Selon la loi, on ne peut être à la fois détaillant et importateur.

Le président du holding montréalais ne souhaite pas la fin des monopoles d'État, même si le sujet revient souvent dans l'actualité. Au Québec, dit-il, le consommateur «sort gagnant» du modèle de la SAQ. Mais si d'autres provinces veulent faire une plus grande place au privé, l'homme d'affaires ne restera évidemment pas les bras croisés.

Des projets

D'ici à ce que Vini-Quatro se lance dans la vente au détail, Daniel Richard a d'autres projets dans sa besace, dont celui de devenir le plus grand groupe de vins de spécialité du Canada. L'an passé, la PME a connu une croissance de 47% au Québec et de 75% en Ontario. D'ici trois ans, rien qu'au Québec, la PME prévoit doubler ses ventes, lesquelles passeraient de 500 000 à un million de caisses.

Vini-Quatro compte cinq filiales au pays: deux au Québec (Univins et Francs Vins), une en Ontario (RKW), une dans les Maritimes (Tandem Atlantique), de même qu'une en Alberta (Tandem Wine Selection).

Afin de couvrir tous les marchés d'un océan à l'autre, l'entreprise de Daniel Richard doit accroître sa présence à Terre-Neuve, de même qu'au Manitoba et en Saskatchewan. Son entreprise compte ouvrir très prochainement un bureau en Colombie-Britannique, province actuellement desservie par le bureau albertain de Vini-Quatro.

L'entreprise montréalaise, fondée il y a 20 ans, compte 512 produits en tablettes dont les ventes totalisent 146 millions de dollars. La PME de 50 employés, qui préfère ne pas dévoiler son chiffre d'affaires, travaille en partenariat avec 225 producteurs de vins et de bières d'une cinquantaine de pays.

Daniel Richard, père de cinq enfants, est un ancien apiculteur et producteur agricole biologique.

Dans les années 70, en Gaspésie, il a été le premier Québécois, dit-il, à cultiver du blé bio. De retour à Montréal dans les années 80, il a travaillé dans le secteur des levées de fonds et des oeuvres «sociétales». Il a par la suite complété un MBA à l'UQAM, tout en fondant son entreprise d'importation de vin. «Tout le monde s'intéressait aux technologies alors que je faisais bande à part avec mes vins», dit-il.

Daniel Richard a vu juste, car l'industrie du vin connaît au Québec une croissance annuelle de 10% à 20% depuis 20 ans. Autre exemple du flair de l'entrepreneur: grâce à son association avec le producteur italien Umberto Cesari, Daniel Richard a vendu trois millions de bouteilles de Liano. À 27$, c'est le vin de plus de 20$ le plus vendu dans toute l'histoire de la SAQ. «Les vins de niche, ce n'est pas notre business. Ce que nous cherchons, ce sont les vins dont les gens vont raffoler», dit-il.

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VINI-QUATRO EN BREF

Activités: agent, importateur et distributeur de vins au Canada

Vente au détail des produits représentés: 146 millions en 2012.

Chiffre d'affaires du holding: non disponible

Croissance: 20 à 30% annuellement

Employés: 50

Objectif d'ici trois ans: doubler ses ventes au Québec à 1 million de caisses.

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